2002.02

Cinq mille ans de civilisation

 
Le monde vu par Matteo Ricci

Texte : Chen Ying



La Carte complète du monde dessinée par Matteo Ricci en 1608.

S.E Paolo Bruni, ambassadeur d’Italie en Chine faisant une allocution lors du séminaire « Rencontre et dialogue ».

    Au Moyen-Age, lorsqu’un Européen voulait se renseigner sur la Chine, il n’avait bien souvent à sa disposition que le Livre des merveilles du monde écrit par le grand voyageur Marco Polo à son retour d’un Orient étrange et attirant.
    Il y a quatre siècles, le missionnaire italien Matteo Ricci (1551 - 1610), connu en Chine sous le nom de Li Madou, arriva en Chine et ouvrit un nouveau chapitre dans l’histoire des échanges culturels entre l’Orient et l’Occident. Les lettres et le journal de Matteo Ricci permirent aux Européens de se faire une image précise de la Chine tandis que sa Carte complète du monde offrit aux Chinois une vision complète de la Terre.
    Récemment, l’Institut Ricci d’histoire culturelle sino-occidentale de l’Université de San Francisco en collaboration avec l’Académie chinoise des sciences sociales a organisé un séminaire, baptisé Rencontre et dialogue, à l’ambassade d’Italie en Chine, au cours duquel la Carte complète du monde de Matteo Ricci et la Carte du monde de Ferdinand Verbiest ont été exposées. Des conférences ont été présentées par des spécialistes du musée de Nanjing, qui abrite ces deux cartes.
    La Carte complète du monde montre pour la première fois dans l’histoire de la cartographie chinoise l’Antarctique, les océans Pacifique, Atlantique et Indien, l’Amérique du Nord et du Sud, l’Equateur, les tropiques, les cercles polaires et les pôles de même que la relation entre latitude et climat. La carte montre aussi des navires du XVIe siècle voguant sur les océans parmi une quinzaine d’espèces animales maritimes comme des baleines, des requins ou des éléphants de mer. Au pôle Sud on voit différents animaux comme un rhinocéros et un lion. Plusieurs décennies plus tard, le Belge Ferdinand Verbiest réalisa une Carte du Monde plus précise en s’appuyant sur les travaux de Matteo Ricci.

La tombe de Matteo Ricci dans le jardin du temple des Trois pagodes à Beijing.

Matteo Ricci en Chine (à gauche). Le missionnaire italien entretenait des relations extrêmement étroites avec le pouvoir de l’époque.