
La fête du Bouddha rayonnant.
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C’était
l’an dernier, durant la fête du printemps. Avec ma femme et
un autre photographe, nous nous sommes rendus au monastère
Blambrang, au nord-ouest du district de Xiahe (province du
Gansu) pour immortaliser la fête du Bouddha rayonnant qui
a lieu tous les ans durant le premier mois lunaire. Le monastère
est situé sur un plateau dont l’altitude est comprise entre
3 000 et 4 200 m. Il a été construit en 1710 sous les Qing
(1644 - 1911), durant la 49e année du règne de l’empereur
Kangxi et est aujourd’hui un des six principaux monastères
de la secte bouddhiste tibétaine Gelug-pa.
Pour nous y rendre, nous avons pris
le train de Beijing à Lanzhou, chef lieu de la province du
Gansu. Après 24 heures de voyage, nous avons changé pour un
bus longue distance à destination de Xiahe. Dès que nous sommes
arrivés sur place, la première chose que nous avons faite
a été de sortir nos appareils photos. Le spectacle pouvait
commencer…
Un air de fête remplissait l’atmosphère.
Partout des marchands ambulants vendant toutes sortes de produits,
des rues noires de monde, des moines occupés à préparer la
cérémonie et, autour du monastère de Blambrang, des habitants
de la région en vêtements de fête.
Le spectacle me fit oublier la fatigue
du voyage. Avec mon appareil photo, je mitraillais tout ce
qu’il y avait autour de moi. Soudain, à travers l’objectif,
j’ai aperçu le Club Internet de Blambrang ! Aucun doute là
dessus : avec le développement de la société et les progrès
de la technologie, la société de l’information touche désormais
toutes les régions de Chine !
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Le monastère Blambrang,
un des hauts lieux du bouddhisme tibétain.
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Jiamoyang
Jianco dans sa cellule, psalmodiant des sûtras.
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Le
soir, excitation du voyage ou altitude aidant, ma femme et moi
avons senti que notre rythme cardiaque était trop élevé. Nous
n’arrivions plus à respirer normalement et nous avons dû arrêter
là notre journée de travail. Le lendemain matin, l’énergie retrouvée
après une bonne nuit de sommeil réparateur, nous nous sommes
mis en route vers le monastère de Blambrang.
Avant de quitter Beijing, je m’étais
documenté sur ce monastère. Je savais donc qu’il avait plus
de 280 ans d’histoire, six salles des Ecritures et 84 halls
magnifiques. Certaines salles sont de style tibétain et d’autres
d’un mélange des styles tibétain et han. Les murs sont décorés
de fresques bouddhiques et les piliers peints ; les portraits
brodés sont des chefs d’œuvre de l’artisanat local. Le monastère
n’est pas seulement un lieu de culte bouddhique mais également
un musée d’art, attirant de nombreux touristes et fidèles de
Chine et d’ailleurs.
L’après-midi, alors que je photographiais
un groupe de moines, l’un d’eux s’est approché de moi, un sourire
resplendissant sur les lèvres. Il m’a appris qu’il s’appelait
Jiamoyang Jianco, qu’il avait 19 ans et qu’il faisait partie
de l’ethnie tibétaine.
Il m’a invité à visiter sa cellule dans
les dortoirs du monastère. Par respect pour les moines bouddhistes,
ma femme est rentrée à l’hôtel. C’est donc seulement accompagné
de Jiamoyang Jianco que j’ai pénétré dans son petit logement
propre et bien rangé. A l’entrée à gauche, il y avait un fourneau,
à droite, de la vaisselle. Dans la chambre,
on trouvait un kang, ce lit de brique chauffé, et sur le kang
une petite table basse carrée. Hôte
agréable, Jiamoyang Jianco m’invita à m’asseoir à côté de la
table et m’offrit un verre de thé avec un morceau de sucre candi.
Il m’a raconté qu’il était né dans un village du district de
Xunhua, dans la province du Gansu. Ses parents sont agriculteurs
et il a deux jeunes frères. En 2000, après avoir raté l’examen
d’entrée à l’université d’un petit point, il est venu au monastère
Blambrang étudier le bouddhisme. Ses cours quotidiens comprennent
le bouddhisme, le tibétain et l’anglais, les mathématiques,
l’histoire et la littérature chinoise. Il a également décidé
de vouer sa vie à sa religion et d’enseigner un jour le bouddhisme.
Son budget mensuel est de l’ordre de 200 à 300 yuans par mois,
couvrant ses frais de nourriture composée de pains frits et
de plats faits à base de céréales, de légumes et parfois de
bœuf. |

Un magasin d’articles religieux.
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Grande cérémonie
bouddhiste.
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Deux hommes âgés
discutant.
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« Ce que je
gagnerai en plus de ces 300 yuans, m’a-t-il raconté, je veux le
donner aux enfants souffrant de la pauvreté. C’est mon vœu le plus
cher. »
La fête du Bouddha rayonnant a lieu le 13e
jour du premier mois lunaire. Ce matin-là, nous nous levâmes très
tôt et découvrirent le monastère, encore plus beau que d’habitude,
recouvert d’une fine couche de neige.
Je me rendis avec ma femme là où allait
avoir lieu la cérémonie. De nombreuses tentes avaient déjà été plantées
là et les fumées des feux de camps s’élevaient dans le ciel. Petit
à petit, de plus en plus de pèlerins arrivaient. Bientôt, une longue
procession de moines avec en tête le grand maître du monastère Blambrang
annonça le début de la cérémonie sur le coteau de la montagne faisant
face au monastère. En tête de la procession, on portait une statue
du dieu de la terre. Derrière, les moines portaient sur leur épaule
un long rouleau de soie représentant le portrait de Sakyamuni, le
fondateur du bouddhisme, tout en chantant des prières. Puis les
moines déroulèrent le portrait mesurant quelque 100 m sur 40, sur
l’estrade du Bouddha rayonnant, révélant aux milliers de fidèles
le visage coloré de Sakayumi. Le moment le plus fort de la cérémonie
approchait, avec les moines chantant des psaumes bouddhiques tandis
que les fidèles priaient. Inconsciemment, je me suis joint à eux.
Au cours de ces quelques jours au monastère
Blambrang, j’ai pu découvrir de magnifiques statues, des peintures
colorées et des paysages à couper le souffle. Mais ce qui m'a le
plus impressionné, ce sont les habitants de la région. Si j’avais
pu, j’aurais aimé les photographier tous. Tibétains, fidèles bouddhistes,
il me semble que toutes leurs aspirations pour demain, en ce début
de XXIe siècle, étaient inscrites sur leur visage. En
les regardant, je ne pouvais qu’espérer que la vie au monastère
Blambrang connaisse des lendemains encore plus prospères et plus
heureux.
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