2002.03

Gastronomie

Le restaurant Makyame : un goût de Tibet dans les rues de Beijing



Plats tibétains.
    Il était une fois, il y a trois siècles environ, un restaurant à l’angle sud-est de la rue Barkor à Lhasa. Par une nuit de pleine lune, un mystérieux visiteur se rendit dans ce restaurant où il rencontra une jeune fille aussi belle que la lune. L’homme fut profondément troublé par sa beauté et son grâce. Dès lors, il revint souvent dans ce restaurant, caressant l’espoir de revoir cette beauté lunaire. Mais il fut toujours déçu.
    Le mystérieux personnage n’était autre que Tsangyang Gyatso, le sixième Dalaï Lama (1683 - 1707), personnalité religieuse de premier plan mais aussi talentueux poète. La demoiselle était Sgrolma, la déesse qui vit dans le cœur des Tibétains. Quant au restaurant où Tsangyang Gyatso rencontra sa déesse, il existe toujours et s’appelle désormais Makyame.
    Pour ceux - nombreux ! - qui n’auraient pas l’occasion de se rendre au Tibet, mais qui voudraient goûter à la saveur romantique du lieu, un nouveau et deuxième Makyame vient d’ouvrir ses portes à Beijing. Le Makyame pékinois, clone de son parent de Lhasa, est situé entre de nombreux autres restaurants et bars dans la rue Sud Xiushui.
Ambiance tibétaine, dès l’entrée du restaurant.
L’intérieur du Makyame.
    Vous serez accueilli sur place par le maître des lieux, Chenang Wangqing, originaire de l’Est du Tibet. Dès l’escalier menant au Makyame, on a l’impression de pénétrer dans un nouveau monde, étrange et magique. Accrochés aux murs jaunes, des masques tibétains, une peau de taureau avec dessinés, les quatre protecteurs du Bouddha Dharma, des peintures Tanka, une paire de fahao, longues trompettes utilisées lors des rituels religieux et un moulin à prière géant. Sous le moulin, à même le sol noir ciré, des pierres sacrées Mani et des tapis en laine de yack.
    Sur les tables, le long des fenêtres, sont posées des sets de table en laine tibétaine. Sur un côté de la pièce se trouve un magnifique bar en bois sculpté, témoin du luxe, de l’élégance et de la délicatesse de la culture tibétaine et qui s’harmonise avec l’atmosphère de richesse et de simplicité du lieu. Sur une étagère enfin, on trouve des livres et des albums dans différentes langues sur la philosophie et la culture tibétaines.
    Les cuisiniers tibétains vous proposent la cuisine de leur terre d’origine, se déclinant en plus d’une centaine de plats allant des brochettes de mouton à la soupe de légume bala-bani en passant le dessert zhuoma-zhesi, le yaourt au lait de yack, le thé au beurre ou encore un véritable alcool d’orge qingke. Cet alcool justement, tout comme le masheng, un type de dessert, les tsoma, ces longues racines comestibles tirées d’une plante tibétaine ainsi que les assaisonnements sont tous en provenance directe des hauts-plateaux tibétains.
    Dans cette atmosphère à la fois classique et élégante, on peut aller s’asseoir à côté d’une fenêtre, et commander à la carte qui, outre les spécialités tibétaines, comprend également une riche sélection de plats indiens, népalais ou occidentaux et de vins.     Dehors, des arbres forment un écran protecteur naturel, nous séparant du bruit et de l’agitation de la rue pékinoise.
Un moulin à prière géant au-dessus d’une pile de pierres sacrées mani.
L’intérieur du restaurant.