2002.05

Exclusif

 

2002 : l’économie chinoise tirée par la consommation intérieure

Texte et photos : Zeng Xiangmin



Lors d’une exposition-vente d'appartements.

    Après l'attaque terroriste du 11 septembre, l’économie américaine est entrée en récession. Les économies de l’Union européenne, du Japon et des pays d’Asie du Sud-Est ont également été plus ou moins touchées. L’industrie aéronautique britannique a ainsi vu son chiffre d'affaire diminuer de 1,8 milliards de livres en 2001. A Singapour comme dans la province chinoise de Taiwan, l’économie est même entrée en récession. Face à cette situation, le Fonds monétaire international a ajusté ses prévisions de taux de croissance de l’économie mondiale en 2002 de 3,5¨% prévu initialement à 2,4%. Face à ce ralentissement sensible de l'économie mondiale, la Chine a porté en 2001 son produit intérieur brut à 9 593,3 milliards de yuans, soit une augmentation de 7,3% par rapport à l’année précédente. Mais la question se pose désormais de savoir si, en 2002, l’économie chinoise pourra maintenir un taux de croissance de 7%. Les économistes chinois estiment que l'influence du 11 septembre sur l’économie chinoise sera plus sensible à moyen et long terme qu'à court terme et les conséquences indirectes plus grandes que les conséquences directes.
    Quand les pays d’Asie était en 1998 frappés par une crise financière, le gouvernement chinois a déjà proposé d’augmenter la demande sur le marché intérieure. Grâce à cette mesure efficace, l’économie chinoise a évité des pertes considérables. La croissance continue de l’économie chinoise et la stabilité de ses finances et de sa monnaie pendant ces années-là ont joué un rôle actif dans le redressement des économies des pays d’Asie du Sud-Est.
    Dans le rapport sur les activités du gouvernement chinois présenté lors de la 5e session de la IXe Assemblée populaire nationale tenue il y a un mois à Beijing, le premier ministre Zhu Rongji a souligné que, face à la situation grave de l’économie mondiale, il était primordial d'augmenter la demande intérieure afin faire jouer la consommation et l'investissement pour permettre une croissance rapide de l’économie chinoise. Ainsi, la croissance de la demande intérieure occupera une place encore plus importante dans la stratégie de développement de l’économie chinoise en l’an 2002 et pendant une période assez longue.
Un jeune couple faisant du lèche-vitrines sur la rue de Nanjing à Shanghai.
Mannequins défilant dans un centre commercial lors d'une opération publicitaire organisée par un studio spécialisé dans les photos de mariage
Un enfant "essaie" une chaussure en bronze à côté de la sculpture représentant un gamin portant un gros soulier installée devant la boutique de chaussures Neiliansheng, ouverte il y a plus d'un siècle sur Wangfujing, à Beijing.

Voitures et logements à l’honneur
    A partir de septembre 2001, les prix des voitures ont entamé une baisse ininterrompue depuis. Dès octobre 2001, cette baisse était en moyenne de 6% par rapport à septembre. En novembre dernier, le prix de la Citroën ZX passait sous la barre des 100 000 yuans et dès le premier jour de sa mise sur le marché, 500 unités ont été achetées. Un acheteur a expliqué que ce prix était acceptable pour ceux qui voulaient acheter une voiture.
    Dès le premier jour de l’an 2002, les tarifs douaniers sur les voitures importées ont diminué de 30%. Une semaine après, le groupe automobile de Tianjin a annoncé une baisse des prix de ses voitures. La Xiali 7010 coûte désormais moins de 40 000 yuans, tandis que le prix de la Xiali 2000 est passé de 120 000 à 97 000 yuans. En moins d’un mois, 100 000 voitures de cette marque ont été vendues. En janvier à Beijing, le nombre d'automobiles a augmenté de 15 000 unités, pour arriver à un total de 520 000 véhicules particuliers.
    En 2001, le chiffre d’affaires du commerce au détail à Guangzhou a été de 124,3 milliards de yuans dont 13,5% ont été consacré au logement. Lors du Forum de l’économie mondiale tenu en avril 2002 à Beijing, réunissant des PDG d'entreprises chinoises, le logement et la voiture en Chine sont pour la première fois devenus des sujets de discussions.
    A Beijing comme à Shanghai, le pourcentage que représentent les logements achetés par les individus par rapport au total est passé de 53% en 1996 à 93% en 2001. Les logements dont le prix est inférieur à 3 000 yuans au mètre carré sont très demandés. Dans une agglomération nouvelle en banlieue de Beijing, 900 appartements ont été vendus en deux jours. De plus en plus de gens achètent un logement grâce à des prêts ou à crédit. Avec l’approfondissement de la réforme du système de logement, beaucoup de personnes ont décidé de se servir de leurs économies pour devenir propriétaires.
    Il y a quelques années, un célèbre économiste a proposé de juger la puissance économique d’un pays en fonction du niveau de vie de la population, c'est à dire en prenant en compte les ventes d'appareils électroménagers, de voitures et de logements et le nombre des personnes qui voyagent à l’étranger. Il y a 15 ans, on considérait le téléviseur en couleurs comme un bien de luxe en Chine et très peu de gens étaient en mesure d’en acheter un. Aujourd’hui, les familles chinoises possèdent 400 millions de postes de télévision en couleurs, 120 millions de réfrigérateurs, 170 millions de machines à laver et 16 millions d’ordinateurs.
    On estime que cette année et l’année prochaine, 4 millions de vieux réfrigérateurs, 5 millions de téléviseurs et autant de machines à laver seront remplacés chaque année, offrant des perspectives alléchantes pour les industriels de ces secteurs. Les ordinateurs se renouvellent encore plus vite.
A l’occasion de la Fête du printemps, de la Fête du travail (1er mai) et de la Fête nationale (1er octobre), les employés chinois ont droit à 3 jours de congé et se reposent normalement pendant 7 jours consécutifs avec les deux week-ends. Cette période est effectivement la « semaine en or » pour les commerçants car beaucoup de gens saisissent cette occasion pour faire des achats ou du tourisme.
    Pendant les vacances du 1er octobre 2001, 1,22 millions de Pékinois ont fait une excursion aux environs de la capitale, soit une augmentation de 37% par rapport à l’année précédente. 18 000 voitures ont été louées à l’avance par des particuliers.
    Voyager hors des frontières est aussi devenu très populaire. Durant cette fête du printemps, les voyages à Macao et Hongkong ont remporté beaucoup de succès dans les agences de voyage shanghaiennes. Le nombre de personnes qui se sont rendus par charters à Hongkong et en Thaïlande depuis Tianjin a augmenté de 50 % par rapport à l'an dernier. Enfin, les voyages organisés à destination de l'Australie, de Singapour, de la Malaysia ou de la Thaïlande et de la Corée du Sud étaient complets à Shenzhen.
    Les Chinois disposent d'environ 120 jours de congés par an, en comptant les trois "Semaines en or" et selon les spécialistes, un mode de consommation équilibré devrait profiter autant aux consommateurs qu'aux distributeurs et devrait également permettre la maturation du secteur chinois du tourisme. Pourtant, après chaque semaine en or, les centres commerciaux en Chine notent une sensible baisse du nombre de clients. A Shenzhen, le nombre de visiteurs sur la rue commerçante a ainsi chuté de 70 % tandis que le nombre de départ et d'arrivée à l'aéroport Baiyun à Guangzhou a diminué de 50 %

Devant un rayon de friandises.
Le premier jour de la Fête du printemps, le magasin d'électroménager Guomei a vendu 1 673 téléviseurs en couleurs.
Stimuler la demande
    En 2002, le gouvernement chinois a décidé de mettre l'accent sur l’augmentation du revenu de la population afin stimuler la consommation. Dong Shitang, président du groupe automobile de Tianjin, estime que seuls les produits qui sauront répondre aux exigences des consommateurs dans les domaines de la technologie, de la qualité, des services et du prix trouveront des acheteurs.
    D’après les statistiques de la Banque populaire de Chine (banque centrale chinoise), le montant de l'épargne des Chinois atteignait 7 000 milliards de yuans à la fin de 2001. Ce chiffre montre que les habitants ont de l’argent. Au lieu de tout dépenser, ils déposent la plupart de leur épargne dans les banques. Leurs dépenses sont conditionnées à la fois par le revenu de leur famille et par leur confiance en la situation générale de l’économie chinoise. La chute des cours à la bourse durant les six derniers mois de 2001 a étouffé l’enthousiasme des petits porteurs. Par ailleurs, les gens épargnent pour faire face aux dépenses de vieillesse, de santé, de mariage et d’éducation des enfants. Le gouvernement doit établir et perfectionner le système de garanties et réajuster les rapports entre l’offre et la demande en prenant des mesures efficaces pour encourager les habitants à élargir le champ de leur consommation.
    A la fin de 2001, la municipalité de Shanghai a décidé d’investir 1,8 milliards de yuans pour le réaménagement de la rue de Nanjing. En 2010, le chiffre d’affaire annuel de cette rue commerçante devrait atteindre 40 milliards de yuans, soit 2,85 fois celui d’aujourd’hui.
    Après l’entrée de la Chine dans l’OMC, les industriels et hommes d'affaires étrangers jugent positivement le marché chinois. La Chine avec ses 1,2 milliards d'habitants constitue elle-même un marché immense. Augmenter la demande intérieure aidera la Chine à s’engager dans le cycle vertueux « augmentation du revenu des habitants - croissance des investissements et de la consommation - hausse des prix des produits industriels et agricoles - augmentation du revenu des entreprises et des individus ». Avec la rénovation de la conception de consommation des Chinois et leur confiance de plus en plus ferme en la consommation, face aux influences défavorables exercées par le ralentissement de l’économie mondiale, le gouvernement chinois demeure confiant dans les possibilités de croissance de la demande sur le marché intérieur.
Spécialités culinaires et autres amuse-gueule, toujours très appréciés en Chine !
Les coins reproduisant l’aspect de vieux quartiers dans les grands magasins, les étals de spécialités et les boutiques d’articles d’artisanat d’art, endroits favoris des personnes âgées.