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Une
légende raconte que, durant le règne de l’empereur Xuanzong
des Tang (618-907), une pivoine plantée devant le pavillon
Chenxiang, dans le palais impérial, donna deux fleurs sur
la même tige. Celles-ci étaient belles et parfumées, pourpres
le matin, vertes foncées à midi, jaunes le soir et d’un blanc
immaculé la nuit. L’empereur baptisa cette pivoine « Esprit
des fleurs ».
«
Je suis également l’esprit des fleurs », esquisse dans un
sourire la styliste Deng Hao. Il semble bien qu’elle ait raison
: ses créations sont couvertes de roses, lys, lotus et autres
tulipes, rouges, verts, bleus jaunes et pourpres. Alors que
les mannequins défilent sur la scène, les fleurs apparaissent
et disparaissent comme si l’esprit de la fleur déployait son
pouvoir. L’atmosphère elle-même semble remplie de leur parfum.
PDG
de la maison de couture qui porte son nom à Shenzhen et conseillère
pour la création des nouveaux modèles de la ligne de robes
éponyme, Deng Hao estime que les fleurs sont les symboles
de la beauté et les portes-paroles des femmes. De fait, les
dessins de fleurs ont toujours été très appréciés en Chine
et notamment dans la couture, des kasaya de la dynastie des
Tang (longues robes portées par les moines bouddhistes faites
d’un patchwork brodé de fils d’or et de brocart) aux vestes
courtes et proches du corps brodées du début du XXe siècle
en passant par les robes de soie de la dynastie des Song (960
- 1279), les tissus de soie incrustés de fils d’or des Ming
(1368-1644) ou encore les robes ordinaires des reines et les
qipao - ces robes moulantes fendues à col haut - de la dynastie
des Qing (1644-1911).
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