2002.05

Cinq mille ans de civilisation

 
Le musée des Archives de la région autonome du Tibet :
La mémoire du Tibet

Photos de Tudeng



Le musée contient plus de cent mille volumes de documents gravés sur des plaques de bois, pour la plupart uniques au monde.
Restauration de documents endommagés.
    Ce musée, « trésor de la mémoire du Tibet », contient plus de 3 millions de volumes d’archives d’une valeur inestimable dont les plus anciennes remontent à la dynastie des Yuan (1217-1368). Véritable encyclopédie de l’histoire et de la culture tibétaines, ces ressources importantes n’ont pas encore été complètement exploitées et utilisées dans la recherche en tibétologie au niveau mondial.
    En 1959, les autorités centrales ont mis la main sur plus de 3 millions de volumes d’archives et plus de 400 sacs de jute contenant des archives endommagées gardées par le gouvernement local de Lhasa, les nobles tibétains et les fonctionnaires laïques. Dans cette masse, on a retrouvé des dizaines de volumes d’archives des Yuan, une dizaine de milliers de documents des Ming (1368-1644), plus de 2 millions de tomes d’archives des Qing (1644-1911), plus de 600 000 volumes d’archives de la République de Chine (1912-1949), ainsi que des archives des années 1950. D’un point de vue quantitatif, les archives tibétaines dépassent celles de toutes les autres minorités ethniques de Chine. Rien que pour les documents d’époque Ming comme par exemple, le premier Musée d’archives de Chine ne comporte que 3 000 volumes dont la plupart datent du règne Jiajing (1522-1644), c’est à dire la fin des Ming, alors que le musée d’Archives du Tibet abrite plus de dix mille volumes couvrant toute la dynastie des Ming. Si la plupart de ces documents sont écrits en tibétain, certains le sont également en sanscrit, en chinois, en mandchou, en mongol, en arabe, en hindi, en népalais, en anglais et en russe. Les supports vont du papier au bois en passant par le métal et la pierre et à côté de l’encre tibétaine de la meilleure qualité, des poudres mélangées d’or, d’argent, de cuivre, de cinabre, de corail, de jadéite et de perle ont également été utilisées. Les reliures sont également magnifiques.
Documents microphotographiés, mesurant seulement 7 à 8 cm de long.
Des écritures canoniques gravées initialement sur des plaques de bois, imprimées sous forme de livres par le musée régional des archives du Tibet, et données au monastère Drepung.
    Ce musée a été construit en 1989 et représente un investissement de 9 millions de yuans. Sept mois ont été nécessaires pour transporter, dépoussiérer et ranger tous ces documents qui étaient jusqu’alors conservés dans l’ancienne bibliothèque du Palais du Potala.
    Ces archives sont pour la plupart écrites sur du papier traditionnel tibétain, fabriqué manuellement à partir d’une herbe rare poussant au Tibet. Ce papier, aux fibres longue, est particulièrement résistant. L’encre, quant à elle, était confectionnée à partir de cendres de colophane mélangées à de l’écorce d’arbre, du borax, de la colle obtenue à partir de peau de yack et à la propriété de ne pas se décolorer. En outre, le climat frais et sec du plateau est favorable à la préservation durable des archives.
    Quelque 95% des documents étant écrits en ancien tibétain, on a dû faire appel à l’expertise de fonctionnaires de l’ancien gouvernement tibétain et de lamas érudits pour travailler sur ces documents. Hélas, ces dernières années, la vieillesse et parfois la disparition de ces personnes a créé un vide difficile à combler.
    Peu après la construction de ce musée, les autorités centrales ont alloué des crédits pour importer des équipements microphotographiques, permettant d’améliorer la préservation et la gestion des archives. En mai 1998, ce musée, en coopération avec des instituts étrangers, a enregistré 30 000 volumes de documents sur informatique et en même temps a présenté à l’UNESCO une demande de classement au titre du Projet de mémoire mondiale.

Registre portant le nombre des habitants de la région de Shannan, dans l’ancien Tibet et la situation du payement des impôts. Il mesure 366,6 m de long.