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de la rédaction :
Le
groupe sanguin O négatif est relativement courant parmi les
Occidentaux, mais en Chine, on ne trouve guère qu’une personne
sur trois à quatre cents de ce groupe. Au cours d’une opération,
un professeur anglais en poste dans la ville de Nantong, dans
la province du Jiangsu, a eu un besoin urgent de ce type de
sang si difficile à trouver. Dans l’urgence, la ville entière
s’est mobilisée et cinq personnes - étudiants, simples fonctionnaires,
anciens chômeurs - ont pu apporter gracieusement 1 200 millilitres
du précieux sang sur la table d’opération. |
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Stephen
et Ceri Kelly donnant gracieusement des cours d’anglais lors
d’une journée d’activité en faveur du grand public.
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Stephen
en soins intensifs.
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Le
20 février 2002, Stephen et sa petite amie Ceri Holme, deux professeurs
anglais originaires de Manchester sont arrivés dans la ville de
Nantong, dans la province du Jiangsu, enseigner à l’école secondaire
de Zilang. Stephen enseignait au lycée et Ceri au collège. A côté
des cours, ils avaient également organisé des activités extrascolaires
à la fois très vivantes et intéressantes. Bref, ils étaient enthousiastes
et adoraient leurs élèves.
Le 7 mars au matin, Stephen s’est rendu
au dispensaire de l’école parce qu’il avait mal à la gorge et a
indiqué au médecin qu’il avait également mal au ventre. Le médecin
lui a prescrit un antibiotique en goûte-à-goûte. Mais, même si le
directeur de l’école avait bien conseillé à Stephen de prendre le
temps de se soigner, celui-ci a eu peur de prendre du retard et
a préféré donner cours. Le lendemain, vers 14 heures, Stephen qui
vient à peine de terminer son goûte-à-goûte se met à vomir, il souffre
d’une hypotension et très rapidement s’évanouit. Les deux directeurs
adjoints de l’école qui se trouvaient avec Stephen à ce moment-là
appellent aussitôt le 120, les services d’urgence et très rapidement
le malade est transféré vers le centre international d’urgence et
de soins le plus proche agréé par le ministère chinois de la Santé,
l’hôpital universitaire de Nantong.
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Les
cinq citoyens de Nantong ayant donnés leur sang à Stephen.
De gauche à droite : Pan Liping, Wang Shulei, Zhang Xiaodong,
Zhang Liping, Wang Shuhua.
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Stephen
exprimant sa gratitude vis-à-vis des citoyens de Nantong aux
médias.
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Le
chef de l'hôpital et les spécialistes de chaque département arrivent
rapidement. Le malade souffre d'une hémorragie interne. Les résultats
des examens montrent que l’hémorragie ne touche ni les poumons ni
le système digestif. Avant de trouver les causes de la maladie,
les médecins ont immédiatement décidé de sortir le malade du coma.
L'échographie montre que c'est la rate qui a éclaté. Il faut opérer
de toute urgence. Les préparatifs de l'opération se déroulent normalement.
L'hôpital confie cette opération à son meilleur chirurgien et le
chef anesthésiste s'occupe du reste. Mais soudain, une nouvelle
frappe de stupeur tout le monde : le malade est du groupe sanguin
O négatif, groupe sanguin commun chez les Occidentaux mais très
rare en Chine : moins d'une personne sur 300 ou 400 est de ce groupe
!
Le taux de globules rouges de Stevens est
tombé très rapidement et il a déjà perdu 4 000 ml de sang, soit
70 % de sa quantité totale de son sang ! Or si ce taux dépasse les
80 %, l'opération devient impossible. Mais où trouver de tels donateurs,
d'autant plus qu'il y a besoin de plus de 1 200 ml de sang ? Parmi
les 40 000 donneurs volontaires de la ville, seuls 15 sont de ce
groupe sanguin. Mais les dangers encourus par Stevens préoccupent
beaucoup de personnes. Le maire adjoint, Jin Jinghu et les chefs
de chaque département discutent et se mettent d'accord sur le fait
qu'il faut sauver à tout prix la vie de ce professeur étranger venu
apporter son soutien à l'éducation de Nantong.
Il s'agit en fait d'une opération normalement
plutôt banale, mais c'est pourtant la première fois que tant de
personnes ont été mobilisées à Nantong. Une course mortelle contre
la montre est engagée.
Les banques
du sang à sec
Dès que l’on a connu le groupe sanguin du
malade, Wang Ping, directeur du centre de transfusion sanguine de
la Croix rouge de Nantong a aussitôt été prévenu. Mais catastrophe
: la banque ne dispose pas de ce genre de sang en réserve. Il ne
reste que deux alternatives : faire le tour des centres de transfusion
sanguine des autres villes pour savoir si elles disposent de ce
sang ou bien trouver les donneurs de groupe O négatif de la ville
de Nantong.
Aussitôt le centre de transfusion sanguine
appelle ceux de Shanghai, Nanjing, Yancheng, Huai’an, Jinjiang,
etc. Mais la réponse tombe comme un couperet : seuls les centres
de Nanjing et de Qidong disposent chacun de 400 ml de sang correspondant
à la demande, mais il s’agit de sang congelé et il faut attendre
six heures avant de pouvoir l’utiliser. C’est évidemment hors de
question. Le centre de Qidong, situé à une cinquantaine de km envoie
200 ml de sang, une goutte d’eau face aux besoins.
Plus le temps passe et plus l’espoir d’obtenir
de ce précieux sang de l’extérieur s’amenuise. Il ne reste plus
que la deuxième solution : trouver des donneurs locaux. Les fichiers
informatiques révèlent que depuis l’an 2000, sur les 40 000 donneurs
de sang que compte Nantong, seuls 15 sont du groupe sanguin recherché.
Il y a cependant de l’espoir, mais une question se pose : où se
trouvent-ils actuellement ?
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Retour
à Nantong après une convalescence à Hongkong.
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Stephen
en cours.
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Mobilisation
générale
De simples particuliers se sont mobilisés
pour apporter eux-aussi une aide désintéressée. A 19 h 30, Tan Liping,
étudiante à l'école Normale est en train de lire à la bibliothèque.
Son camarade de classe surgit alors pour lui annoncer que le Centre
de transfusion sanguine la cherche parce qu'on a besoin de son sang
pour sauver quelqu'un. Sans prendre le temps de réfléchir, elle
sort en courant de la bibliothèque. Presque au même moment, le superviseur
des étudiantes du département de Chinois de cette même université,
Wang Shuhua, reçoit également cet appel au secours. Elles se précipitent
toutes deux alors vers la porte de l'université où une voiture du
centre de transfusion sanguine les attend déjà. A 21 h 05, les premiers
400 ml de ce "sang vital" sont déjà partis. On a également trouvé
d’autres donneurs et les médecins ont pu prendre la décision de
commencer l'opération.
Mais ceux-ci sont malgré tout inquiets :
en pratiquant une incision, le sang risque de gicler et si l’on
ne peut pas arrêter hémorragie, les ressources limitées en sang
ne permettront pas de maintenir en vie le malade. Les chefs de l'hôpital
ont alors arrêté une procédure détaillée pour cette opération :
en cas d'urgence, on réinjectera au malade son propre sang. En même
temps, l'hôpital a envoyé le médecin Fan Yaping qui a travaillé
durant de nombreuses années à l'étranger expliquer calmement la
situation en anglais à Ceri pour la rassurer. Celle-ci a aussi pu
utiliser le téléphone de l'hôpital pour appeler les parents de Stevens.
Avec leur accord, elle a pu signer le formulaire autorisant l'opération.
Celle-ci commence. 2 000 ml de sang liquide
et coagulé sont nettoyés du corps de Stephen. La rate qui a éclaté
est enlevée, hémorragie est stoppée.
A 22 h 30, l'opération est terminée.
Mais le taux d’hémoglobine de Stephen est
tombé à 3 grammes. Il n'est pas encore sorti de danger. Le malade
a encore besoin de plusieurs centaines de ml de sang.
Zhang Liping, après avoir connu une période
de chômage, travaille aujourd'hui dans une entreprise privée. C'est
également le seul soutien de sa famille. Lorsque le centre de transfusion
sanguine l'appelle le soir, elle est partie travailler. Sa mère
comprend qu'on a besoin du sang de sa fille pour sauver un étranger
et la contacte tout de suite. Celle-ci prend immédiatement un taxi
pour se rendre dans le centre de transfusion sanguine. Zhang Xiaodong,
employé de la banque Shijiao Xinliong Yanshi, Wang Shulei, étudiant
à l'université des Transports maritimes ont finalement également
pu être trouvés. Après avoir appris la nouvelle, ils se sont précipités
sans hésiter vers le Centre de transfusion sanguine. Une vie vient
d'être sauvée.
Ceri fond en larmes : "Stephen est sauvé".
Elle transmet tout de suite la bonne nouvelle à Manchester. Le 21
mars après une convalescence à Hongkong, Stephen est revenu à Nantong
où il a été accueilli par ses étudiants, les professeurs et des
représentants de la municipalité de Nantong. La chaleur de l'accueil
des habitants de Nantong l'a profondément ému : "Cette expérience
va m'accompagner toute ma vie. Les habitants de Nantong m'ont sauvé.
Désormais, du sang chinois coule dans mes veines."
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