2002.07

Les étrangers en Chine

 

Jia Hepu : Des Etats-Unis aux Trois Royaumes

Par Jiang Nan



Jia Hepu portant une hotte de bambou.

Jia Hepu en train de manœuvrer la soufflerie d’une forge dans un ancien bourg.

    Jia Hepu est une américaine originaire de Philadelphie. Ce nom chinois, elle se l’est donné par amour pour la Chine et son immense culture. Pourtant, lorsque, au début des années 70, elle a mis pour la première fois le pied en Chine, elle connaissait encore peu de choses sur cet immense, mystérieux et ancien pays.
    Bien-sûr, elle avait lu des livres. Les histoires de fantômes écrites par Pu Songling, écrivain des Ming (1368-1644), la grand-mère Liu du Rêve dans le Pavillon rouge de Cao Xueqin (dynastie des Qing) ainsi que l’ancienne route des Shu (221-263) décrite dans le Roman des Trois Royaumes (par Luo Guanzhong) étaient gravés dans son cœur. Et depuis, elle n’attendait qu’une chose : parcourir de ses propres pieds l’ancienne route des Shu, surnommée également la Route de la Soie du Sud et les régions humides du Sud de Yangtse.
    Au début des années 70, la visite en Chine du président Nixon en Chine a amorcé le dégel des relations entre la Chine et les Etats-Unis. Jia Hepu, qui terminait alors ses études de chinois à Taiwan, a sauté sur l’occasion et fut parmi les tous premiers Américains à pouvoir à cette époque se rendre en Chine où elle resta trois mois. La magnifique ville de Beijing, l’ancienne Grande Muraille et le plateau du Yunnan et du Guizhou sont parmi les meilleurs souvenirs d’un voyage qui lui permit de parcourir pratiquement moitié de la Chine.

Passerelle à flanc de falaise le long de la route de Jianmen des Shu.

Au moment de quitter l’ancien bourg, photo-souvenir devant une porte portant le caractère chinois Bonheur. « Pour porter bonheur à ma famille et à mon fils. » confie-t-elle.

   Depuis, Jia Hepu est revenue à plusieurs reprises en Chine, tissant des liens très étroits avec ce pays. Ainsi, dans sa maison de Philadelphie, sont exposés toutes sortes d’objets chinois qu’elle a rapportés de ses périples et qu’elle fait découvrir avec enthousiasme à ses visiteurs. Si elle veut inviter ses amis à manger, ce sera forcément dans un restaurant tenus par des Chinois et le dîner se transformera en conférence sur la gastronomie chinoise. Son fils, quant à lui, apprend aussi le chinois auprès d’elle depuis son enfance et est un grand amateur de cuisine chinoise.
    Il y a peu, Mme Jia s’est rendu pour la sixième fois en Chine pour remonter à pied l’ancienne route de Jianmen des Trois Royaumes (220-280), et découvrir l’ancien bourg de Xiasi dominé par la passe de Jianmen et les ruines de la passe stratégique des Shu (221-263). Voyage au cours duquel j’ai eu le privilège de la suivre, me permettant de découvrir la rigueur de ses méthodes de travail. Ainsi, à peine arrivée sur un nouveau site, elle commence par consulter tous les documents s’y rapportant dans la bibliothèque, se fait des amis, prend des photos et des notes…Elle m’a confié qu’elle était véritablement tombée amoureuse des sites historiques des Shu et qu’elle va revenir les visiter. Rendez-vous est pris pour le printemps prochain…

 

Jia Hepu, grande amatrice de la fondue sichuanaise, pourtant généralement trop relevée et épicée pour bien des palais occidentaux !

Jia Hepu avec des enfants du village.