|
Peuple chinois
| |
|
Zhang Jinling : de l’actrice à la
peintre et calligraphe
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Au
crépuscule (lotus, 61x 68 cm).
|
|
Le
Monde frais ( lotus, 66 x 66 cm).
|
Dans
les années 70 et 80, on l’a beaucoup vue incarner de nombreux
personnages éclatants dans des films éminents, tels que La reconnaissance
traversant le fleuve Yangtse, D’esclave à général, Xu Mao et
ses filles…Zhang Jinling était alors, avec Liu Xiaoqing et Li
Xiuming, une des trois ‘‘fleurs’’ du Studio cinématographique
de Beijing. Avant de dire adieu au grand écran, pour se consacrer
à un autre art, celui de la calligraphie.
Par dimanche ensoleillé, je me suis
rendu comme convenu chez elle, près du village des Jeux asiatiques
à Beijing et, alors que nous discutions autour d’une tasse de
thé, j’ai pu découvrir la grandeur d’âme de cette ancienne star
devenue peintre.
Mais le trajet, de l’écran argenté au
papier de riz ne fut pas sans embûches. « Grande sœur Jinling
», comme on dit en Chine, a appris la peinture auprès de M.
Lou Shibai. Elle a commencé, comme tout débutant, par l’achat
des pinceaux, de l’encre et du papier et, jusqu’à ce qu’elle
ait su apprendre à dessiner sa première crevette, elle n’a jamais
manqué de remettre ses travaux à son professeur en temps et
en heure. Une fois, alors qu’une tempête s’était abattue sur
la ville, elle a tout de même tenue à se rendre chez M. Lou
Shibai en métro. Mouillée par la pluie,
elle a abrité ses peintures sous son corsage… Son professeur
eut beau la dispenser de cours par temps de pluie, rien ne pouvait
y faire, « chaque occasion de le voir étant trop précieuse pour
pouvoir être manquée ». |
|
|
|
|
Zhang
Jinling au travail dans son studio.
|
Zhang
Jinling avec son maître Lou Shibai.
|

Femme
admirant le lotus. 47 x 35 cm
|
Elle
a consacré pas moins de trois ans à étudier le dessin de la
crevette. Son maître s’en est inquiété et lui a conseillé de
‘‘changer de motif, sous peine de vous ennuyer.’’ Elle a refusé
une fois encore tant qu’elle ne maîtriserait pas parfaitement
les crevettes, car « la maîtrise des techniques de base est
essentielle ». Apprendre la peinture chinoise exige modestie
et persévérance. Zhang Jinling possède ces qualités et, après
dix ans d’efforts, peut récolter les fruits de son travail.
Fidèle à l’école d’art de Qi Baishi, grand maître de la peinture
traditionnelle chinoise, elle y a réussi à ajouter sa propre
touche. Dans les années 80, alors que sa carrière d’actrice
était à son zénith, elle a mis un bébé au monde. Pour son enfant,
elle a décidé de quitter le monde du cinéma et de rester à la
maison s’occuper de son mari et de son fils. A 5 ans, son fils
a commencé à apprendre la calligraphie auprès d’un professeur
qu’elle avait engagé. Au départ, elle ne faisait qu’accompagner
son fils à ses cours de calligraphie. Mais avec le temps, elle
a développé un goût de plus en plus prononcé pour cet art et
pour la peinture. Son mari a alors demandé à Lou Shibai, grand
maître de la peinture traditionnelle chinoise, s’il pouvait
donner des cours particuliers à son épouse et a organisé, dans
la salle du Xinjiang du grand Palais du peuple, une cérémonie
solennelle au cours de laquelle Jinling a reconnu M. Lou comme
étant son maître. Avant de l’ouverture de la cérémonie, M. Lou
l’avait prévenue : ‘‘Jinling, il n’est pas facile d’apprendre
la peinture. Est-ce que vous serez capable de supporter la solitude
et d’oublier vos soucis et de rester tranquille dans le cœur
? Si vous le voulez bien, apprenez auprès de moi.’’ Depuis lors,
elle est entrée dans le monde de peinture. |
|
Elle
peint surtout des personnages, des oiseaux et des fleurs,
particulièrement les lotus qu’elle dessine en suivant une
technique traditionnelle et qui sont à la fois simples et
lourds de sens. Mais demain, elle compte peindre tableau de
cent lotus, dans lequel elle exploitera sa nouvelle technique
de peinture de fleurs et d’oiseaux, se débarrassant de la
technique de lavis traditionnelle, rêvant de créer une œuvre
originale et dans l'air du temps.
Zhang Jinling est heureuse auprès
de son mari, une « précieux professeur et un ami serviable
» selon ses propres termes. Elle n'a jamais cherché les honneurs
et la richesse auxquels elle préfère les joies de l'art et
de la famille. Son fils, âgé de 18 ans, est devenu un beau
et grand jeune homme. Il poursuit actuellement des études
d’administration industrielle et commerciale au Canada. Mais
l’économie ne lui a pas fait oublier le monde de l’art : il
participe à de nombreuses activités théâtrales sur le campus,
comme en témoignent les photos envoyées à ses parents. L'hérédité,
sans doute…
|
|
|
|