|
A travers le pays
| |
|
Le secret des pierres des Qinghe
|
|
Texte
et photos: Wang Chen
|
|
|
|
|
Un
Tsatsa, terre cuite colorée portant l'image du Bouddha
adoré par les Bouddhistes tibétains. Il s'agit d'un
des nombreux vestiges appartenant à des minorités ethniques
découverts à proximité des tas de pierres de Sandaohaizi.
|
Statue
de style Khitan, ancien peuple nomade chinois. Ce genre
de statues sont disséminées à travers les prairies.
|
|
Le
Xinjiang, certainement un des derniers endroits au monde,
en ce nouveau siècle, à receler encore d'innombrables
trésors archéologiques enfuis. De fait, de très nombreux
chercheurs, tant chinois qu'internationaux, s'y rendent
régulièrement, à la recherche des origines de l'humanité
et des sources de la culture. Et au sein de cette région,
le district de Qinghe en particulier, n'en finit pas
d'intriguer.
Qinghe
est situé au sud-est des monts Altaï, à la frontière
avec la République de Mongolie. Il y a 8 000 ans, déjà,
des hommes vivaient là de chasse et de pêche. Sous la
dynastie des Qin (221 - 206 avant J.-C.), Qinghe débordait
déjà d'activités, fréquentée notamment par les vendeurs
d'or. Au début du XIIIe siècle, Genghis Khan lança ses
troupes à travers les monts Altaï, via Qinghe, lors
d'une expédition vers l'ouest du continent eurasiatique.
On
peut suivre la trace de ces millénaires d'histoire à
Qinghe à travers de nombreux trésors archéologiques,
des peintures rupestres à la route de Genghis Khan en
passant par les mystérieuses structures de pierres et
les Rochers des Cerfs (d'immenses rochers gravés de
dessins de cerfs), désormais inscrits sur la cinquième
liste des vestiges importants sous la protection de
l'Etat.
La région de Sandaohaizi, à Qinghe, est en effet célèbre
pour ses pierres arrangées en une cinquantaine de tas
et de cercles répartis le long d'une vallée longue de
sept kilomètres sur trois de large. Parmi toutes ces
structures, un amoncellement de pierres connu sous le
nom d'Aoshi se démarque des autres par son importance.
Le
tas, formé de pierres de même taille, mesure 22 mètres
de haut pour 92 m de diamètre à la base et est entouré
d'un deuxième cercle de pierre large de 7 mètres, aujourd'hui
enfui dans le sol. L'ensemble est entouré de sept tablettes
de pierres et d'un autre cercle extérieur d'environ
700 m de circonférence relié au tas central par quatre
allées. L'ensemble couvre quelque 6 700 m² et représente
plus de 50 000 m³ de pierres, en faisant une structure
sans équivalent par la taille ou la forme dans le monde
et est connu par les spécialistes comme étant la "Mystérieuse
tombe impériale de l'Altaï".
Mais
de nombreuses questions demeurent : Qui a construit
cet Aoshi ? Pourquoi cette forme ? A quoi servait-il
? Elles n'ont pas fini de diviser les scientifiques…
|
|
|
|
|
Peintures
et gravures rupestres anciennes à Sandaohaizi.
|
Un
rocher aux cerfs. Un animal volant ressemblant à un
cerf est clairement visible en haut du rocher tandis
qu'un objet rond est tracé sur le rocher couché.
|
Les
archives historiques présentent Aoshi comme étant la tombe
de Guiyou Khan, petit-fils de Genghis Khan. Mais certains
spécialistes doutent qu'il s'agisse d'une tombe et pensent
plutôt qu'il s'agit d'un autre type de structure. Zhang
Hui, chercheur au musée régional du Xinjiang a étudié
l'ensemble des 50 structures de pierres présentes sur
le site et les a comparés aux "cercles des blés" - ces
mystérieux cercles de blés fanés dans certains champs.
Pour ce faire, M. Zhang a travaillé sur des photographies
publiées par le Centre international d'étude des Cercles
de blé, pour en conclure que l'aspect des structures de
pierres rappelle étrangement celui des cercles formés
dans les champs de blé… Il s'est aussi penché sur des
relevés d'autres structures de pierres découvertes à Hejing
et dans d'autres endroits du Xinjiang et s'est aperçu
que leur structure était très proche de celle de structures
de pierres ou de cercles de blés découverts en Angleterre,
en Russie ou en Australie…
Autre
curiosité du site: les Pierres aux Cerfs, imposantes tablettes
de pierre datant d'il y a environ 4 000 ans. Mesurant
deux mètres de haut, elles sont gravées de représentations
d'animaux fabuleux, la plupart ressemblant à des cerfs
avec un bec d'oiseau. Aucune trace de cet animal n'ayant
jamais été trouvée dans la nature, la plupart des gens
estiment qu'il ne s'agit là que de pure fantaisie artistique.
Mais pourquoi une telle forme ? Là encore les interprétations
divergent.
Certains
archéologues pensent que le cerf était une sorte de totem
sacré pour les peuples nomades qui gravaient sa représentation
sur des tablettes de pierre. Selon les traditions mongoles
et des sources historiques en mandarin, le cerf était
autrefois considéré comme un animal sacré voire un dieu
qui conduisait les âmes dans l'au-delà.
Zhang
Hui, cependant, a une autre théorie. Il s'appuie sur une
légende locale racontant l'histoire d'un chasseur céleste
volant vers la constellation d'Orion, suivi par trois
grands cerfs et plusieurs petits. Il estime que les rochers
aux cerfs montrent les cerfs attirés par une force céleste
irrésistible, leur museau étant déformé par les courants,
leur donnant l'apparence d'un long bec. Selon, lui, on
devrait en fait plutôt parler de "Rochers d'Orion".
Egalement
à Qinghe, des peintures rupestres représentant des cyclopes
ont été découvertes à côté du plus gros amoncellement
de météorites au monde. Et certains archéologues se demandent
si tout cela ne serait pas lié… |
|
|
|
|
La
route occidentale suivie par les troupes de Genghis
Khan. Il ne subsiste plus aujourd'hui qu’une allée dallée
de larges pierres.
|
Statue
de Bouddha en argile dorée à l'or fin.
|
|
|
|
|