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Le
11 mai dernier, Ahdili a pu à nouveau poser le pied sur la terre
ferme, sur les rives du lac de la Mer d’Or à Beijing, sous les ovations
de dizaines de milliers d’admirateurs. Ce roi chinois des airs a
conquis l’admiration du public en passant pas moins de 25 jours,
soit un total 600 heures à 35 mètres au-dessus de la surface de
l’eau, dont 125 heures et 48 minutes passées sur un fil de 400 mètres
de long tendu dans le ciel de Beijing, gagnant ainsi le droit de
figurer dans le livre Guinness des Records.
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Baiser
de la victoire. Ahdili a reconnu que sans le soutien de sa
famille et de ses amis, il n’aurait jamais pu réussir un tel
exploit.
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La
foule, nombreuse, venue suivre au quotidien, les exploits
d’Ahdili.
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En
Chine, dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang, Ahdili
est un personnage haut en couleurs de la famille des Dawaz.
Dawaz est un mot ouïgour signifiant « marcher sur une
corde dans le ciel ». Or, dans la famille d’Ahdili, on
est Dawaz depuis de 429 ans : le grand-père et le père
d’Ahdili étaient ainsi des funambules de haute volée.
Lui, il appartient à la sixième génération de funambules
de la famille. Aujourd’hui âgé
de 30 ans, il a mis pour la première fois le pied sur
une corde à 5 ans ! Ces année d’entraînements ont imprimé
la marque de la corde sur la plante de ses pieds, des
pieds magiques qui ont permis à Ahdili de multiplier les
exploits sur une corde, de la traversée du Yangtze aux
Trois Gorges à des traversée d’un gratte-ciel à un autre
en passant par une « promenade » sur une corde entre deux
sommets des monts Hengshan… Des exploits qui lui ont valu
le titre de « Prince des airs ».
Mais on ne peut passer sa vie
suspendu à un fil sans rencontrer des dangers voire croiser
de près la grande faucheuse… Ainsi en 1991, lors d’une
représentation à Shanghai, la corde s’est subitement dérobé
sous les pieds d’Ahdili qui a plongé dans le vide. Lorsqu’on
l’a relevé, il avait 17 fractures, dont sept côtes cassées.
Pour les docteurs, le verdict était sans appel : Ahdili
ne pourrait plus jamais remonter sur une corde. Et pourtant,
à peine six mois plus tard, il recommençait à s’entraîner…
Mais, à cause de ses blessures, il ne pouvait que difficilement
étendre les bras. Il mit alors au point un nouveau numéro,
faisant le poirier sur la tête et non plus sur un bras
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A
cloche-pied.
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Record
du monde ! Ahdili est entré dans le livre Guinness des
records.
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Instant
de repos.
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Danse
du guerrier… Avant de monter sur la corde pour se
lancer à l’assaut du record, Ahdili esquisse un dernier
pas de danse sur le plancher des vaches.
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Pour
battre le record (21 jours en l’air pour un total de 63
heures sur la corde) inscrit dans le livre Guinness des
records par le Canadien Jay Cochrane, auteur de six précédents
records et véritable mentor d’Ahdili, celui-ci a pris
le temps de minutieusement préparer sa tentative au-dessus
du lac Jinhai (la Mer d’Or). Finalement, le 16 avril dernier,
le moment tant attendu est arrivé. Selon ses prévisions,
Ahdili devait passer 22 jours dans les airs, se promenant
5 heures par jour sur la corde. Mais le succès ou l’échec
d’Ahdili était tributaire d’un grand nombre d’éléments
extérieurs, et notamment du temps. Et l’on ne peut pas
dire qu’il ait été gâté : le premier jour, des vents de
force 6 à 7 l’obligent à rebrousser chemin après 10 minutes
passées sur sa corde raide. Les jours suivants, ce sont
la pluie, les tempêtes de sable et d’autres calamités
naturelles qui ont entravé son plan de marche. Du coup,
pour réussir son pari, il a été obligé de resté plus longtemps
que prévu dans les airs, ajoutant à la fatigue d’Ahdili,
qui est redescendu bouffi et les pieds couverts d’ampoules.
Mais la plus grande difficulté
n’était pas là pour Ahdili, ce fut l’insoutenable solitude.
D’après les règles du jeu, Ahdili devait vivre seul sur
sa corde. Chaque jour, il devait sortir de sa cabane construite
spécialement pour lui à une extrémité de sa corde pour
faire son numéro. Les seuls contacts avec sa famille et
ses assistants sur place devaient se faire par ordinateur
interposé… Pour un homme qui apprécie tant la compagnie,
cette solitude fut pire que toutes les tortures physiques
qu’il eut à endurer. Heureusement, sa femme et sa fille
pouvaient également l’encourager d’un regard ou par leurs
cris, source où Ahdali pouvait allait chercher un regain
d’énergie et de force lors des moments difficiles. D’ailleurs,
reconnut notre champion, « sans mes amis et ma famille,
sans mes assistants et le public si nombreux, je n’aurais
jamais pu établir un tel record ».
Aujourd’hui, Ahdili est redescendu
sur terre. Mais pas pour longtemps. Son prochain projet
: marcher en septembre sur une corde longue de 2008 mètres,
tendue à côté de la Grande Muraille, pour établir un nouveau
record certes, mais aussi pour apporter son soutien aux
J.-O. de Beijing… |
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Allongé
sur la corde…une acrobatie pas de tout repos !
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«
Bavardages virtuels » en ligne. Les conversations avec sa
femme via un ordinateur ont été un des piliers au moral d’Ahdili.
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