2002.08

Les étrangers en Chine

Photo de classe internationale à Kunming

Texte de Chen Xiangbin
Photos de Han Yiguo



    D’ici dix ans, la Chine devrait rejoindre les pays membres de l’Association de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) pour fonder en commun une zone de libre-échange. D’ici là, avec la mise en service de la route fluviale internationale sur le fleuve Lancang et l’ouverture de la route Kunming-Bangkok, les relations entre la Chine et ces pays devraient s’approfondir dans tous les domaines. Du fait des promesses annoncées par cette coopération, des jeunes gens de plus en plus nombreux en provenance de ces pays ont décidé de remonter le Mékong, pour poursuivre leurs études à Kunming. Galerie de portraits de ces étudiants étrangers de l’Université de Kunming.
    Du Weisha, 21 ans, n’est arrivé de Hanoi à Kunming qu’il y a quelques mois, mais son niveau de chinois est si bon qu’il est impossible de deviner qu’il est vietnamien. Dans la cantine, il fait la queue en tenant son plateau - un plateau en acier inoxydable, comme il n’en a jamais vu au Vietnam et qu’il trouve bien commode… - avec les autres étudiants pour payer son repas. Etudier le chinois à Kunming, c’est le désir du père de Du. Avant de venir, il avait déjà appris le chinois pendant un an dans un institut de langue chinoise à Hanoi. Les échanges commerciaux et culturels entre la Chine et le Vietnam se développant rapidement, comprendre le chinois peut lui permettre de trouver un bon emploi.
    Huang Sengde (dit « le panda » selon ses camarades et même ses professeurs), Thaïlandais de 19 ans, est vif et plaisant, jamais en reste d’un bon mot. Il est resté seulement six mois à Kunming, qui lui a laissé des impressions mitigées. A ses yeux, ‘‘les hommes de Kunming s’habillent bien, mais leurs cheveux sont toujours ébouriffés. Les femmes sont belles, mais elles se maquillent ou trop ou trop peu.’’ Son loyer de 800 à 1000 yuans par mois est à peu près équivalent à ce qu’il payait en Thaïlande. Mais surtout, pour lui, Kunming, ce sont deux souvenirs impérissables : un gros chagrin d’amour et … la saleté repoussante des toilettes publiques !

Pause sous le doux soleil du Yunnan.
Discussion multilatérale.
Ma Xiaoyi, Thaïlandaise, avec son ami sud-coréen.
Huang Shende, Thaïlandais de 19 ans, vif et plaisant, dit « le pandas ».

    Ma Xiaoyi, Thaïlandaise de 21 ans, apprécie quant à elle le climat de Kunming, où le printemps dure toute l’année. « La ville est magnifique et a beaucoup changé par rapport à il y a 5 ans lorsque j’étais à Kunming », affirme-t-elle. Mlle Ma a un goût particulier pour les « chinoiseries » et s’offre de temps à autre quelques objets artisanaux et des vêtements. Si elle est venue se perfectionner en chinois, « c’est pour faire du commerce avec les Chinois », explique-t-elle. Son ami, sud-coréen, Li Yongwen vend des objets artisanaux à Dali (Yunnan). Quand il a du temps, il vient à Kunming voir Mlle Ma, et ensemble, ils en profitent pour assister à un match de football ou un concert, leurs deux passions.
    Cai Jinhai, Thaïlandais, lui, ne comprend pas pourquoi les colporteurs de Kunming portent un costume européen : si les petits marchants thaïlandais s’habillent librement, leurs confrères chinois sont toujours tirés à quatre épingles ! Il vit à Kunming depuis plus de quatre mois, a été à Dali qu’il a beaucoup aimé et il veut ouvrir une usine dans l’avenir. Selon lui, les méthodes pédagogiques chinoises permettent de bien étudier, même s’il préfèrerait que les cours commencent à neuf heures plutôt qu’à huit heures du matin… Il apprécie aussi le fait que, contrairement à la Thaïlande, l’université n’impose pas le port d’uniforme. « Les habitants de Kunming sont très chaleureux avec nous, peut-être que c’est parce que nous sommes étrangers. En tous cas, j’espère me faire beaucoup d’amis chinois », affirme-t-il dit.
    De Xu Yuchang, un Thaïlandais voulant devenir professeur à Ruan Baoyin, une jeune Vietnamienne tombée amoureuse de Kunming, les étudiants étrangers dans la capitale du Yunnan sont nombreux et divers. Ils partagent cependant un point commun : pour tous, vivre à Kunming aura été une expérience aussi enrichissante qu’agréable.