2002.08

Cinq mille ans de civilisation

 

Les fabuleux trésors du Palais de la Culture des nationalités

Texte : Huai Lei



Pilon à clochette. Objet précieux utilisé par le moine vénérable indien Padmasambhava. Après l’achèvement des travaux de construction du monastère Samyai en 779, Trison Detsen, roi du royaume de Tubo, l’invita à présider la cérémonie d’inauguration de ce monastère.
Armure du roi de la Loi de la secte Sakya du bouddhisme tibétain. Celle-ci joua un rôle important lorsque le Tibet passa sous le contrôle de la dynastie des Yuan (1271 - 1368). C’est pourquoi le chef de cette secte reçut le titre honorifique d’empereur des Yuan. Cette armure est un présent que l’empereur Shizu des Yuan offrit au chef de la secte Sakya.
Masque en bois de la Danse Nuo. La danse Nuo est un type de théâtre populaire à caractère religieux autrefois largement répandu en Chine. Avec ses dents et ses yeux tournants, ce masque utilisé par l’ethnie Gelao est d’un genre extrêmement rare.

Vêtement en poils de queue de cheval porté par les sorciers de l’ethnie Yi.

    Les vestiges culturels des minorités ethniques constituent un patrimoine précieux légué par les diverses ethnies minoritaires chinoises, qu’elles aient déjà disparues - assimilées au sein d’autres ethnies - ou non et représentent un élément important de la civilisation chinoise.
Pour protéger et préserver ce précieux patrimoine, le gouvernement chinois a fondé en 1959 le Palais de la Culture des nationalités qui a pour mission de recueillir et de conserver les vestiges culturels des différentes minorités ethniques. Après 50 ans d’efforts, ce palais conserve aujourd’hui quelque 50 000 pièces et 540 000 livres sur les 56 nationalités chinoises. Les collections couvrent des domaines aussi variés que l’histoire, la culture, les arts, les religions, la situation politique et économique et bien d’autres sur une période s’étalant sur plus d’un millénaire.
Pour permettre au grand public de mieux connaître le cours de l’histoire des minorités ethniques, le Palais de la Culture des nationalités a exposé quelques-unes parmi les plus précieuses des pièces de ses collections. La plupart de ces vestiges culturels sont des trésors rares de différentes ethnies et la plupart étaient exposés pour la première fois. Riches en renseignements sur l’histoire et la culture des minorités ethniques, ces objets exposés sont d’une importance capitale pour étudier le fondement de la civilisation chinoise et les formes particulières de la culture orientale.
Schéma illustrant les itinéraires d’entrée des fonctionnaires de la dynastie des Qing au Tibet (détail). Ce plan montre les trois itinéraires (en couleur sur fond de soie) suivis par les fonctionnaires des Qing pour entrer au Tibet en partant de Kangding.
Robe à pan en biais de brocart brodé avec du fil d’or. Ayant aujourd’hui perdu sa couleur dorée, elle était autrefois le symbole du pouvoir. Cette robe est un cadeau de l’empereur Qianlong des Qing pour le gérant de Chelixuanwei (dont les fonctions étaient normalement assumées par le chef de clan des Dai), symbolisant son pouvoir d’administration sur la localité.
Veste en peau de poisson. Les vêtements de ce genre sont propres à l’ethnie Hezhe. Les techniques de confection ont été depuis perdues.
Sceau du chef de la bannière gauche d’Ongniud. Ce sceau portant des inscriptions en mongol et en mandchou est un cadeau de l’empereur Kangxi des Qing à un noble mongol. La bannière gauche d’Ongniud se trouve dans l’est de la Mongolie intérieure.
Bande dessinée racontant les légendes de l’ethnie She (détail). Dessinés sous les Qing (1644 - 1911), ces tableaux illustrent la genèse et l’évolution de l’ethnie She.

Boîtier à Coran en bois sculpté. Les boîtiers de ce genre étaient utilisés par les musulmans Hui pour contenir le Coran sous les Ming (1368 - 1644).
Tambour de bronze des Zhuang. Le tambour de bronze tire son origine de la marmite de bronze. Avec le temps, la marmite qui servait également d’instrument à percussion chez les minorités s’est métamorphosée en tambour, symbolisant aussi la richesse et le pouvoir.
Sentou, coiffe de femme mongole portée autrefois lors des mariages.