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Tourisme
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Chez
les Dai : l’amitié lavée par l’eau
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La
pagode blanche Manfeilong.
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Le
pavillon des écritures bouddhiques du temple Manting.
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Après
bien des détours, je suis enfin arrivé au Xishuangbanna
dans la province du Yunnan, région légendaire aux
coutumes très particulières. De fait, dès mon arrivée,
j’ai été captivé par son charme irrésistible : les
insondables forêts tropicales, les traditions étranges,
les pagodes et les imposants temples bouddhiques
abrités par les touffes de bambous m’ont laissé
une impression inoubliable. On dit que si on n’est
pas allé à Ganlanba, on ne connaît pas le Xishuangbanna.
Je me suis donc rendu dans les cinq villages millénaires
Dai de la région dont chacun est la source intarissable
de légendes fabuleuses.
Dans
le vacarme des coassements des grenouilles au bord
des étangs et des chants des cigales, j’ai découvert
les villages dispersés au milieu des champs verdoyants.
Autour des maisons de bambous sur pilotis de couleur
claire des Dai poussent des cocotiers et des aréquiers
au tronc tout droit ainsi que des manguiers et des
mesuas aux branches et aux feuilles exubérantes.
Les temples et les pagodes bouddhiques ainsi que
la voix des jeunes moines qui récitent des textes
de soutra plongent la région dans une ambiance mystique
unique. Plus loin, des femmes Dai portant une robe
longue et étroite tiennent un étal de fruits ou
d’articles d’artisanat, travaillent dans les champs
ou se baignent par groupes de deux ou trois dans
la rivière…
Des
deux côtés des chemins reliant les différents villages,
on pouvait voir de nombreux temples et pagodes bouddhiques
typiques de l’Asie du Sud-Est. Le guide nous a précisé
que les Dai étaient dans leur immense majorité des
bouddhistes très fervents. D’une forme originale,
la pagode Manfeilong à Jinghong est typique de celles
des pays d’Asie du Sud-est, tandis que le vieux
temple Mange est un des plus importants foyers bouddhistes
du Petit Véhicule et est très fréquenté des adeptes.
Des
rires sonores ont déchiré le calme qui régnait dans
les rues : des jeunes filles Dai se rendant à la
foire. Se rendre à la foire, qui a lieu seulement
à l’occasion des fêtes importantes du calendrier
Dai, est une vieille tradition chez les Dai. Simples
visiteurs, nous avions la chance d’être venus au
bon moment pour assister à ce genre d’événement.
Par
groupes de deux ou trois, les jeunes filles se rendaient
à la foire à pied ou dans une benne tirée par un
motoculteur qu’elles appelaient en riant leur «
taxi ». Malgré le côté très rudimentaire de leur
moyen de transport, ces jeunes filles Dai étaient
très gaies et rayonnaient de splendeur. Portant
une veste serrée et une longue robe en soie luisante,
leur coiffure ornée de petites fleurs, elles étaient
assises ou se tenaient debout dans la benne. Face
à cette scène, j’ai compris pourquoi tant de personnes
considèrent le Xishuangbanna comme le légendaire
royaume des Beautés…
Sur
le grand marché de Ganlanba, les Dai vendent des
fruits confits et les articles d’artisanat qu’ils
ont préparés ou fabriqués eux-mêmes. Les touristes
venus de toutes parts et les vendeurs qui marchandent
offrent des scènes intéressantes, une des curiosités
à voir dans la région. Des jeunes filles Dai vous
proposent d’acheter leurs produits en vous assurant
d’un ton plein de douceur que cet article a été
fait justement pour vous ! Touché par ces paroles
doucereuses, vous tomberez sûrement dans ce piège
de tendresse. Vous penserez que vous aurez non seulement
acheté un article d’artisanat, mais aussi la douceur
des sentiments d’une jeune fille Dai qui vous tiendra
chaud au cœur pour longtemps…
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Combat
de coqs, un jeu très populaire chez les Dai.
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Baignade
dans la rivière Lancang.
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Fabrication
d’éventails à pennes de paon.
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Un
village Dai dans son écrin de verdure.
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Pour
satisfaire la curiosité des touristes pour la fête
d’aspersion d’eau, les Dai ont eu l’intelligence d’aménager
une place d’aspersion d’eau dans le village de Manjinglan
permettant aux touristes d’assister quotidiennement
à cette célébration.
Chaque
jour, de 3 à 5 heures de l’après-midi, les jeunes
hommes et les jeunes filles Dai, en habit de fête
y donnent tout d’abord des représentations de chant
et de danse puis invitent les spectateurs à y participer.
Chacun
de nous a pris deux petites cuvettes en plastique
rouge des deux mains, attendant avec impatience l’arrivée
du moment opportun. Vers la fin du 5e numéro artistique,
quelques jeunes hommes qui brûlaient d’impatience
n’ont pu s’empêcher de verser l’eau de leurs cuvettes
vers des jeunes filles Dai qui dansaient avec des
gestes gracieux. Les cris aigus des jeunes filles,
les bravos des spectateurs et les hurlements de folie
des hommes versant de l’eau se mêlaient et la « fête
d’aspersion d’eau » avait commencé sans avoir été
déclarée ouverte…
Bien
que les différentes personnes ne se connaissaient
pas, toute timidité avait disparue et chacun aspergeait
sans retenue les personnes du sexe opposé. Effet magique
de l’eau, tout le monde était retombé en enfance,
excité et fou.
Ce
soir-là, nous avons décidé de passer la nuit à Ganlanba,
chez Yan Kanglang, un homme d’une très grande hospitalité.
Debout contre la fenêtre de sa maison de bambou, j’étais
heureux en me souvenant de la douceur des jeunes filles
Dai. Un vrai dîner Dai nous a permis d’expérimenter
la vie de cette ethnie.
Après
avoir mangé, nous nous sommes promené au bord de la
rivière Lancang. Les villageois nous ont expliqué
que c’était la rivière aux flots de sable mentionnée
dans le roman classique « le Pèlerinage vers l’Ouest
». Prenant sa source sur le plateau du Qinghai-Tibet,
elle prend le nom de « Mékong » dès son entrée au
Laos. La
Lancang est le fleuve maternel des Dai. Si vous avez
de la chance, vous verrez des jeunes filles Dai se
laver les cheveux au bord de cette rivière au coucher
du soleil. Une chance que je n’ai pas, hélas, mille
fois hélas…
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