2002.09

Droit

 
Tout ce que les entreprises étrangères doivent savoir sur le droit du travail chinois

Par Deming Zhao



     A mesure de la croissance économique de la Chine, et surtout après l’adhésion de la Chine à l’OMC, le marché du travail chinois devrait s’ouvrir davantage aux personnes extérieures à la Chine et de plus en plus d’étrangers devraient tenter leur chance en Chine. Par ailleurs, un nombre croissant d’entreprises à investissement étranger (EIE) travaillent désormais en Chine, les obligeant fréquemment à devoir affronter des questions liées aux conditions de travail en accord avec le droit chinois.
    La législation chinoise sur le travail actuellement en vigueur date de 1994. Depuis, de nombreux et rapides changements ont eu lieu en Chine que ce soit dans les méthodes de gestion des ressources humaines ou dans le système de protection sociale. Pour répondre aux problèmes engendrés par ces changements, la législation assez vague sur le travail a été complétée par de nombreux règlements, politiques et directives du ministère du Travail et du bureau de la Sécurité sociale ainsi que par la jurisprudence de la cour suprême chinoise. La connaissance et la mise en œuvre d’un tel corps de lois et règlements posent un véritable défi aux EIE qui doivent bien souvent faire appel à des professionnels du droit.
    Nous nous intéresserons aujourd’hui à deux aspects liés aux questions du droit du travail en Chine : tout d’abord les étapes nécessaires à la délivrance d’un permis de travail à un ressortissant étranger désirant travailler en Chine ; les conditions à remplir pour une EIE en cas de licenciement ensuite.
1. Obtention d’un permis de travail en Chine pour un étranger
    Un étranger peut travailler en Chine s’il répond aux conditions suivantes : 1. être âgé de 18 ans ou plus et être en bonne santé. 2. Avoir la connaissance, l’expérience ou la qualification pour exercer le travail en question. 3. Ne pas avoir de casier judiciaire. 4. Avoir conclu un accord avec une entreprise selon lequel cette personne sera employée en Chine. 5. détenir un passeport valide ou tout autre document de voyage international tenant lieu de passeport.
    Avant de se rendre en Chine, cette personne doit tout d’abord se présenter dans une ambassade ou un consulat chinois proche de son domicile pour demander un visa de travail. La personne doit alors pouvoir présenter une autorisation de travail à l'étranger et la notice de visa accordée à son futur employeur qui aura été délivrée respectivement par le ministère du travail et le bureau du gouvernement local. Avant de soumettre sa demande aux autorités chinoises, l’employeur aura obtenu auprès de son futur employé des informations et documents de type CV, lettres de recommandation, qualifications, copie du passeport et d’autres documents de voyage.
    Une fois en Chine, la personne doit demander un document officiel appelé « Permis de travail » auprès de l’administration du travail dans les deux semaines suivant son arrivée en Chine. La personne doit présenter aux autorités l’autorisation de travail à l’étranger, le contrat de travail avec l’employeur, son passeport et son certificat médical exigé par le bureau de la quarantaine chinois. Ce n’est qu’une fois obtenu le permis de travail que cette personne peut commencer à travailler en Chine.
2. Licencier dans le respect de la loi
    Les EIE doivent parfois faire face à des questions de réduction du personnel. Il s’agit d’une question délicate à laquelle les EIE, en tant qu’employeur, doivent accorder une grande attention et qu’elles doivent gérer en accord avec la législation chinoise. On a vu en effet des exemples de non-respect ou de respect approximatif du droit chinois du travail engager la responsabilité légale des EIE ou aboutir à des confits entre l’entreprise et ses employés qui ont parfois pu causer la cessation des activités de l’entreprise.
    En droit chinois, un licenciement par une EIE (l’employeur) peut être justifié dans les cas suivants : 1. Incapacité de l’employé durant la période d’essai, 2. agissement criminel ou écart de conduite sérieux incluant une violation sérieuse de la discipline de travail ou du règlement interne de l’entreprise de la part de l’employé, 3. expiration du contrat de travail. 4. incapacité de l’employé à remplir sa tâche telle que décrite dans le contrat de travail, 5. impossibilité de mise en œuvre du contrat après un changement substantiel des conditions après la signature du contrat associée à un échec des tentatives de renégociation du contrat de travail, 6. licenciement sous certaines conditions, 7. incapacité à travailler due à des maladies non-professionnelles, 8. départ par consentement mutuel.
    Dans les trois premiers cas, l’EIE n’est pas tenue de payer d’indemnité à l’employé licencié. Dans tous les autres cas, l’EIE doit payer les indemnités prévues à l’employé. Cependant, l’employeur doit toujours avoir à l’esprit que même dans les cas prévus plus haut, il peut exister des règles de procédure et des exceptions ne permettant pas de justifier un licenciement.
    Ainsi, par exemple, le droit du travail ne permet à un employeur de mettre fin ou de laisser expirer un contrat de travail avec un employé 1. souffrant d’une maladie ou d’une blessure non-professionnelle et toujours sous traitement médical ou 2. ayant perdu tout ou partie de ses capacités à travailler à cause d’un accident ou d’une maladie professionnelle ou encore 3. dans le cas des employés féminins si la personne est enceinte ou en congés de maternité ou allaite son enfant.
    Si le licenciement n’est pas justifié, l’EIE doit assumer ses responsabilités légales vis à vis de l’employé pour avoir rompu le contrat de travail. Dans ce cas, l’employé peut avoir recours à des moyens légaux pour obtenir une compensation en argent, des dommages ou la reprise du travail. Le respect du droit est donc tout à fait primordial dans la gestion des ressources humaines d’une entreprise.