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Tourisme
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Huanghuacheng,
la Grande Muraille autrement
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Texte
et photos : Wu Xinyi
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vous demandez à aller voir la Grande Muraille de Chine, on vous
conseillera probablement les tronçons à Badaling, Mutianyu et
Simatai, qui, restaurés, sont ouverts au tourisme. Celui de
Huanghuacheng, en effet, au nord-ouest du chef-lieu du district
de Huairou à 60 km de Beijing reste méconnu. Le paysage y est
sans doute moins grandiose qu’à Badaling, les collines moins
abruptes qu’à Simatai, mais la Grande Muraille à Huanghuacheng
a gardé son aspect original. On raconte qu’elle est faite de
briques et de pierres collées entre elles avec de l’eau de millet,
c’est pourquoi elle est extrêmement solide. Malgré les brèches
et les bouts de murs partiellement ou totalement effondrés,
on y découvre des murailles, des tours de guet, des passes,
des terrasses, des portes voûtées et des fortins dont une bonne
partie est encore en bon état. Sur la paroi rocheuse au-dessus
de la porte de la passe sont gravés les deux caractères « Jin
Tang », signifiant « muraille de métal et fossé d’eau bouillante
», surnom de cette passe imprenable qui fait que ce tronçon
de Grande Muraille soit aussi appelée la « Grande Muraille Jintang
».
Huanghuacheng était appelé autrefois
« Huanghuazhen ». S’étirant sur une dizaine de km, ce tronçon
de la Grande Muraille fut une position d’importance stratégique
dans l’histoire. A cet endroit, montagnes et eau sont intimement
mêlées, la Grande Muraille étant divisée par un lac profond
de plusieurs dizaines de mètres dont les eaux cristallines qui
abritent de nombreux poissons sont couvertes d’herbes aquatiques.
L’eau jaillissant en abondance des sources,
beaucoup de familles des villages à Huanghuacheng possèdent
un étang. La truite arc-en-ciel élevée par les villageois est
une spécialité très appréciée des gastronomes. On peut la manger
crue, coupée en tranches ou cuite à la vapeur. Mais, la plus
délicieuse est la truite grillée ou encore au court-bouillon…
Le choix est vaste !
D’avril à novembre est certainement
la meilleure période pour admirer les magnifiques paysages de
la Grande Muraille à Huanghuacheng. En été, les randonneurs
peuvent même bivouaquer sur la Grande Muraille. |
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J’ai
fait connaissance avec une étudiante américaine à Beijing
lorsque je visitais pour la première fois la Grande Muraille
à Huanghuacheng. A ma plus grand surprise, elle m’a appris
qu’elle y venait une ou deux fois par semaine ! Elle aimait
la simplicité de la Grande Muraille et se perdait souvent
en rêveries en restant assise sur le sommet d’une montagne.
« A chaque fois, j’ai une nouvelle impression sur la Grande
Muraille, m’a-t-elle expliqué. Je ne me lasse pas de revenir
admirer les paysages de cet endroit. » Pour pouvoir continuer
sa relation si particulière avec la Grande Muraille, elle
envisageait même de chercher un emploi à Beijing après ses
études universitaires...
Chaque année, en avril et en octobre,
je fais une excursion à la Grande Muraille à Huanghuacheng.
Au printemps, à côté de la promenade sur la Grande Muraille
et d’une truite dégustée chez les villageois, j’ai pu goûter
à toutes sortes de plantes sauvages comestibles telles que
l’œnanthe, l’asperge, les pousses de zanthoxylum, de saule,
de poivrier, de cédrèle de Chine, etc.
En octobre, en gravissant la Grande
muraille, on est ébloui par la beauté des paysages automnaux.
Des nuages blancs flottent parfois dans le ciel d’azur et
les plantes aux feuilles vertes, jaunes ou rouges tapissent
les vallées et les versants de montagne. Les branches des
fruitiers sont chargées de fruits. Charnues et d’un goût
délicieux, les châtaignes produites dans cette région se
vendent bien à l’étranger. Les touristes peuvent cueillir
eux-mêmes des poires bien mûres. Toutes les familles possèdent
des jujubiers dont les fruits, grandes, croquants et sucrés
sont pratiquement impossibles à se procurer en ville.
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Je
me souviens que durant mon enfance, j’aimais manger des noix
fraîches, pelées et toute blanches, d’une saveur exquise. Cet
endroit me permet de retrouver les impressions de mon enfance
et je comprends maintenant pourquoi l’étudiante américaine ne
se lasse pas d’y revenir.
S’il neige en hiver, le paysage à la
Grande Muraille à Huanghuacheng sera encore plus enchanteur.
A la Grande Muraille à Huanghuacheng, il n’y a ni escalier ni
piste à suivre, au contraire de Badaling. En été, les herbes
folles sur les versants peuvent atteindre 2 m de haut, cachant
souvent les sentiers tortueux et étroits. Pour monter sur les
falaises, il faut parfois grimper à quatre pattes. Il arrive
souvent qu’on ait les vêtements déchirés par les ronces. Quand
vous êtes monté à grand-peine sur un mur crénelé, vous verrez
d’autres murailles vous attendre et vous inviter à continuer
à grimper… « On ne peut se prétendre brave avant d’être monter
sur la Grande Muraille. » dit le proverbe… Seuls ceux qui font
preuve de la plus grande bravoure peuvent atteindre le sommet…
Pourtant, en admirant la beauté des paysages et en respirant
l’air frais au sommet d’une montagne, on se sent libéré de tous
ses soucis, on sent que l’on vit un moment dont la douceur du
souvenir nous poursuivra toute la vie… |
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