2002.09

Peuple chinois

 

Un sourire sur un plateau

Texte et photos : Tang Tao



Les visages souriant des enfants tibétains.
L’affabilité, source de la fortune.

    A l’arrivée au Tibet, on est frappé par la couleur pure et vive de la terre, du soleil, de la lune, des montagnes, des cours d’eau, des édifices, des mises et parures des gens, des drapeaux, des bannières bouddhistes flottant au gré du vent embellissent tous les coins du sol tibétain. Même les divinités de cette région ont chacune leur caractère particulier : elles sont souriantes en tenant un bouquet de fleurs à la main ou se regardent en chien de faïence une épée dans la main. Elles laissent percer leur joie ou leur colère, à la différence des divinités du reste du pays qui ont pour la plupart un air pensif, circonspect et prévoyant.
    L’ambiance culturelle et les conditions de vie particulières du plateau enneigé ont donné naissance au caractère spécifique du peuple tibétain. Quand on marche au Tibet, toutes les personnes que l’on croise semblent être de vieux amis. Qu’on les connaisse non, elles adressent toujours au passant un sourire bienveillant, comme ce qu’on chante dans une chanson populaire : le sourire se lit sur le visage et l’amitié est gardée dans le cœur…
    Ce doux sourire, reflet du caractère optimiste, magnanime et inflexible des Tibétains reste gravé dans la mémoire de tous ceux qui ont voyagé au Tibet. Que vous entrez dans une yourte solitaire dressée dans la steppe alors que vous êtes accablé de fatigue et de faim ou que vous vous joignez gaîment à la foule célébrant le Norbu Linka sur la route, vous comprendrez ce que signifie l’hospitalité légendaire des Tibétains. Outre le thé au beurre parfumé, on vous accueillera avec un sourire gracieux qui vous réchauffera le cœur. De fait, ce n’est pas seulement de l’hospitalité, mais un mode de vie légué de génération en génération chez les Tibétains.
    En apercevant ces sourires gracieux qui illuminent le visage de la personne rencontrée sur la route, on sent que ce sont les salutations venues du plus profond de l’âme. Ce sourire affable et communicatif aussi chaud que la lumière du soleil permet le rapprochement de deux âmes étrangères.

    Donnant sur la rue, les vieilles maisons ont pour la plupart été bâties sous les Ming (1368-1644) et les Qing -1644-1911). Les murs en briques grises sont couverts par des toits noirs, les portes et les fenêtres sont en bois, les corniches sont relevées, les charpentes sont sculptées et peintes.
    La maison de la famille Wen est la plus grande et la mieux conservée de la bourgade. Construite au début de la dynastie des Qing et constituée d’un hall d’entrée, d’une salle principale et d’une salle postérieure, elle couvre plus de 320 m². Les charpentes et le toit sont en bois, les treillis des fenêtres sont ciselés en forme de fleurs. Les deux portes principale et postérieure communiquent. Selon Wen Guanglin, descendant de la dixième génération de la famille Wen, c’est son ancêtre, gouverneur de la province à l’époque des Qing, qui fit construire cette maison dans laquelle logent aujourd’hui Wen Guanglin, son fils et son petit-fils, son autre fils ayant déménagé dans le Guangdong.
    Bien évidemment, ce n’est pas de gaîté de cœur que M. Wen se voit obligé de quitter sa maison. Mais le grand barrage des Trois Gorges permettra de dompter les eaux, c’est une affaire d’Etat et qui bénéficiera au peuple, il n’y pas d’autre choix que de s’y soumettre reconnaît-t-il aussi, tout en espérant que sa maison puisse être reconstruite ailleurs.
    37 000 habitants de Dachang ont déjà déménagé, le millier qui reste est sur le point de le faire. Cependant, tout ne sera pas perdu : pour conserver le style original de la bourgade de Dachang, l’Etat va investir 30 millions de yuans dans la reconstruction à l’identique de cette bourgade qui avait à peu près tout connu au cours de ses 1 700 ans d’histoire, tout, sauf le risque de disparaître à tout jamais sous les eaux du Yangtse…

Le retour du maître de maison.

« Sainte-Mère du haut plateau. »
Plaisir du travail.
Un homme Kangba jovial.