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Dans
les montagnes de Yanshan à Beijing, à l’ombre de la Grande Muraille,
se trouve le plus grand centre canin de l’Armée populaire de Libération
(APL), base d’entraînement et de reproduction des chiens de l’armée.
Alors que la voiture s’engage entre les
montagnes, nous entendons résonner dans la vallée les aboiements
des animaux, nous faisant sentir que nous venons d’entrer dans le
royaume des chiens de l’armée. Derrière la porte, un immense terrain,
théâtre d'entraînements plus spectaculaires les uns que les autres.
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Combats de
chiens et chiens de combat
36 chiens provenant de 11 équipes
de l’armée participent aujourd'hui à un concours de combat. Ces
chiens représentent l’élite canine triée parmi les quelque 10 000
chiens de l’armée. Une centaine de généraux et officiers supérieurs
assistent au spectacle.
Plusieurs chiens font leur entrée,
accompagnés de soldats des armées de terre et de mer, en uniforme
et casqués. Ils défilent devant la tribune d’honneur. Les chiens
marchent au même pas que les hommes, dans un alignement parfait.
Le juge donne le signal de départ. Les dresseurs lâchent leur animal.
Les chiens partent comme des flèches, traversent des fossés de plus
de deux mètres de large, sautent des murs de trois mètres de haut,
passent au travers de cerceaux dont certains enflammés. Les 36 animaux
passent aussi l'un après l'autre un obstacle particulièrement haut,
retombant tout en douceur sur terre, devant les regards ébahis des
spectateurs.
Soudain, une explosion. Les chiens
traversent sans crainte aucune la fumée dégagée par les bombes,
sautent les fossés sous les balles, rampent, courent, s’élançant
immédiatement dans la direction donnée par leur maître suivant impeccablement
les ordres des dresseurs. Des sirènes de polices retentissent. Deux
motos portant deux soldats et deux chiens suivent à vive allure
la voiture de police. Sur le terrain, un suspect armé prend la fuite.
D’autres "terroristes" ont placé une bombe sous une voiture. Des
chiens chinois de la race Kunming sont arrivés, se sont saisi de
la bombe et sont allés la jeter à l’abri rapidement.
Plus loin un trafiquant de drogue a caché sa marchandise dans un
sac en cuir, caché parmi sept autres sacs identiques. Un chien les
flaire et reconnaît tout de suite le sac.
En deux heures, les chiens de garde,
les chiens de ronde, les chiens enquêteurs, les chiens antidrogue,
bref en tout plus d’une dizaine de chiens spécialisés ont fait montre
de tous leurs talents : combat, poursuite, détection de bombe, recherche
d’individus…. soit plus d’une douzaine de tâches différentes sous
les applaudissements du public.
Les chiens de l’armée commencent
leur entraînement à l’âge de huit mois. Pour donner cette représentation,
les animaux ont dû subir un entraînement très sévère durant un an.
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Passage
d’obstacle.
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Corps
féminin de « maîtresses-chiens ».
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Une
vie de chien… de luxe
Après ce spectacle, nous avons
visité le chenil : des maisons de briques sont alignées, une
piscine, la clinique vétérinaire, la cantine et le terrain
de jeu forment un équipement très complet. Les chiens de l’armée
bénéficient d’un traitement de faveur ! En Chine, le taux
de mortalité parmi les chiens est de l’ordre de 30%. Ici,
il ne dépasse pas 5 %… Chaque chien a sa propre chambre, chauffée,
avec un sol en bois et un maître-chien pour une vingtaine
d’animaux environ. Une odeur d’eau de javel règne dans le
chenil. Les vitres sont impeccables, pas une trace de poussière
par terre : un service cinq étoiles.
C’est l’heure du déjeuner.
Un soldat, Chen Sanwa, s’approche avec un seau rempli d’aliments
pour chiens : du riz mélangé avec une poudre d’arêtes de poissons,
des épinards et du porc tout chaud. Dès que la nourriture
est servie, les chiens se précipitent pour manger goulûment.
J’ai essayé de servir à manger à un chien. Bizarrement, l’animal
n’a prêté aucune attention à sa ration. Le soldat arrive et
m’explique que je dois le laisser faire : « Nos chiens ont
reçu un entraînement spécial. Même affamés, ils ne mangeront
pas de la nourriture servie par un inconnu. » Duan Xiao, qui
nous sert de guide, nous explique aussi que la nourriture
des chiens est parfaitement équilibrée, avec des céréales,
du poisson, de la viande, des légumes, des œufs et des produits
laitiers. En tout, chaque chien coûte plus de 5 000 RMB en
frais de nourriture, logements, soins avant de pouvoir être
utilisé par l’armée.
Dans la niche N° 8, nous sommes
tombés par hasard sur un accouchement d’une femelle labrador.
Aidés par un vétérinaire et un maître-chien, huit chiots voient
rapidement le jour. La chienne est comme une reine, allongée
tranquillement tandis que le maître-chien et le vétérinaire
transpirent à grosses gouttes à côté…
Sorti du chenil, à proximité
d’une colline, des soldats et des chiens s’amusent ensembles.
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Couché
!
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Exercice
d’infiltration d’un camp ennemi.
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Conservatoire
des races
La base d’entraînement et
de reproduction canine est une sorte de grand centre de
rassemblement de races canines célèbres dans le monde entier.
Plus d’une vingtaine de races célèbres venues de Chine,
d’Allemagne, de Thaïlande, de Russie, d’Angleterre, du Japon,
d’Australie, du Danemark, des Pays-Bas, du Pakistan, etc.,
de différents pays, au pelage de différentes couleurs, aux
corps différents et aux caractères particuliers, se rencontrent
ici et continuent à se reproduire. De fait, le corps canin
de l’armée chinoise abrite la plus belle collection de races
de chiens de toute la Chine.
Les chiens de Kunming, appelés
également chien-loup chinois - même si, génétiquement, ils
n’ont rien à voir avec les loups - avec leurs oreilles fièrement
dressées font un excellent chien de garde. Les chiens du
Caucase (Russie), avec leur corps gros comme celui d’un
veau et un caractère très agressif, font également d’excellents
chiens de garde. Les rottweillers allemands, eux, ont un
corps noir, des pattes brunes et pas de queue. Leur maître
Meng Xiangping explique qu’en fait celle-ci a été coupée
quatre jours après la naissance afin que le chien soit plus
fort et plus rapide. Cette race est surtout utilisée pour
les rondes.
Par ailleurs, le centre joue
également le rôle de conservatoire des espèces canines chinoises
abritant des représentants d’espèces rares comme le Qiwawa
par exemple, ces chiens de luxe n’ayant évidemment pas vocation
à servir dans l’armée.
L’adjoint au chef du centre,
Fu Jingchun, explique que « nous avons introduit les meilleures
espèces canines au monde en provenance d’Allemagne, Thaïlande,
Russie, etc. Nous sommes une base de reproduction. Les descendants
de ces chiens seront envoyés dans les différents régiments
de l’armée. Nous fournissons également à la police des chiens
d’excellente qualité. »
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