2002.09

Peuple chinois

 

Le mariage des Kazakhs

Texte de Wang Juan
Photos de Gao Xu, Zou Yi



A cheval à la rencontre de la mariée.
L’escorte d’accueil de la mariée et celle d’envoi de la mariée, qui se sont rencontrées à mi-chemin.

    La coutume de mariage des Kazakhs a été formée dans l’environnement spécifique du peuple nomade et gardant la tradition matrimoniale de l’ancienne ethnie Tujue.
    Les Kazakhs sont monogames, mais dans l’histoire, la polygamie exista chez les Kazakhs², surtout les nobles et les riches. Le marchandage matrimonial était monnaie courante, on attachait de l’importance au rang social d’une famille et aux cadeaux de fiançailles. Les riches pouvaient donner une centaine de chameaux, équivalant à 500 chevaux ou 1 000 moutons ; les pauvres ne donnaient seulement que de petits cadeaux et quelques habits, donc l’échange du mariage entre les familles pauvres étaient peu à peu devenu une coutume. Les Kazakhs ne se mariaient qu’une seule fois dans toute la vie et il est interdit de divorcer. Après avoir perdu son mari, le fait que la femme ne se remarie plus était très respecté.
    Les Kazakhs pouvaient se marier avec les membres d'autres ethnies, mais ils n’étaient pas autorisés à se marier avec une personne du même clan. S’ils tenaient malgré tout à cette union, il fallait ne pas avoir de lien de parenté et demander l’autorisation du chef du clan. Même s’ils n’étaient pas de même mère et de même père, s’ils avaient tété le lait de la même femme, ils étaient considérés comme frère et sœur de sang…
    Cependant, avec l’introduction de la civilisation moderne, les coutumes matrimoniales des Kazakhs ont évolué, s'enrichissant de nouveaux contenus. Ainsi, aujourd’hui, les jeunes hommes et jeunes femmes font souvent connaissance par le travail. A mesure que la relation s'approfondit, viennent s'ajouter des jeux amoureux comme la ‘‘poursuite par des jeunes filles’’. Ainsi, le jeune couple amoureux peut partir à cheval trouver dans un lieu tranquille sur la steppe où ils planteront, en les croisant leurs deux fouets très en vue, transformant ce carré de ‘‘Eden’’ de ces deux amoureux.. A la vue de ce signe, les passants font un détour et les bénissent.

Après la rencontre des deux escortes, la mariée a changé de cheval, chevauchant un appartenant à la famille du fiancé.
La mariée arrivée devant la maison de son fiancé.

    Les Kazakhs attachent de l’importance au mariage de leurs descendants et les parents effectuent généralement une enquête, faisant passer des épreuves aux jeunes amoureux. Ce n'est qu'une fois leur approbation obtenue que la date des fiançailles peut alors être fixée, première des trois étapes menant au mariage.
    Les parents des deux parties interviennent d’abord dans les affaires de fiançailles. Après avoir bien négocié le mariage, ils décident un jour favorable pour organiser la cérémonie de fiançailles qui a lieu dans la famille de la fiancée. La famille du fiancé prépare alors du thé, du sucre, de la viande, de l’alcool et donne une partie de cadeaux tandis que la famille de la fiancée se charge du banquet en l’honneur des invités. La cérémonie en elle-même permet aux deux parties de discuter des présents aux parents de la fiancée et ces derniers profitent de l’occasion pour annoncer aux voisins et aux parents les fiançailles de leur fille. Après les fiançailles, la famille du fiancé commence à préparer officiellement les cadeaux de fiançailles en fonction de sa situation économique.
    Pour la noce, la cérémonie de départ a lieu dans la famille de la fiancée et celle d’accueil, chez le fiancé. Le mariage Kazakh a l'originalité de se dérouler en chansons que les mariés improvisent avec leurs garçons et demoiselles d’honneur.
    Escorté par les garçons d’honneur, le marié, habillé avec soin, va à cheval à la rencontre de la mariée chez elle en chantant une chanson, prélude à la noce.
    En entendant la chanson, les demoiselles d’honneur poussent la mariée, qui commence à ‘‘pleurer’’, dans une tenture de lit et couvrent sa tête avec un carré d’étoffe rouge. Les demoiselles d’honneur qui portent aussi le carré d’étoffe rouge sur la tête, s’assoient sur le tapis de feutre en couleur autour de lit afin de se préparer à accepter le défi de l’escorte d’accueil de la mariée.
    A l’arrivée du marié et de ses garçons d’honneur devant la tente de la mariée, l’hôtesse de la famille soulève tout de suite le rideau de la yourte tandis que les garçons d’honneur chantent à cœur joie contre la tenture de lit et que les personnes âgées qui sont autour de la yourte chantent aussi : ‘‘Belle fille ne pleure pas, tu dois te marier avec joie…’’

Le maître de cérémonie chantant.
La mariée dans la yourte de la famille de son mari.

    Garçons et demoiselles d’honneur chantent alors alternativement.
    Ensuite, c’est au tour de la mariée d'interpréter la chanson intitulée Adieu dans laquelle elle exprime son amour pour ses parents, ses frères et sœurs et l’aspiration à la vie de mariage.
    A la fin, accompagnée de deux jeunes femmes, la mariée s’incline en pleurant devant son père, sa mère, ses frères et sœurs. Ces derniers l’aident à monter à cheval et la conduisent jusqu’à la maison de son fiancé.
    A l’arrivée de l’escorte devant la maison, la mariée descend de cheval, soutenue par quelques tantes respectables. La cérémonie de mariage peut alors officiellement commencer.
    Le maître de cérémonie, le poignet enroulé de bandes d’étoffe multicolores, tient à la main un fouet de couleur qu'il fait tourner devant la mariée en improvisant une chanson. Une vieille dame porte en souriant à la main une grande assiette de bonbons et les jette vers les jeunes mariés. Les adultes rirent tandis que les enfants ramassent avec joie les bonbons par terre… Le maître de cérémonie chante la chanson en levant avec le fouet le voile de la mariée qui s’incline alors devant son beau-père et sa belle-mère. La cérémonie de mariage touche alors à sa fin : les jeunes époux peuvent commencer leur nouvelle vie…

Les jeunes mariés offrant un festin de noce en l’honneur des invités dans la yourte.
Le fiancé porte un bol du lait au beurre à sa mariée pour lui exprimer la sincérité de son amour.