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Après
quelques jours passés à Shanghai, je me suis fatigué de l’animation
des rues et du confort de la vie dans la grande métropole de l’Orient.
Un ami me proposa alors d’aller apprécier les paysages champêtres
du pays de l’eau aux environs afin de me permettre une détente totale.
Nous décidâmes d’aller le lendemain au vieux bourg Zhujiajiao dans
l’arrondissement de Qingpu.
Notre voiture roulait vers le sud-ouest.
Chemin faisant, les bâtiments devenaient peu à peu moins élevés
et plus clairsemés et les champs de plus en plus étendus. Une odeur
d’herbe montait au nez. Après une quarantaine de kilomètres, nous
débouchâmes sur une petite rivière. Les berges étaient verdoyantes
et les eaux claires. En suivant la route longeant les méandres du
cours d’eau, nous pénétrâmes dans un petit bourg aux maisons aux
murs blancs et aux tuiles grises. « Nous voilà dans le Bourg de
Zhujiajiao. » m’annon’a mon ami.
Comme les autres anciens bourgs du pays de l’eau au sud du Yangtsé,
ce qui nous impressionna dès le premier abord à Zhujiajiao, ce furent
les rivières et les petits ponts. Nous m»mes d’abord le pied sur
le pont du Relâchement des êtres vivants, le plus connu dans le
bourg. Sous le soleil matinal, ce pont évoquait un arc-en-ciel enjambant
la rivière et se détachait sur un fond de murs blancs et de tuiles
grises. Autrefois, un vieux temple se trouvait près de ce pont.
Après avoir offert de l’encens au Bouddha et fait des prières, les
bonnes âmes venaient sur ce pont pour relâcher des poissons et des
tortues dans l’eau, ce qui serait l’origine de son nom. Aujourd’hui,
le temple n’existe plus et deux vieux Ginkgos poussent avec exubérance
à son emplacement.
Près du pont, une galerie en bois abrite des tables carrées autour
desquelles des gens prenaient le petit déjeuner. Nous nous installâmes
autour d’une table et commandâmes deux bols de bouillon de poulet
aux petits raviolis, des boulettes de riz glutineux fourrées de
légumes, des galettes au sésame, etc. Nous mangeâmes avec appétit
et il semblait que ces délicieuses spécialités ne sauraient satisfaire
encore notre gourmandise. Le marché matinal à l’extrémité du pont
restait animé. Les marchands portaient à la palanche deux paniers
en bambou de légumes frais et des clients marchandaient avec les
colporteurs dans un dialecte doux. Nos visages étaient caressés
par une brise qui sentait le poisson et la terre. J’avais alors
l’impression que je me fondais dans une superbe peinture illustrant
la vie des habitants du pays de l’eau au sud du Yangtsé et la douceur
envahit rapidement mon càur.
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Bureau
de poste datant de 1903.
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La
mise des lampions sur l’eau est un des us et coutumes de la
région.
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Les
haricots fumés, une des spécialités de Zhujiajiao.
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Après
le petit déjeuner, nous commen’âmes à flâner dans le bourg.
Cette petite ville est divisée par les rivières et les communications
par voie fluviale sont très aisées. Sous les Song et les Yuan,
des foires s’y tenaient et le commerce était prospère. Sous
les Ming et les Qing, Zhujiajiao devint une ville importante
au sud du Yangtsé. Ses maisons furent construites pour la
plupart sous ces deux dynasties. L’ameublement de ces vieilles
demeures est élégant et d’une simplicité antique, tandis que
leurs murs et fenêtres sont ornés de fines sculptures. Il
est tout à fait possible que ces vieux murs aient un jour
abrité un candidat re’u au dernier examen impérial ou à ceux
à l’échelon de la province ou encore un érudit du temps moderne.
La grande tradition culturelle se maintient en effet de génération
en génération à Zhujiajiao.
Les rues de Zhujiajiao ont gardé leur aspect original. Les
dalles de granit sont lustrées. Les petites maisons à étage
flanquant les ruelles voient leur auvents presque reliés les
uns aux autres. Quand on regarde vers le haut au milieu d’une
rue, on n’entrevoit le ciel que par une fente étroite. Des
deux côtés, les boutiques sont contiguës. Les habitants nous
regardaient en souriant, mais ne criaient pas pour nous attirer.
Très souvent, les maisons du bourg Zhujiajiao donnent sur
la rue d’un côté et surplombent la berge d’une rivière de
l’autre. Cette situation est très pratique tant pour faire
les achats que la lessive. On compte 36 ponts anciens à Zhujiajiao
mais nous n’en traversâmes qu’une petite partie. Il semble
que chaque pont ait sa propre particularité. Quand nous regardions
les reflets des vieilles maisons dans l’eau, des femmes âgées
courbées, un panier à la main, passer devant nous et un bateau
venir tout doucement vers nous, il me semblait que le temps
remontait les siècles et je me sentais bien. Le charme du
bourg Zhujiajiao a déjà été immortalisé par les photographes
et les peintres. Ces dernières années, il attire également
les regards des metteurs en scènes. Jusqu’à maintenant, une
soixantaine de films et de téléfilms y ont été tournés, ce
qui lui vaut les autres noms de « Hollywood de Shanghai »
et de « Studio de prise de vues naturel ».
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Pharmacie
d’herbes médicinales existant depuis un siècle.
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Course
des bateaux-dragons.
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