|
|
|
|
Le
travail de Paul Saint est entravé par la barrière
de la langue, mais son enseignement à l’Américaine
anime la classe.
|
Un
cours de sport dans la prairie.
|
|
Le
pensionnat des nationalités Jiayi du canton de Daotanghe du district
de Gonghe du département autonome tibétain de Hainan de la province
du Qinghai est situé sur la rive sud du lac Qinghai. La centaine
d’élèves de cette école parlent couramment anglais, tandis que son
directeur parle bien tibétain. Il s’est donné un nom tibétain :
Gazang Duojie.
Deux
professeurs étrangers enseignent à cette école. L’un est le Norvégien
Karl et l’autre l’Américain Paul Saint.
Bien
que le pensionnat se situe au fin fond d’une prairie, on voit de
loin son drapeau rouge à cinq étoiles flottant au gré du vent. Il
possède un bâtiment scolaire à étage, deux maisons de plein pied
et un terrain de sports occupant la moitié de la surface de l’école.
A notre arrivée, le directeur Karl donnait un cours de géographie
aux élèves de 4e année en parlant couramment un tibétain pur et
en montrant un globe terrestre. Un de ses collègues, le professeur
Zhaxijia nous révèle que Karl ne pouvait prononcer un seul mot tibétain
quand il est arrivé à l’école il y a 5 ans. Mais il est doué pour
apprendre les langues : en moins de deux ans, il était déjà en mesure
d’enseigner en tibétain.
Pourtant,
Karl se heurte à des difficultés pour parler chinois. Agé de 36
ans, il reste célibataire. Il y a 10 ans, il est venu pour la première
fois en Chine et a voyagé dans le Sichuan et d’autres régions. En
1995, il est arrivé dans la province du Qinghai, en Chine de l’Ouest.
Il a été fasciné par la beauté de la culture tibétaine. L’idée lui
est venue d’y rester alors qu’il se trouvait sur le plateau du Qinghai-Tibet
considéré comme le troisième pôle de notre planète. Sous un ciel
d’azur paré parfois de nuages blancs et découpé par les montagnes
enneigées et les prairies, ce plateau est pour lui un endroit de
rêve. Mais, la raison la plus forte, c’est qu’il pensait que les
enfants tibétains de cette région avaient besoin de son aide.
L’enseignement
d’une langue étrangère dans un pâturage à 3 600 m d’altitude représente
une initiative originale dans l’éducation des minorités ethniques
au Qinghai. Karl estime que le mérite en revient à une jeune fille
américaine, Nimacuo, arrivée la première dans la région. Elle y
travailla pendant trois ans et jetant une solide base pour l’enseignement
des langues étrangères.
|
|

|
|
|
|
Les
bergers de la steppe considèrent déjà Karl et Paul
Saint comme les leurs.
|
Après
les cours.
|
Karl
admire le ciel d’azur et les nuages blancs sur le
plateau Qinghai-Tibet, mais il aime davantage les
enfants de la région.
|
En
qualité d’enseignant, Karl touche un salaire de 500 yuans
RMB alors qu’en Norvège, il gagnerait l’équivalent de 20
000 yuans. « En Norvège, les gens comme moi sont partout,
explique-t-il, un de plus ou de moins, peu importe. Mais
dans le Qinghai, en Chine, les gens comme moi sont rares.
Les enfants de cette région ont besoin de moi et moi aussi,
je les aime. »
«
Karl est un ami méritant que nous ne pourrons jamais oublier,
nous affirme le professeur Zhaxijia, grâce à ses efforts,
l’idéologie des habitants locaux qui ne veulent pas envoyer
leurs enfants à l’école a beaucoup évolué. Les élèves des
écoles secondaires issus du pensionnat représentent l’élite
en langue étrangère des différentes classes. » Par ailleurs,
Karl a pris l’initiative de réunir par tous les moyens des
fonds pour construire le premier bâtiment d’enseignement
de l’école. Quelques jours avant notre arrivée, il avait
même payé les 6 500 yuans de frais de scolarité des 21 élèves
qui envisageaient d’interrompre leurs études pour cause
de la pauvreté de leur famille. « La présence de ces 21
enfants autour de moi, a-t-il déclaré, c’est ma plus grande
source de joie. Cet argent ne compte pas. »
A
côté de Karl, célibataire, Paul Saint, 50 ans, est là avec
toute sa famille. Il est arrivé à l’école l’année dernière
et, plus tard, il a fait venir son épouse et leurs 3 enfants.
« Comme ça, je peux mieux travailler ici et vivre ensemble
permet à nos enfants de s’aguerrir également. »
A
l’arrivée de Karl, on voyait encore beaucoup de tentes dans
la région. Maintenant, elles ont cédé pour l’essentiel leur
place aux maisons en briques. Karl nous a révélé qu’il veut
y rester pour quelques années encore, mais il est difficile
en ce moment de prévoir la durée exacte de son séjour. S’il
pouvait se marier avec une jeune fille tibétaine, il s’installerait
dans cette région.
Au
moment de notre départ, le professeur Zhajiaxi nous a dit
que les autres enseignants du pensionnat apprenaient l’anglais
auprès ces deux professeurs étrangers. Ils souhaitent unanimement
faire du pensionnat Jiayi la meilleure école pour l’enseignement
des langues étrangères dans la steppe.
|
|
|
|
Karl
et Paul Saint apprenant aux enfants à parler anglais
par le jeu.
|
Cours
de géographie.
|
|
|