2003.02

Vie sociale

 

La danse Nuo

Texte et photographies de Li Yuncheng.



Les acteurs prêts pour le spectacle.
Une troupe locale.

Les principaux personnages de la danse Nuo portent des masques de bois très expressifs, aux couleurs éclatantes, représentant le folklore du bassin du Fleuve Jaune. Aujourd’hui la danse Nuo prévaut toujours dans de nombreuses provinces chinoises comme le Jiangxi, le Hunan, le Hubei, le Guizhou, l’Anhui, le Shandong et le Hebei.
    La danse Nuo, appelée également «sacrifice» ou «cérémonie» Nuo, était à l’origine un rite de magie et de sacrifice ayant pour but d’exorciser les mauvais esprits. Le mot Nuo rappelle les cris des villageois criant pour les faire fuir. Ces cérémonies ont eu lieu sous la dynastie Shang (XVIe - XVIIe siècle avant J.-C.) puis la dynastie Zhou (XIe - III e siècle avant J.-C.), comme en témoignent des inscriptions retrouvées sur des os et des carapaces de tortues. Le nombre de participants n’a cessé de croître au fil des ans, donnant lieu à des cérémonies de plus en plus grandioses à la cour impériale comme dans les campagnes. Mais au fur et à mesure, les cérémonies Nuo ont perdu leur caractère rituel et se sont inscrites dans le folklore chinois, se transformant graduellement en de simple danses.     La capture du Diable Jaune est une danse Nuo effectuée dans le district de Wu’an, proche de la ville de Handan (province du Hebei). Les habitants du village de Guyi réalisent cette danse pendant le Festival des Lanternes, le 15e jour du premier mois lunaire de chaque année. Ils dressent temporairement une estrade et montent un décor donnant un air festif à leur petit village. La nuit précédant la danse, un acteur amateur mais expérimenté se déguise en Diable Jaune et vient hanter le village. Les villageois armés de bâtons et de couteaux chassent le diable jusqu’à ce que celui-ci soit capturé le lendemain matin. Le spectacle commence lorsque des cavaliers arrivent, suivis d’une centaine de personnes. Brandissant des bannières et des drapeaux sous le son des gongs, ils parcourent ensemble tout le village tandis que des coup de feu annoncent l’arrivée de la procession. Le Diable Jaune est alors enchaîné et conduit par l’Esprit Supérieur et l’Esprit Inférieur à travers les rues.     Après un jugement présidé par le Roi et les Instances de Justice de l’Enfer, le diable est condamné à mort et exécuté aussitôt.
    La danse du Diable Jaune, accompagnée d’opéras, d’arts martiaux et de la danse du lion, nécessite la participation de 600 acteurs et plus de 50 chevaux. Le Diable Jaune représente les mauvaises personnes qui désobéissent à leurs parents ou maltraitent les plus faibles. Le châtiment du Diable Jaune incite les gens à respecter les personnes âgées et à protéger les plus jeunes. Ils pourront ainsi bénéficier d’un climat favorable pour les récoltes, d’une famille vivant en harmonie et d’un monde pacifique.

Les acteurs portent des masques aux couleurs éclatantes.
Une procession dans les rues d’un village.
Le Diable Jaune enchaîné.
Un éclaireur.