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Exclusif
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Chongqing,
la nuit.
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La
vie nocturne des personnes âgées dans la province du Sichuan
et à Wuhan dans le Hubei inclut opéras locaux et jeux d’échecs.
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«A
quelle heure rentrez-vous ce soir ?»
Le nouveau terme des «25 heures»
paraît avoir remplacé le vieux terme de "vie nocturne" au
sein de la jeune génération chinoise qui habite dans les
grandes municipalités. Il y a encore cinq ans, la vie nocturne
n’existait pas à proprement parler et la soirée d'un Chinois
était relativement simple. Bien qu’ils n’aient pas à se
lever pour aller au travail les jeunes étaient très calme
et casaniers. Après avoir dîner avec la famille, ils regardaient
la télévision et allaient se coucher avant minuit.
Aujourd'hui, de plus en plus de
citadins refusent d’avoir une soirée ennuyeuse et la nuit
appartient à ceux qui refusent la solitude. Après le travail,
les gens passent leur temps libre dans les bars, les lieux
de divertissement et les cafés Internet et appellent ces
heures passées loin du bureau ou de la maison les «25 heures
».
«A quelle heure rentrez-vous ce
soir ?» est le thème d'un questionnaire proposé par un magazine
populaire en 2002. La réponse des cols blancs, dans huit
métropoles incluant Beijing, Shanghai et Guangzhou, montre
qu’aller au restaurant ou dans un bar après le travail est
devenu très commun. Ils ne reviennent pas avant minuit et
aiment s’amuser toute la nuit pendant les week-ends.
Une autre étude menée en 2002 par
le Bureau d’Etat des statistiques dans les 10 plus grandes
municipalités a également illustré ce phénomène. La nuit
permet réellement de se libérer du stress accumulé pendant
la journée. Les villes ont désormais deux visages : la journée
est le règne des passants affairés et des véhicules tandis
que la nuit laisse place à l’amusement et aux lumières des
lanternes et des néons. Pendant les heures de travail, les
gens sont sous tension permanente et vivent au rythme effréné
du monde des affaires, mais la nuit venue, ils se sentent
soudain plus détendus.
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Jeunes
de Guangzhou.
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Un
restaurant élégant à la mode.
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Le
monde de la nuit
La
comparaison entre la vie nocturne des années 80 et celle
d’aujourd’hui illustre les changements radicaux qui s’opèrent
actuellement dans la société chinoise.
18H00
Beijing,
1980. Les collégiens ne peuvent aller nulle part pour
se divertir et les classes et les bibliothèques d'écoles
sont bondées d’étudiants car cela fait quatre ans que
la Chine a repris son système d'examen d’entrée à un établissement
d’enseignement supérieur. Aussi, les étudiants n’ont qu’une
seule chose en tête : étudier sans relâche pour pouvoir
un jour « grimper le sommet de la science». Leurs parents,
qui sont pour la plupart ouvriers ou employés de bureau,
ne ménagent pas non plus leurs efforts pour essayer d’améliorer
leur niveau d'éducation en étudiant. Toute la Chine a
une seule et même idée en tête : ouvrir le pays au reste
du monde et étudier pour contribuer à la modernisation
de la patrie.
Guangzhou,
2002. Après ses heures de travail, la jeune Milly utilise
son temps libre pour étudier l’informatique, la comptabilité
et l’anglais. Etudiante en second cycle, elle prépare
l’examen de Maîtrise de gestion.
19H00
Il
y a 50 ans, la ville était déjà endormie mais dans les
années 1980, après avoir quitté la table du dîner, les
gens regardaient les nouvelles du soir sur CCTV.
Aujourd'hui,
le dîner commence une heure plus tard et le journal télévisé
de 20H00 diffusé sur CCTV attire de plus en plus de spectateurs.
Les programmes du soir ont été adaptés au nouveau rythme
de vie des citadins.
21H00
1980.
Les collégiens se dépêchent de finir leurs devoirs pour
pouvoir regarder des séries télévisées. Seules quelques
maisons possèdent un poste de télévision, pour la plupart
en noir et blanc, et le partagent généreusement avec leurs
voisins. Une douzaine de spectateurs contemplent alors
la télévision 14" et refusent de partir jusqu'à ce que
le propriétaire l'éteigne. Les plus âgés, eux, sont passionnés
de danse. Les bureaux et salles à manger se transforment
en salon de danse tandis qu’un magnétophone démodé, le
plus souvent emprunté à un ami, diffuse une musique entraînante.
2002.
Mlle Wang, dessinatrice artistique, vient de terminer
son travail et donne rendez-vous à ses amis dans un bar.
Sa nuit commence tout juste. Elle aime aller se délasser
après le travail dans un centre de remise en forme ou
aller se défouler dans une discothèque.
Minuit
1990.
La popularisation de l'Internet a provoqué de grands changements
dans la vie de certains citoyens. Les passionnés d’informatique
qui passent des nuits blanches à surfer sur le web sont
appelés les «hiboux de la nuit».
2002.
Les résidents des grandes métropoles telles que Beijing,
Shanghai et Guangzhou apprécient les services de plus
en plus qualitatifs comme les centres commerciaux, ATM,
pharmacies et services de communication ouverts 24H/24.

Guangzhou
est mondialement réputée pour sa nourriture. Les
locaux passent de nombreuses heures dans les restaurants
où ils font également affaires.
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La
vie nocturne de Beijing, Shanghai et Guangzhou
La
politique de réforme et d’ouverture de la Chine
sur l’extérieur a engendré la modernisation progressive
des villes. L’apparition d’une vraie vie nocturne
en est le premier changement notoire comme en témoignent
les scènes de nuit à Beijing en Chine du Nord, Shanghai
en Chine centrale ou Guangzhou en Chine du Sud.
Les
activités diffèrent en fonction des emplacements
géographiques et du rythme de vie de chaque ville.
Beijing
Les
Pékinois passent habituellement leurs nuits dans
les bars, les centres de remise en forme, les concerts,
les écoles du soir ou encore les cafés Internet.
Les
lampadaires et néons éclairent toutes les devantures
des magasins tandis que la circulation est encore
dense et que les piétons sont encore nombreux dans
les rues. Puis, les lieux nocturnes s’animent peu
à peu : restaurants, théâtres, centres de mise en
forme, épiceries, bars, cafés Internet, cafés, maisons
de thé et salons de karaoké...
Les
visiteurs étrangers se rendent souvent aux endroits
comme l’avenue Chang'an, la rue Wangfujing et le
centre culturel de Xidan. Les bars sont essentiellement
localisés à Sanlitun dans l’arrondissement Chaoyang
et le long de la rue Guanghua où se trouvent la
plupart des ambassades étrangères. De nombreux restaurants
japonais et coréens et bars en tous genres sont
situés près du Centre Lufthansa de Beijing sur le
troisième périphérique est.
Beijing
est sans conteste la ville leader en terme d'activités
culturelles nocturnes. On peut y apprécier le talent
de musiciens, orchestres et chanteurs venus du monde
entier, y voir des films chinois et étrangers célèbres
et assister à des opéras, des concerts ainsi que
des compétitions sportives en tous genres.
Les
cafés littéraires sont aujourd’hui très en vogue
parmi les cols blancs : on peut y déguster une tasse
de café et dévorer quelques bons livres, dans un
décor souvent simple mais élégant sur un fond musical
de blues ou de jazz. La plupart des clients sont
âgés de 25 à 35 ans et suivent la mode de près.
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Shanghai
Le
Bund est sans aucun doute la meilleure place pour apprécier
la vie nocturne de Shanghai qui serait bien morne sans
l’ouverture nocturne des magasins. La ligne de métro No1
relie trois grandes avenues commerciales, Huaihai, Xujiahui
et l’avenue piétonne Nanjing, offrant de nombreuses commodités
pour les consommateurs nocturnes. Xujiahui est particulièrement
attirante pour les jeunes femmes qui aiment comparer les
marchandises et les prix dans différents centres commerciaux
tels que le grand magasin No 6 de Shanghai, Huijin, le
Bâtiment commercial d’Orient et la place Ganghui, tous
positionnés les uns à côté des autres.
La
vie nocturne de Shanghai est également rythmée par les
nombreux cafés de la ville. Le premier bar a ouvert sur
l’avenue Hengshan, suivi par les maisons de thé et les
coffee-shops comme Hongfan, Fulu, Suolie et Hanshe aux
styles très variés.
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Beijing
à la tombée de la nuit.
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Guangzhou
La
vie nocturne de Guangzhou a largement été influencée par
celle de Hongkong en raison de sa proximité géographique.
Saunas, massages de pieds et restaurants cantonais représentent
les activités nocturnes principales des habitants de Guangzhou.
La ville, placée au premier rang de la réforme de la Chine,
a attiré des gens talentueux et hommes d'affaires chinois
et étrangers. Pour assurer leur divertissement, de nombreux
bars et restaurants occidentaux ont été ouverts dans les
hôtels luxueux ainsi que sur l’avenue est Huanshi et l’avenue
Taojin.
Pour
les Cantonais, la soirée commence à minuit. Le développement
économique local et le changement du rythme de vie nécessitent
des services (banques, centres de lavage de voitures,
télécommunications, etc.) ouverts de plus en plus tardivement
en soirée.
Alors
que la nuit tombe et que les magasins sont fermés, le
quartier Shipaidong est encore très animé. On peut s’y
restaurer à moindre coût auprès des petits étals qui bordent
la route et y déguster des mets également servis dans
les restaurants luxueux. La nourriture de Guangzhou est
très parfumée et l’on peut trouver partout dans la ville
des restaurants offrant des spécialités régionales.
Des styles variés
La
décoration des bars de Beijing est très variée mais souvent
d’influence occidentale ou japonaise. Certains d’entre
eux sont des bars à thème comme le cinéma, l’opéra, la
photo ou l’automobile. Les bars de Shanghai, eux, sont
chics et élégants et rappellent l’atmosphère du vieux
Shanghai des années1930. Ceux de Guangzhou sont plus pratiques
et ouverts en plein air quand le temps s’y prête. Les
gens viennent y travailler ou s’y amuser entre amis.
Les rebondissements économiques
La
vie nocturne de ces trois métropoles est très différente,
tout comme les rebondissements économiques qui y sont
liés.
Les
Shanghaïens se sont très vite aperçus que la vie nocturne
était un marché très porteur pour l’économie locale comme
le prouve la mise en place de la ligne de métro No 1 qui
relie les trois principales rues commerçantes. Aujourd’hui
le nombre de clients qui fréquentent les magasins de l’avenue
Nanjing en soirée s’élève à 1 million et la moitié du
chiffre d’affaires quotidien des grands magasins de la
ville est réalisée après 18H00. On ne sait précisément
combien un Shanghaïen dépense pour ses activités nocturnes
mais le divertissement nocturne est assurément un marché
juteux.
Il
y a encore deux ans, beaucoup de magasins fermaient à
21H30 mais depuis l’année dernière, les commerçants ont
modifié leurs horaires : «Si le commerce ne le nécessite
pas, rien ne sert d’ouvrir tôt le matin. En revanche,
il est indispensable de fermer tard le soir si cela permet
de faire des affaires». C’est pourquoi, de nombreux magasins
ne ferment pas avant minuit pendant le week-end.
On
observe le même phénomène à Guangzhou. Malgré la fatigue
d’une journée de travail, les Cantonais aiment sortir
un peu le soir avant d’aller se coucher. Aujourd’hui les
loteries nocturnes de Guangzhou sont envahies de joueurs
pour le plus grand bonheur des propriétaires des lieux.
La
vie nocturne dans les grandes villes chinoises fait aujourd’hui
partie intégrante de la vie sociale et culturelle des
citadins. Ce changement de rythme de vie a développé une
véritable industrie culturelle qui reflète la hausse du
niveau de vie des Chinois et marque une nouvelle étape
dans le développement économique et social de la Chine.
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