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Aujourd’hui
sous la protection de l'Etat, la gazelle est un animal ongulé typique
des milieux désertiques.
Les gazelles habitent principalement les
déserts situés au sud et au nord des monts Tianshan dans la région
autonome ouïgoure du Xinjiang.
Dans
les années 1950, on comptait plus de 450 000 gazelles dans le Xinjiang,
mais ce nombre a rapidement diminué car les autochtones tuaient
les animaux pour se nourrir. Depuis la mise en place d’une loi sur
la protection de la faune, le 1er mars 1989, les locaux ont pris
conscience du besoin de protéger l'environnement et restreint la
chasse à la gazelle. Aujourd'hui, on dénombre approximativement
50 000 gazelles dans le Xinjiang.
Ces
animaux possèdent une ouïe et un sens olfactif hors du commun et
peuvent courir à une vitesse de 80 km/heure, ce qui rend leur approche
très difficile. Depuis 1996, j’ai pris de nombreuses photos de ces
gazelles pour illustrer le calme de la vie sauvage. Bien que la
course effrénée d’une gazelle sauvage soit des plus photogéniques,
je m’interdis de faire des safaris photos en voiture et de déranger
les animaux dans leur habitat naturel. J’espère ainsi faire comprendre
au public l'importance de préserver la faune dans son environnement
naturel avant qu’il ne soit trop tard.
En
octobre 1999, j'ai effectué avec des amis mon treizième voyage à
la montagne Kalamaili située à 350 km d'Urumqi, capitale de la région
autonome ouïgoure du Xinjiang. Après plusieurs jours de recherches,
nous avons trouvé dans le désert la piste d’animaux auprès d’un
étang de 100 m de long et 50 m de large. Des loups, des renards,
des ânes sauvages, des gazelles ainsi que divers oiseaux avaient
laissé de nombreuses empreintes sur les rives de l'étang. Alimenté
par la neige fondue et l’eau de pluie, ce point d’eau représente
une source précieuse pour les animaux qui vivent au centre du désert
et qui viennent s’y abreuver.
Nous
avons décidé de camper à deux kilomètres de l'étang afin de ne pas
déranger cette faune. L’automne
touchait à sa fin et un vent froid soufflait dans le désert. Emmitouflés
dans des pardessus de coton-rembourré, nous avons dormi à la belle
étoile, jouissant de l’odeur parfumée des herbes et des étoiles
brillant dans la nuit, enthousiasmés par la sérénité de ce lieu.
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Une
mère et ses petits.
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Deux
familles de gazelles.
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A
l’aube, nous nous sommes rendus non loin de l'étang et nous sommes
cachés dans un bosquet de saules rouges, également appelé tamaris
chinois. Les hennissements des ânes sauvages ont soudain brisé le
silence du désert et les oiseaux ont commencé à chanter. Lorsque
le brouillard s’est dissipé, nous avons pu contempler le spectacle
de plusieurs ânes sauvages et de gazelles venus s’abreuver auprès
de l’étang mais les animaux étaient encore un peu loin pour prendre
des photos. Espérant
que les animaux finiraient par se rapprocher du bosquet, nous sommes
restés allongés dans notre cachette jusqu’à la tombée de la nuit,
puis sommes revenus à notre campement dans un état d'épuisement
complet.
Je
n’ai pas pu dormir de la nuit cherchant un moyen efficace d’approcher
de plus près les gazelles sans toutefois les déranger. J’ai finalement
eu l'idée de creuser un trou auprès de l’étang et ai mis mon plan
à exécution dès le lendemain. Au petit matin, j'ai marché seul vers
l'étang muni du matériel adéquat : une bêche, de l’eau potable,
de la nourriture, un drap imperméable et du matériel photographique.
Après avoir choisi l’emplacement idéal, j’ai creusé sur la rive
un trou d’1 m de long, 80 cm de large et 60 cm de profondeur afin
de me protéger contre le vent froid. J'ai tapissé le fond humide
de ma nouvelle cachette avec le drap imperméable puis camouflé le
tout avec des branches d’arbres mortes et des herbes. Une fois le
matériel photo installé, je n’avais plus qu’à attendre la venue
des gazelles sauvages.
A
10 heures du matin, un troupeau de vingt gazelles est finalement
apparu, descendant nonchalamment de la colline. A travers le viseur
de mon appareil photo, je les ai vus paître l’herbe et s’amuser
les unes avec les autres, des coqs de bruyère volant au-dessus de
leurs têtes et ai eu soudain l’impression d’être dans la savane
africaine.
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Un
mâle dans une position héroïque.
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Une
gazelle enceinte.
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Le
6 août 2002, je suis à nouveau retourné à la montagne Kalamaili
photographier des gazelles en compagnie de Meng Xianxin, cameraman
professionnel. Nous avons souvent fait équipe ensemble pour
photographier les déserts situés au nord et au sud des monts
Tianshan.
Nous
sommes arrivés au matin du 12 août sur la rive d'un étang.
Meng a passé plus d’une heure à rassembler les branches d’arbres
et installer une cachette stratégique pour filmer les ânes
sauvages. Caché un peu plus loin dans un bosquet, j’attendais
quant à moi les gazelles. Nous avions décidé de rester là
de 8 h 00 du matin à 20 h 00 et de ne pas en sortir afin de
ne pas apeurer la faune et de manquer une bonne photo.
La
température s’élevait à environ 50oC et nous devions boire
beaucoup d'eau pour ne pas nous déshydrater et souffrions
des insectes qui venaient sans cesse voltiger autour de nos
visages ruisselants de transpiration. Enfin, après trois heures
d’attente, une gazelle femelle et ses deux petits se sont
avancés vers moi. A travers mon viseur, je pouvais voir leurs
cils et les veines de leurs jambes. Au déclic de l’appareil-photo,
la mère a pris fuite alors que ses petits apeurés regardaient
craintivement la lentille. Puis j'ai eu la chance d’apercevoir
une gazelle mâle. Au bruit de mon sifflement, l’animal cornu
s’est arrêté brusquement et a levé majestueusement sa tête
d’un air arrogant mais d’une admirable beauté…
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Les
animaux s’abreuvent auprès du lac.
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Intimité.
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