|
Vie sociale
|
Alors
qu’aux lueurs de l’aube, la ville se réveille doucement,
l’Equipe acrobatique de la Troupe des spectacles folkloriques
du Zhejiang a déjà commencé une journée d’entraînement
intensif. Selon un proverbe chinois, une performance
acrobatique d'une minute équivaut à dix années d’efforts
assidus et résulte de milliers d'heures d'exercices.
L'histoire de l’acrobatie
chinoise remonte à plus de 2 500 ans. Apparue pendant
la dynastie Zhou (XIe siècle av. J.-C. - 221 ap. J.-C.
) elle est devenue un art à part entière sous la dynastie
Han (206 av. J.-C. - 220) et a atteint son apogée
pendant la dynastie Tang (618 - 907).
Les voltiges des trapézistes
illustrent depuis toujours le rêve de l’homme de voler
librement dans le ciel et séduisent inlassablement
les spectateurs, émerveillés par la beauté saisissante
de cet art. La silhouette des artistes se découpe
dans un fond sombre et mystérieux tandis qu’une lumière
douce suit chacun de leurs mouvements aériens. L’engouement
des Chinois pour l’agilité des trapézistes est bien
réel mais peu d’entre eux savent combien d'épreuves
ces artistes doivent endurer lors de leur formation.
Aucun filet n’assure leur
sécurité et une erreur peut fatalement mettre en danger
leur vie. Pour empêcher tout accident, les jeunes
artistes s’exercent péniblement tous les jours et
paient leur succès de sueur, de larmes et de sang.
Ye Yi, âgée de 15 ans, est
la plus jeune trapéziste de la troupe, mais entraîne
déjà une classe de nouvelles recrues qui la considèrent
comme une sœur aînée. Les jeunes élèves rappellent
à Ye Yi son arrivée il y a six ans au sein de la troupe
et elle se retrouve dans leur force de caractère et
leur fragilité dans les moments difficiles. Partageant
une expérience commune avec ses élèves, la jeune trapéziste
fait son maximum pour les aider.
|
|

|
|
|
Ye
Yi travaille actuellement sur un spectacle intitulé
La mélodie de la soie qui combine la manipulation de
rubans de soie et les agiles pirouettes aériennes des
trapézistes. Pour parvenir à une telle qualité artistique,
les artistes comme Ye Yi mènent une vie stricte et contraignante,
faite de sacrifices. Du matin au soir, ils pratiquent
sans relâche les mêmes exercices pour arriver à la perfection.
Ye Yi exige beaucoup d'elle-même et essaie d'accomplir
les mêmes mouvements que ses partenaires masculins mais
son entraîneur Yang, bien que fasciné par sa détermination,
se refuse à lui donner un entraînement trop intensif.
Ye Yi pense souvent que ses compétences techniques et
artistiques ne peuvent servir ses ambitions. Les rubans
de soie qui frottent ses chevilles la blessent régulièrement
et il n'y a encore aucune amélioration dans sa performance.
Parfois même, elle ne peut s’empêcher de fondre en larmes
mais elle se reprend aussitôt pour poursuivre ses exercices.
Souvent, quand la journée s’achève, Ye Yi est bien trop
fatiguée pour pouvoir exécuter le moindre mouvement.
La jeune trapéziste apprend
également l’anglais car elle veut faire connaître au
reste du monde l’acrobatie chinoise et souhaite devenir
un jour un excellent coach. Mais grâce au proverbe chinois
"la plus haute éminence doit être gagnée pas à pas",
Ye Yi comprend aussi qu’il ne faut jamais viser trop
haut. En attendant, pleine de rêves, Ye Yi se languit
d’entendre les applaudissements du public et espère
vraiment pouvoir voler un jour.
Il y a six ans, lorsque les
entraîneurs de la troupe ont enrôlé Ye Yi, la jeune
enfant ne s’intéressait qu’au saut à l’élastique et
aux dessins animés, et était bien trop jeune pour être
consciente de ce qu’implique la vie de trapéziste. Aujourd'hui,
elle croit dans son choix et a décidé de suivre ce chemin
à jamais. |
|
|
|
|