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Exclusif
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Les charmes de l’opéra chinois
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Mei
Lanfang (1894 - 1961), grand maître d'Opéra de Beijing, joue
le rôle de Yang Yuhuan (719 - 756), concubine impériale célèbre
de la dynastie Tang. Dans l’opéra chinois, les acteurs masculins
interprètent très fréquemment des rôles féminins.
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1911
: une publicité pour un spectacle de Yueju (opéra du Guangdong).
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Formation.
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Une
histoire séculaire L'opéra chinois provient des chansons
et danses exécutées autrefois pour célébrer les récoltes
et offrir des sacrifices aux dieux. Elles ont évolué au
cours des siècles vers de nouvelles formes artistiques telles
que le Nuo (danse rituelle mise en scène lors des sacrifices),
le Shexi (performance théâtrale) et le Yangge (danse folklorique
populaire des régions rurales). L’opéra est né sous la dynastie
Song (960 - 1279), inspiré des danses et chansons folkloriques,
des ballades ainsi que des farces.
Les traditions de chaque province ont donné lieu à des opéras
régionaux différents parmi lesquels les plus réputés sont
incontestablement l’Errenzhuan (chansons et danses populaires
du Heilongjiang, du Jilin et du Liaoning), l’Yuju (opéra
du Henan), le Lüju (opéra du Shandong), le Yueju (opéra
Shaoxing du Zhejiang), le Huju (opéra de Shanghai et des
régions avoisinantes) et l’Yueju (opéra du Guangdong).
Né à Kunshan dans la province du Jiangsu il y a 600 ans,
le Kunqu est aujourd’hui une forme d’art arrivée à maturation,
cristallisant les efforts de plusieurs générations de dramaturges,
de musiciens et d’acteurs. Considéré comme le précurseur
de l'opéra chinois classique, le Kunqu se caractérise par
sa musique délicate, ses belles chorégraphies ainsi que
ses mouvements précis et stylisés. En 2000, il a été classé
au premier rang parmi les dix-neuf chef-d'œuvres qui figurent
sur la liste de l'Héritage culturel oral et non-matériel
de l’humanité publiée par l’U.N.E.S.C.O.
Ce sont les opéras régionaux des provinces de l’Anhui et
du Hubei qui ont donné naissance, au début du XIXe siècle,
à l’Opéra de Beijing. Ce dernier a apporté un nouvel élan
à l’opéra chinois en général. D’année en année, les artistes
professionnels et amateurs n’ont pas ménagé leurs efforts
pour développer ce nouveau style d’opéra en jouant des répertoires
connus et en mettant en scène des acteurs célèbres. Il est
devenu un art national à part entière, très représentatif
de l’opéra chinois aux yeux des étrangers.
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Le
Bianlian est une performance unique du Chuanju (opéra
du Sichuan). Les artistes changent de masques comme
par magie.
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Opéra
de Beijing : Huadan, jeune personnage féminin.
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Un
décor très sommaire
L'opéra chinois se caractérise essentiellement par son
art de l’expression. Tout comme dans les tragédies grecques
anciennes, la scène est quasiment dépourvue de décor mais
dès le lever du rideau, le public est capable en un instant
de situer le contexte de l’histoire dans le temps et dans
l’espace.
Le décor est très rudimentaire et réduit à sa plus simple
expression à savoir une table et deux chaises. Elles possèdent
en réalité plusieurs usages qui varient en fonction de
l’intrigue de l’opéra. Seul le jeu des artistes leur attribue
un sens réel et une table représente tantôt un salon,
un bureau d’étude, un lit ou une montagne. Aussi, l’opéra
chinois, si particulier et hermétique aux non avertis,
nécessite une bonne connaissance des codes du maquillage,
des costumes et des gestes des artistes pour pouvoir être
apprécié.
La mise en scène. Dans l’opéra chinois traditionnel, les
mimes et mouvements stylisés des artistes dictent la progression
de l’histoire. Les spectateurs savent, par exemple, que
la nuit tombe dans le récit grâce aux expressions faciales
et à l’air vigilant des acteurs.
Le maquillage. Chaque personnage porte un maquillage qui
répond à un certain nombre de conventions et dont les
modèles et couleurs servent à identifier la personnalité
de l’individu. On utilise principalement huit couleurs
qui revêtent chacune un symbole : parmi elles, le rouge
est synonyme de courage, de loyauté et de générosité,
le blanc représente la traîtrise et la ruse, le bleu désigne
la hardiesse et la férocité tandis que le noir illustre
l’honnêteté et la droiture.
L’action. Dans l’opéra chinois, les mouvements de l'artiste
sont libres et flexibles, mais il existe cependant des
codes. Sur scène, se promener en formant un cercle représente
un voyage de longue distance, et réciter un long vers
indique que l’action s’étend sur plusieurs années. Parfois,
les artistes chantent un adagio pour dépeindre le monde
intérieur du personnage. Les mouvements, les chants et
récits sont naturellement adaptés aux caractères des personnages
et à l’intrigue de l’histoire.
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Opéra
de Beijing : Daomadan, jeune personnage féminin.
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Opéra
de Beijing : Laosheng, vieux personnages (empereurs,
fonctionnaires, savants).
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Chou,
le pitre.
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Les
troupes régionales et amatrices
Depuis sa naissance, l'opéra chinois est un art
populaire qui a souvent été joué à l’extérieur,
sur des estrades montées à l’occasion dans des villages
ou dans les tea-houses. C’est l’engouement du peuple
pour l’opéra chinois qui a donné un véritable élan
au développement de cet art.
Il existe de nombreuses troupes professionnelles
ou d’artistes amateurs. L'opéra Puju est très populaire
dans les provinces du Shanxi et du Henan et possède
des codes qui lui sont propres. Aujourd'hui, plusieurs
troupes professionnelles d’opéra Puju jouent dans
les grandes villes mais des troupes amatrices itinérantes
se déplacent également dans les régions rurales.
Tous les membres de la troupe sont polyvalents et
s’occupent de la mise en place de l’estrade et du
décor comme de la nourriture. Leur salaire n’est
pas leur motivation principale et les acteurs interprètent
toujours avec passion les chansons, les récitations,
les danses ou les acrobaties.
Ces troupes sont toujours très bien accueillies
dans les campagnes et sont régulièrement invitées
à l’occasion de mariages, d’enterrements, de fêtes,
de festivals ou d’inaugurations de magasins. En
moyenne, chaque troupe donne plus de cent représentations
annuelles. Pendant la saison morte, les acteurs
reprennent leur simple vie de villageois.
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Séance
de maquillage.
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Salon
d'essayage.
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Avec
ses couleurs éclatantes typiques de l'art folklorique
chinois, l’opéra chinois a attiré beaucoup d'étrangers.
Malgré les différences culturelles entre l'Asie et l’Occident,
nombreux sont ceux qui s’intéressent à cet opéra traditionnel
et cherchent à en maîtriser les clés.
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