2003.05

Portrait

 

Le professeur Pan Wenshi : un défenseur de l’écologie

Texte d’Un Lei



La note de l'éditeur
En 2003, le célèbre professeur Pan Wenshi a été choisi comme membre du 10e Comité national de la Conférence consultative politique du Peuple chinois (CCPPC) pour la qualité de ses recherches en biologie. Cette place d’honneur est accordée à des personnalités qui ont réalisé des travaux remarquables dans leur spécialité ; leur devoir est de participer à l’amélioration des conditions de vie des Chinois et au développement de la nation en donnant des conseils pertinents au gouvernement.

A Lei, journaliste de China Pictorial, interview le professeur Pan Wenshi.
Les recherches du professeur Pan Wenshi sur la protection des pandas géants ont suscité beaucoup d’intérêt chez les spécialistes étrangers.

Le célèbre biologiste Pan Wenshi, âgé de 65 ans, est aujourd’hui professeur au Collège des Sciences de la vie de l’Université de Beijing, Directeur du centre d’études et de protection des pandas géants et autres animaux sauvages et, plus récemment, membre du Comité national du CCPPC. Sous sa direction, le projet de recherches sur le panda géant a gagné le premier Prix du progrès scientifique et technologique de la Commission d’état pour les sciences et les techniques, une récompense pour ses travaux scientifiques attribuée par la Fondation américaine du Panda Géant et des subventions de la Fondation Ford pour la conservation et la protection de l'environnement.

Bébé panda géant.
Pan Wenshi examine la santé d’un bébé panda géant.

En mars 1985, Pan Wenshi et trois de ses étudiants se sont rendus au sud des monts Qinling pour étudier les conditions de vie du panda géant dans son habitat naturel. Ils ont également exploré les montagnes escarpées des provinces du Shaanxi et du Sichuan où ils ont mené des recherches sur le comportement et les conditions de reproduction du panda géant. Leurs travaux ont contribué à la protection de l'espèce et leur ont permis d’être reconnus comme spécialistes.
Ces dernières années, de plus en plus d'étudiants de troisième cycle se sont intéressés au projet de recherches du professeur Pan Wenshi, constituant une équipe dynamique et passionnée. Ils ont dû vaincre de nombreuses difficultés telles que la solitude et les marches pénibles dans des paysages sauvages et ont dû souvent traverser montagnes et rivières pour suivre à la trace les pandas géants. Lors des hivers 1994 et 1996, Pan Wenshi et son équipe ont également vécu comme des hommes des cavernes dans de profondes forêts enneigées pour effectuer leur travail. Ils ont ainsi pu étudier et filmer pendant cinq mois les conditions de vie de plusieurs nouveau-nés pandas.
«Chaque fois que je me remémore les années passées», dit Pan Wenshi, « un sentiment de tristesse m’envahit. Plus nous sommes informés des dangers qu’encourent les pandas géants, plus nous avons la responsabilité de protéger cette espèce. C’est pourquoi nous ne rechignons pas à marcher péniblement à travers les montagnes et vallées du Qinling, jour après jour, année après année.»
En 1996, Pan Wenshi a commencé à s’intéresser au Presbytis leucocepholus (race de singe), autre espèce d’animal en danger. En décembre de la même année, le professeur et ses étudiants arrivèrent au camp militaire abandonné de la commune de Banli dans le district de Chongzuo (région autonome Zhuang du Guangxi). Après trois mois de recherches dans la région, l’équipe put enfin observer des Presbytis leucocepholus qui habitaient les falaises de calcaire proche de ce site.

L’heure du repas.
Une femelle panda allaite son petit. Une mère ne laisse jamais les êtres humains s’en approcher à moins que l’homme ait préalablement établit un bon contact avec elle.
Un panda géant.
Tous les matins, la petite équipe partait en observation, armée de télescopes, pour réaliser des études comportementales sur ces animaux. Pendant deux ans, ils ont attentivement suivi les 147 Presbytis leucocepholus qui vivent sur un territoire de 8 km2 autour du camp et appartiennent à 16 groupes différents. Ils ont effectué par la suite des visites trimestrielles pour effectuer des statistiques. Ainsi, «en février 1998, nous avons dénombré un total de 212 Presbytis leucocepholus appartenant à 20 groupes différents, ce qui démontre la grande mobilité de ces singes», s’exclame le professeur enthousiasmé.
Une peinture murale représentant plusieurs espèces en danger (le panda géant, le Presbytis leucocepholus, le dauphin blanc de Chine, le chimpanzé d’Afrique, l'ara, l'ours polaire et le pingouin) a été réalisée par une artiste de Beijing et certains étudiants de Pan Wenshi sur les murs du centre de recherches situé dans le district de Chongzuo. En arrière-plan plusieurs visages humains, terres déboisées, fumées de cheminées, montagnes verdoyantes et paysages marins illustrent les dommages causés par l’homme sur l’environnement. «Je pense que la vie précaire des animaux sauvages résulte du développement agricole et industriel intensif effectué par l’espèce humaine au fil des siècles» explique Pan Wenshi, qui a consacré plusieurs décennies à ses recherches. «Aujourd'hui, les hommes essaient de protéger ces animaux car ils ont réalisé que l’homme et la nature pouvait co-exister harmonieusement. C’est ce que j'appelle la Civilisation écologique. La peinture murale qui orne les murs du centre de recherches exprime parfaitement mon point de vue. »

Electrocardiogramme sur un panda géant malade.
Le professeur portant un panda géant.