2003.05

Vie sociale

 
Mon impression d'Iraq

Texte de Zhan Jingbao
Photographies de Wu Weibin, Zhan Jingbao et Guan Zongshan



Le texte et les photographies de cet article ont été réalisées par des diplomates chinois qui ont travaillé en Iraq.

Les ruines du palais de la Princesse.
L’ancienne tour en spirale Samla.
Dattes sucrées.
J'ai étudié l'arabe à l’université pour nourrir ma curiosité au sujet de cette civilisation ancienne. Après la remise de mes diplômes, j’ai eu la chance de travailler pendant quatre ans comme diplomate au Moyen-Orient et ai été profondément impressionné par cette expérience.
L’Iraq, un pays ancien
La plaine de Mésopotamie qui borde la vallée du Tigre et de l'Euphrate représente l’un des berceaux de la civilisation ancienne. Il y a 6 000 années, les Samets vivaient sur cette étendue de terre et ont créé les sphénogrammes, l’une des plus anciennes formes d’écritures. La Mésopotamie représente également le royaume ancien de Babylone qui a établi le Code de Hammurabi, le premier de son genre dans l’histoire humaine à avoir été rendu effectif dans une société d’esclavage.
L’ancienne civilisation a laissé derrière elle de nombreux sites historiques disséminés en Iraq tel que les Jardins suspendus de Sémiramis à Babylone. Le Tigre et l’Euphrate qui traversent le pays nourrissent depuis des siècles la population et produisent des terres fertiles. Le pays tient depuis toujours une place stratégique car il relie l'océan Indien à la Méditerranée. Pendant l'apogée de l'Empire arabe, la ville irakienne de Bagdad a servi de capitale à la dynastie abbâsside.
Alf wa Laylah Laylah et Bagdad
La capitale de Bagdad, célèbre pour son histoire, est localisée dans le centre de l’Iraq et joue un rôle pivot grâce à un réseau routier dense et aux nombreuses voies ferrées qui desservent tout le pays.
Le fleuve du Tigre divise le centre-ville de Bagdad en deux parties Est et Ouest. La ville est connue comme le décor d'Alf wa Laylah Laylah (Les mille et une nuits) et sur la rue d'Abunuwas, le long de la rive Est, se trouve une sculpture de bronze géante représentant l’une des scènes du conte : le roi Shahriyar allongé dans son lit écoute attentivement les histoires que lui conte la reine Scheherazade.
Les grands dattiers qui bordent les rues sont certes magnifiques dans les derniers rayons de soleil mais Bagdad est encore plus attirante à la nuit tombée. La meilleure façon de passer une soirée dans la ville est incontestablement de déguster un délicat poisson rôti sur les rives du Tigre tout en admirant les eaux tranquilles du fleuve.

Un kiosque de thé local.
Dans un marché.

Le royaume du pétrole et des dattiers
Après l’Arabie Saoudite, les réserves de pétrole irakiennes représentent 10% du monde. Les champs pétrolifères de l’Iraq se distinguent par leur nombre, leur faible profondeur, leur nappe épaisse et la qualité fine de leur pétrole qui réduisent leur coût d’exploitation. Avant la guerre du Golfe, les compagnies de pétrole mondialement célèbres venaient s’y approvisionner au plus grand bénéfice du pays.
Des palmiers de dattes sont disséminés dans tout l’Iraq. Véritable trésor national, ils ont survécu de génération en génération et possèdent chacun un nom scrupuleusement enregistré dans des archives. Les arbres représentent un bien familial à part entière. Les fruits sont consommés en tant que tels, mais les arbres étaient aussi utilisés autrefois comme moyen de communication pour appeler les fidèles à la prière ou pour prévenir des attaques de l’ennemi.
On compte plus de 100 espèces de dattiers en Iraq. Ces fruits de grande qualité sont semi-transparents, frais, et sucrés. Avec le thé noir et le café, les dattes représentent un plat incontournable pour les Irakiens qui reçoivent des invités. Et comme dit un proverbe local, «manger sept dattes par jour tient éloigné du docteur».

Un festival d'art.
Rêveries.