2003.09

Tourisme

Ganlanba est l’endroit idéal où s’imprégner de la culture Dai et s’émerveiller devant des paysages tropicaux.

Un voyage à Ganlanba

Texte et photographies de Wang Lei



Petite fille de l’ethnie Dai.
Un jeune moine aidant aux tâches ménagères pendant son temps libre.
Bazar de Ganlanba.

Pour se rendre à Ganlanban, il est nécessaire de se rendre à Jinghong, capitale de la préfecture autonome Dai du Xishuangbana (province du Yunnan) puis de longer la rivière Lancang sur 37 km. Cet endroit de toute beauté qui porte le nom des vergers d’oliviers environnants est en réalité constitué de plusieurs villages Dai.
Ganlanba est également appelé Menghan («han» signifie rouler) comme le veut une légende. Lorsque Sakyamuni y est venu prêcher le bouddhisme accompagné de ses fidèles, ces derniers déroulèrent sur le sol un tapis de coton que leur maître foula de ses pas.

L’hospitalité des Dai
Les maisons de bambous qui abritent les Dai depuis plusieurs générations sont composées de deux niveaux et de spacieuses cours intérieures. Les gens du cru ont privilégié ce type de construction pour faciliter la circulation de l’air et diminuer la chaleur qui s’élève du sol. Le niveau supérieur se trouve généralement à deux mètres de hauteur et est accessible par une échelle de bois.
Tout comme dans les temples des environs, la coutume veut que les invités laissent leurs chaussures au rez-de-chaussée en signe de respect.
Les tapis de bambous qui recouvrent les murs et le sol de la salle principale ainsi que les petites fenêtres qui laissent à peine passer la lumière rendent la pièce plus fraîche et confortable. Au centre, on trouve généralement une table basse et de petites chaises de bambou rudimentaires sur lesquelles sont parfois disposés des vêtements traditionnels rehaussés d’or et d’argent. Hôtes chaleureux, les Dai accueillent toujours leurs invités avec du thé au riz gluant tandis que les jeunes femmes aiment à converser ensemble d’une voix douce et agréable. Malgré leur hospitalité les Dai ne laissent jamais un étranger pénétrer dans les différentes pièces de la maison sous peine de briser le tabou de la tradition. Les chambres dans lesquelles dorment les membres de la famille sont séparées par de simples rideaux de voile car les Dai pensent que bâtir des cloisons est cause de disharmonie. Afin de leur porter chance, les invités seront en revanche autorisés à toucher les colonnes de bois qui soutiennent la toiture.
Le voyageur qui aura l’occasion de partager un repas familial sera certainement émerveillé par les plats traditionnels aux saveurs parfumés. Les jeunes femmes de la maison se feront un plaisir de cuisiner un repas léger comprenant du riz à l’ananas, du poisson rôti aux herbes et du bœuf grillé. Ainsi, lors des grandes foires, les familles locales offrent du vin et de la nourriture pour accueillir les amis venus des villages voisins.

Salle de repas.
Jeunes filles Dai.
Scultpures bouddhistes sur des feuilles de bananes.
Une promenade dans les villages Dai
Le climat chaud et humide de Ganlanban offre aux villageois une grande variété de fruits tropicaux que les femmes Dai, revêtues de robes colorées, transportent élégamment de village en village. Sur les sentiers, le jaune vif des soutanes des moines itinérants contraste harmonieusement avec les couleurs chatoyantes du paysage. Se promener dans les villages Dai représente sans aucun doute une expérience unique. Avec ses petits chemins serpentant dans les bois, les senteurs parfumées des fleurs, les rires naïfs des enfants qui cavalent au loin, les toits dorés des temples birmans qui se découpent dans le ciel bleu et les maisons de bambou disséminées çà et là dans la végétation luxuriante, le Xishuangbana est un véritable enchantement. Savourer une tasse de thé glutineux en admirant le coucher du soleil sur Ganlanba reste un moment de plaisir simple mais ô combien inoubliable !