2003.09

Portrait

Une vie au profit de la protection de l’environnement

Texte de Xu Wei



Discours sur l’importance de la protection de l’environnement.
Guo Geng, un excellent éleveur d’animaux.
Observant les conditions de vie des oiseaux du lac Poyang.

Eleveur de rhinopithèques dans le Centre d’élevage des animaux en voie d’extinction de Beijing et chercheur zoologique, Guo Geng est un passionné d’animaux.
Le jeune homme avait suivi des études d’économie et de commerce après lesquelles il avait travaillé dans une compagnie commerciale étrangère pendant plusieurs années. Mais en 1986, il décida de tout abandonner pour se consacrer à sa passion pour la nature et les animaux, que son père, employé pour la protection de l’environnement, lui avait transmise. Aujourd’hui, Guo Geng est devenu un expert dans son domaine et a réalisé de nombreuses conférences dans des écoles, institutions et organisations gouvernementales. Il a par ailleurs mis en place des programmes diffusés à la radio, sur le petit écran ou sur le web afin que les gens prennent conscience de l’importance de protéger l’environnement et les différentes espèces animales. Enfin, il a rédigé plusieurs articles et ouvrages de vulgarisation.
Un compagnon bienveillant pour les animaux
Guo Geng travaille actuellement dans le Jardin des milou (Elaphurus davidianus), un animal rare originaire de Chine, parfois appelé sibuxiang (qui ne ressemble à rien) car sa tête ressemble à celle d’un cheval, ses cornes à celles d’une biche, ses sabots à ceux d’une vache et sa queue à celle d’un âne.
Guo Geng essaie de partager sa passion avec le public en racontant de nombreuses histoires sur les animaux et en faisant participer les visiteurs à des jeux sur la protection de l’environnement. De nombreux panneaux questions-réponses permettent aux visiteurs de s’interroger sur les dommages causés par l’homme sur l’environnement. A la question «Quel est l’animal le plus effrayant du monde», les enfants répondent souvent l’ours, le loup ou le sanglier sauvage. Mais un miroir qui reflète les visages, donne à penser que l’espèce humaine est bien la plus dangereuse pour avoir contribué à l’extinction de nombreuses races d’animaux. Un autre jeu consiste pour les enfants à se presser contre un arbre mort et à écouter les sons émis par l’arbre abattu…
Ces activités ludiques mettent en avant les droits des animaux et les enfants peuvent ainsi prendre conscience dès leur plus jeune âge de la nécessité de protéger la nature.
Plus loin, dans le parc, des graphiques expliquent quelles sont la surface et les ressources nécessaires pour la subsistance de l’Homme. Un moyen pour les visiteurs de réaliser que l’on n’a jamais réellement calculé quels étaient les besoins vitaux des animaux qui font pourtant partie du même village global. Ainsi l’urbanisation croissante et l’exploitation forestière intensive ont nuit aux animaux tels que les éléphants ou les rhinopithèques et ont fragilisé l’équilibre écologique.
Dans le cimetière des races d’animaux déjà disparues, des tombes éparses illustrent l’ampleur du désastre. «Imaginez quelques instants le dernier tigre sur terre cherchant vainement un de ses compères dans une forêt artificielle, le dernier aigle tombant d’un coup du ciel pollué ou les derniers milou pleurant de désarroi dans des marais asséchés. Quels seraient alors les sentiments de l’homme ?» récite gravement Guo à l’attention des visiteurs. «Si l’homme veut protéger ses conditions de vie, il ne devrait pas sacrifier cette vie sauvage, utiliser la fourrure des animaux ou gâcher les ressources naturelles. Cela n’est pas si difficile d’être écologiste».
Une vie au service de la nature
Guo Geng consacre sa vie entière à la protection de l’environnement mais travailler nuit et jour pour cette cause le rend heureux. En avril, lors de la Fête des morts, des jeunes élèves sont venus nettoyer les tombes du cimetière des animaux et ont noué leurs échappes rouges autour des arbres. Guo a été particulièrement impressionné par cet acte symbolique et a compris que tous les efforts réalisés n’étaient pas vains.

Complicité avec les biches.
Lors d’un programme de formation organisé par WWF.
Guo Geng : «Que puis-je faire de plus pour protéger les animaux ?»