2003.09

Vie sociale

La carte verte de Beijing : un nouveau moyen d’attirer du personnel qualifié

Texte de Xu Wei



La carte verte attire de nombreux talents venus des quatre coins de la Chine.
En attendant d’avoir la carte verte de nombreux waidi, utilisent la carte de leurs amis pour pouvoir acheter une voiture.
Nombreux est le personnel qualifié qui travaille à Zhongguancun, la Sillicon Valley chinoise. Le nouveau système mis en place va en attirer davantage encore y compris ceux qui ont effectué leurs études à l’étranger.

Diplômée de l’université en 1997, Mme Yang travaille aujourd’hui pour une compagnie de bio-pharmacie localisée à Beijing où elle a toujours regretté d’être considérée comme une étrangère. Mr Liu, âgé de 30 ans, travaille dans la capitale chinoise pour une compagnie de logiciels financiers. Depuis 7 ans déjà, il passe d’une compagnie à une autre sans pouvoir véritablement se fixer car il ne possède pas le permis de résidence (hukou) qui en autorise les titulaires à résider à Beijing.
Mme Yang et Mr Liu ne sont malheureusement pas des cas isolés. Pourtant, ce sont grâce aux compétences professionnelles de gens comme eux que la capitale a pu connaître un développement économique rapide dans des secteurs variés. Or, le système d’immigration ne leur accorde aucun droit et ces waidi (provinciaux) ne sont pas traités sur le même plan d’égalité que les natifs de Beijing.
La nouvelle réglementation récemment présentée par le gouvernement municipal de Beijing va sans doute apporter des changements. Ainsi, la mise en place d’une nouvelle carte d’identité va permettre d’attirer vers la capitale du personnel qualifié originaire des différentes provinces chinoises et assurer à ces nouveaux immigrants des conditions de vie identiques à celles des Pékinois : éducation des enfants, achat de logement et de véhicule, création d’entreprises, demande de visas, soutien scientifique et technologique, évaluation des compétences professionnelles et couverture d’assurance. Différente du hukou, la carte verte semble ainsi apporter un nouvel espoir aux futurs détenteurs mais il reste à savoir si sa réelle mise en application apportera de vrais changements dans leur vie quotidienne.
La carte verte accueillie avec beaucoup d’enthousiasme
«Nous n’avons jamais pensé avoir un enfant sans carte verte» explique Mme Yang car «dans les conditions actuelles, son éducation nous coûterait bien plus cher que pour des résidents locaux. Trouver une bonne école serait donc difficile».
La nouvelle carte est valide deux ou trois ans et à la date d’expiration, les détenteurs peuvent demander le statut de résident permanent à Beijing. En réalité, peu importe le titre donné à ce nouveau passe-droits et seuls les avantages qui vont en découler intéressent les nouveaux acquéreurs. Déjà, le site du Bureau du personnel de Beijing a enregistré quelques 50 000 demandes. Deux semaines plus tard, plus de 8 000 organisations et compagnies recherchant du nouveau personnel qualifié ont contacté des agences de recrutement tandis que plus 1 600 candidats posaient leur candidature.
Aujourd’hui, 104 postulants vont déjà bientôt recevoir leur nouvelle carte et pour Mme Yang et Mr Liu, il ne s’agit plus que d’une question de temps. Malgré cette nouvelle réglementation, tous les candidats n’auront pas la chance d’obtenir la carte verte car il est nécessaire d’avoir un titre professionnel ainsi qu’une résidence et de passer par son employeur pour en effectuer la demande.
Sur les 20 000 ou 30 000 candidats qualifiés estimés actuellement à Beijing seuls 10 000 d’entre eux devraient donc pouvoir obtenir ce permis de résidence. Si l’on considère les 2,6 millions d’immigrants résidant à Beijing, le nombre de cartes vertes délivrées est loin d’être suffisant.
La carte verte : un début de réforme ?
La Chine avait organisé le système de registre de résidence il y a plusieurs milliers d’années en raison de son économie agraire. Maintenant que la Chine promeut l’économie de marché, ce système est devenu dépassé et limite la mobilité du personnel qualifié. D’après les experts, cette réforme qui tombe à point nommé va permettre de développer de nombreux secteurs donnant ainsi une vraie impulsion à l’économie de la capitale.
L’abolition définitive de ce système reste cependant impossible mais cette nouvelle carte apparaît déjà comme un vrai progrès pour l’administration urbaine de Beijing mais aussi pour la conformité aux lois internationales en matière de résidence.

 

Les étrangers qui résident à Beijing peuvent résider à Beijing pour une période de trois à cinq ans. D’après le Ministère de la Sécurité publique, le gouvernement va mettre en place la carte verte à la fin de l’année 2003. Les résidents étrangers pourront ainsi avoir des droits équivalents aux Chinois et être libre d’aller et venir sans visa.