2003.09

Vie sociale

Des danseuses en herbe

Texte et photographies de Wu Wansheng



L’expression des yeux et la gestuelle des mains sont des éléments importants en danse indienne. Long Lingfang de Zhuzhou est experte en la matière.
Zhang Jun aide une étudiante à réaliser des exercices.
La réussite est basée sur les efforts.
En juillet 1996, Zhang Jun, directrice de l’Ensemble de chants et de danses d’Orient de Beijing experte en danse indienne, et Liang Langxing, vice-président de l’Ecole de danse du Guangdong, passèrent 10 jours à recruter des jeunes danseuses dans les villes de Changsha, Wuhan et Pingdingshan. Le 2 septembre de la même année, ils créèrent l’Ecole de danse du Guangdong dont le programme intensif s’étend sur trois ans et où les élèves âgées de 14 à 17 ans ne ménagent pas leurs efforts pour pouvoir allier élégance et souplesse.
La danse est un art qui nécessite discipline et rigueur et impose aux danseurs beaucoup de souffrances pour pouvoir exécuter sur scène des ballets de toute beauté. Aussi quelles que soient les chutes, les petits rats doivent toujours se relever et s’entraîner plus durement encore.
L’école de danse impose des règles extrêmement strictes : interdiction de fumer et de boire, de fréquenter des étudiants du sexe opposé, d’inviter des visiteurs dans les dortoirs... Une fois toutes les deux semaines, les élèves sont autorisés à sortir de l’école à condition d’être accompagnés par 3 ou 4 camarades de classe et de rentrer avant 17H00. Ils ne peuvent par ailleurs téléphoner à leurs parents qu’une fois par semaine, le dimanche. L’école surveille de près ses élèves et toute violation au règlement en vigueur est sanctionnée par la déduction de 3 à 5 points sur la note de l’examen final.
Les jeunes danseuses doivent également revêtir les uniformes qui leur ont été donnés : deux pour les entraînements et quatre pour la vie quotidienne. Elles dépensent en moyenne de 500 à 700 yuans par mois dont 200 yuans pour la nourriture. Elles sont soumises à un régime draconien pour éviter toute prise de kilos superflus et l’école se réserve le droit de les peser régulièrement.
Agée de 69 ans, Zhang Jun dirige l’école mais officie également en qualité de directrice artistique et de directrice de troupe. Atteinte il y a 7 ans d’un cancer du sein, elle a su lutter contre la maladie et continuait à travailler quotidiennement. Opérée le 22 août 1996, Zhang Jun n’a jamais révélé son secret aux étudiantes «pour les préserver et ne pas les perturber».
A leurs yeux, «Zhang est bien plus qu’un simple professeur, mais un membre de leur famille à part entière». C’est une femme à qui les élèves aiment parler et qui les traite comme ses propres enfants. «Les parents envoient leurs enfants dans cette école car ils savent que je suis là pour m’en occuper. Je me sens donc responsable d’eux et les aide à construire leur vie» déclare Zhang Jun. Et grâce aux professeurs de l’école, les élèves se passionnent chaque jour de plus en plus pour les arts et la danse.

Zhang Jun et ses élèves parlent de danse indienne pendant une pause.
Pause entre deux cours.
Liu Anna (province du Hunan) s’est prise de passion pour la danse lorsqu’elle était petite car «cet art rend la vie plus belle».
 
 
Dans les dortoirs, les jeunes filles s’amusent tout en poursuivant leurs exercices.
Une semaine suffit à user les chaussons de danse.