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Exlusif
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Les étudiants chinois à
la découverte d'autres cultures
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Texte
de Xie Chen et Wang Lei
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Il
y a 150 ans, le premier étudiant chinois arrivait aux Etats-Unis
pour y effectuer ses études. Depuis, le nombre des candidats
chinois à l'expatriation dans le cadre universitaire ou professionnel
n'a cessé d'augmenter, tout comme celui des étrangers
en Chine. Une expérience qui leur permet de servir de médiateur
en matière de communication internationale.
Depuis le printemps 2003, le gouvernement chinois a mis en place une
série de mesures pour encourager les étudiants chinois
expatriés à revenir dans leur pays afin de participer
à l'édification économique et au développement
scientifique et technologique de la Chine. |
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1872 : le premier
groupe d'étudiants envoyés à l'étranger
en face du Bureau commercial maritime de Shanghai avant le départ.
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Shi Shiyuan (à
gauche), étudiant de Marie Curie (seconde à droite),
lors de la présentation de sa thèse de doctorat.
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Octobre 1950
: après avoir fini leurs études aux Etats-Unis,
les étudiants rentrent en Chine en bateau.
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C'est en 1847
qu'un jeune chinois nommé Rong Hong a traversé les
océans pour se rendre aux Etats-Unis. Huit ans plus tard,
il était le premier chinois diplômé d'une université
américaine, celle de Yale. Grâce au succès de
Rong Hong, le gouvernement de la dynastie Qing (1644 - 1911) a envoyé
en 1872 un groupe de 120 jeunes étudier à l'étranger.
Après avoir reçu un enseignement varié, les
étudiants ont pu apporter leur contribution à la Chine
dans des domaines tels que la diplomatie, les affaires militaires,
la politique, la technologie et l'éducation.
Au début du XXe siècle, le rêve des chinois
de partir étudier à l'étranger était
malheureusement remis en question par les guerres. Lors de la fondation
de la République populaire de Chine en 1949, le nouveau gouvernement
chinois a dispatché un certain nombre d'étudiants
à l'étranger, mais la Chine s'est aussitôt refermée
sur elle-même pendant la Guerre froide.
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37 institutions
étrangères ont obtenu l'approbation pour s'installer
en Chine.
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La New Oriental
School attire de nombreux étudiants dont le rêve est
de pouvoir un jour partir à l'étranger.
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Yu Minhong,
président de la New Oriental School fait une conférence
sur les études à l'étranger.
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Des étudiants chinois
répartis dans le monde entier
Depuis 1978, la Chine a repris ses programmes à l'étranger.
Une enquête menée par l'Organisation des Nations Unies
pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) à
la fin de l'année 2000 a dénombré 1,6 millions
d'étudiants étrangers dans plus de 108 pays. D'après
les dernières statistiques du Ministère du Personnel
de Chine, 460 000 jeunes chinois étudient dans plus de 103
pays. Après avoir été diplômée
du département de sociologie de l'Université de Beijing,
You Danzhen n'a pas épargné ses efforts pour partir
étudier à l'étranger. Alors qu'elle travaillait
pour une compagnie étrangère d'investigations sociales,
elle devenait de plus en plus impatiente d'étudier les techniques
de management des pays occidentaux. Selon elle, «les bases
des théories sociologiques et les méthodes d'investigations
utilisées dans les enquêtes sociologiques viennent
incontestablement de l'Occident ». C'est pourquoi elle désire
autant s'y rendre pour enrichir ses compétences professionnelles.
Contrairement à You qui finance ses études à
l'étranger elle-même, Chen Chunlei, fonctionnaire à
Hangzhou (capitale de la province du Zhejiang) étudie à
l'étranger grâce au gouvernement chinois. En 2002,
il a ainsi été envoyé avec 19 de ses collègues
dans une université du New Jersey pour obtenir un master
d'Administration publique. Le cursus comprend des cours sur le système
administratif américain, le budget et la législation
financière du gouvernement, le droit public, l'application
des technologies de l'information pour les organisations publiques,
le management des ressources humaines ou encore la santé
publique : une expérience que Chen Chunlei pourra facilement
valoriser dans le monde professionnel.
Le nombre des étudiants chinois à l'étranger
ne cesse d'augmenter. 80 000 en 2001, ils atteignaient les 120 000
en 2002, dont 93% financent eux-mêmes leur séjour.
En 2003, le nombre des étudiants chinois en Grande-Bretagne
a augmenté de 70% en comparaison à l'année
2002 même si pendant longtemps l'île britannique a été
boudée en raison des frais universitaires et des coûts
de vie très élevés. Aujourd'hui, l'Allemagne,
la France et la Russie ont gagné les faveurs de la moyenne
classe chinoise pour l'apprentissage d'une seconde langue étrangère
car les frais à dispenser sont moins élevés.
Les pays asiatiques tels que Singapour, la Malaisie et la Corée
du Sud sont également devenus des destinations très
prisées par les étudiants chinois.
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Trois candidats
chinois d'un master en brassage de la bière à Bavaria
en Allemagne.
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Etudiants lors
de la Foire internationale d'éducation supérieure
de Shanghai.
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Un véritable
marché
En février 2003, s'est tenue la 8e Foire internationale d'éducation
supérieure de Chine qui a attiré, outre les visiteurs,
environ 108 écoles représentant plus de 20 pays. En
Nouvelle-Zélande, l'industrie de l'éducation est devenue
un des piliers de l'économie du pays tout comme aux Etats-Unis
où les médias américains plaçaient l'éducation
au 5e rang après les armes militaires et l'électronique
en 1998. La moyenne annuelle des frais d'éducation pour un
étudiant chinois en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis s'élève
respectivement à 160 000 et 100 000 yuans. Chaque année,
les bénéfices dégagés par l'éducation
américaine grâce aux étudiants étrangers
s'élève à 9 milliards de dollars financés
dans une large proportion par les jeunes chinois qui y représentent
environ 20% des étudiants.
Les études à l'étranger sont devenues un véritable
marché et nombreuses sont les universités qui ont ouvert
des classes d'entraînement au TOFEL (Test of English as a Foreign
Language) et d'IELTS (International English Language Testing System).
Chaque année, environ 600 000 étudiants chinois soutiennent
l'existence et l'expansion des Centres de langue anglaise. Les agences
de conseil pour les études à l'étranger et les
démarches d'immigration internationale se sont également
répandues dans les grandes villes comme Beijing, Shanghai et
Guangzhou comme le prouvent les nombreuses publicités imprimées
dans les journaux.
La New Oriental School de Beijing est la seconde école d'anglais
privée de Chine destinée aux étudiants candidats
à l'expatriation et détient 50% des parts de marché
dans ce domaine. Installée à Zhongguangcun, site prisé
de Beijing, son équipe pédagogique est aujourd'hui composée
de 100 professeurs et accueille ponctuellement des invités
de coopération internationale. |
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Un agent éducatif
britannique faisant la promotion des institutions anglaises.
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Echange de points
de vue en face des nombreux stands d'écoles étrangères.
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La Chine à l'heure de
la mondialisation
Alors que de nombreux étudiants partent de Chine, de nombreux
professionnels chinois rentrent dans leur pays après une
expérience à l'étranger. Conscient de leur
importance dans le développement économique de la
Chine, le gouvernement souhaite valoriser leur potentiel. Ainsi
finançant les études de certains étudiants
à l'étranger, il encourage leur retour en Chine et
a promulgué à cet effet une série de lois.
Le 30 septembre 2003, le gouvernement chinois a ouvertement fait
l'éloge des étudiants rapatriés qui avaient
fait des contributions remarquables dans les divers domaines. Le
16 novembre 2003, un symposium sur la mission et l'opportunité
de développement des étudiants bénéficiant
d'une expérience à l'étranger a par ailleurs
été organisé à Beijing.
Outre une nouvelle réglementation, des zones de business
(aujourd'hui 60) ont été créées pour
faciliter le retour des expatriés. Elles leurs apportent
une aide précieuse dans les formalités administratives
et les approbations pour la création d'entreprises et offrent
pour la plupart des prêts avantageux aux nouvelles entreprises
scientifiques et technologiques. Ainsi le gouvernement municipal
de Shenzhen investit annuellement 30 millions de yuans pour aider
les sociétés créées par des Chinois
de retour de l'étranger. De même à Guangzhou
(capitale du Guangdong), où ils bénéficient
de traitements préférentiels comme l'attribution d'un
capital de 100 000 yuans et une dispense de taxes pendant les deux
premières années.
Grâce à ces mesures et au développement alléchant
de l'économie de la Chine, plus de 160 000 chinois sont revenus
de l'étranger, un chiffre qui augmente de 13% chaque année.
Une grande majorité d'entre eux ont ainsi intégré
des entreprises à fonds étrangers tandis que les autres
ont rejoint des organisations gouvernementales, des instituts de
recherche scientifique ou ont monté leur propre affaire.
Par ailleurs, Shanghai accueille chaque année dans ses départements
gouvernementaux plus de 50 Chinois anciennement expatriés.
L'un d'entre eux, Wu Yue, titulaire d'un doctorat d'Harvard, travaille
ainsi en qualité d'urbaniste en chef dans la nouvelle zone
de Pudong et gagne un salaire annuel de 500 000 yuans, soit un revenu
bien plus élevé que la majorité des fonctionnaires
chinois. Dans le parc scientifique et technologique de Zhongguancun,
les Chinois ayant étudié à l'étranger
sont nombreux et les entreprises qu'ils ont créées
s'élèvent aujourd'hui au nombre de 1 785, soit 15
% du total des entreprises high-tech du parc.
Parmi elles, UTStarcom, fondée en 1991 par Wu Ying, diplômé
de l'Institut polytechnique du New Jersey est un très bel
exemple de succès. La compagnie qui a démarré
avec quelques employés est devenue une grosse entreprise
réalisant un chiffre d'affaires annuel de 20 milliards de
yuans et a été citée dans le magazine américain
Business Week comme l'une des entreprises à la croissance
la plus rapide parmi les 100 entreprises IT les plus puissantes
du globe en 2000. Le succès économique de UTStarcom
a largement profité à Wu qui figure aujourd'hui à
la 19e place dans le Top 50 des grandes fortunes de Chine publié
par le magazine Fobus en 2000.
Outre des répercussions très positives dans de nombreux
domaines, les Chinois ayant bénéficié d'une
expérience multiculturelle à l'étranger ont
apporté des idées plus modernes dans l'administration
gouvernementale et le management des entreprises, une ouverture
d'esprit qui ne manque pas d'influencer leurs compatriotes.
Selon Wu, la combinaison de la sagesse orientale et des innovations
occidentales n'est pas étrangère à la réussite
de UTStarcom : «Jonglant avec les cultures chinoise et occidentale,
les Chinois d'outre-mer peuvent assimiler les différentes
conceptions de la technologie, du management, du capital et des
ressources humaines, quatre éléments indispensables
au succès économique d'une entreprise ».
Ji Xianlin, un véritable leader dans les cercles académiques
chinois, est très positif : «L'amalgame des idées
orientales et occidentales va donner naissance à une civilisation
encore plus rayonnante ». é.
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