2004.06

Environnement

Les grues à crête rouge

Texte et photographies de Wang Keju



Un oisillon est capable de marcher tout juste après être sorti de l'?uf.
Les grues femelles gardent un ?il sur leur petit.

Le peuple chinois considère les grues à crête rouge comme des oiseaux de bon augure. Dans les mythes et légendes de l'antiquité, l'échassier était souvent le compagnon des immortels et des hermites chinois, symbole de chance et de longévité, d'où le surnom de grue immortelle.
La grue à crête rouge (Grus japonensis) est un oiseau migrateur qui se nourrit dans les marais de la province du Heilongjiang, en Sibérie, dans la péninsule de la Corée et sur l'?le d'Hokkaido. Chaque printemps, les grues y migrent pour l'été et retournent dans le Sud à l'automne. Pendant la saison de reproduction le mâle et la femelle bâtissent ensemble un nid dans les marécages. La femelle pond en général deux ?ufs qui éclosent en même temps. Le mâle est chargé de protéger les oisillons des prédateurs et il lui arrive même d'effrayer les renards et les aigles grâce à son bec extrêmement long et pointu.

Les grues à crête rouge sont généralement monogames. Les oiseaux en couple restent ensemble toute leur vie et si l'un des deux meurt, l'autre ne cherchera pas de nouveau compagnon.


L'espérance de vie d'une grue, entre 50 et 60 ans, est très longue pour un oiseau. Les grues font environ 1,2 m de hauteur, ont un plumage blanc tandis que leur bec et leurs joues sont noires. La crête rouge qui se trouve sur la tête des adultes est en réalité un morceau de chair. Les ailes pliées sont plus longues que la queue et on les confond souvent avec celle–ci.
La grue à crête rouge est une espèce rare qui compte aujourd'hui 1 450 individus dont 1 200 vivent en Chine. De ce fait, elle a été enregistrée sur la liste des oiseaux en voie de disparition du Livre rouge du Conseil international de la préservation des oiseaux (ICBP) et inscrite sur la liste nationale des espèces sauvages en danger protégées par la Chine.
Les grues ont besoin de l'environnement calme des marais pour se reproduire. Malheureusement, la destruction de ces derniers a conduit à la diminution de l'espèce. Les marais sont le baromètre du système écologique local et leur préservation en l'état est indispensable pour protéger l'équilibre écologique, les espèces rares comme les grues ou encore l'humanité elle–même.
La bannière de Hulun Buir, située dans l'est de la Région autonome de Mongolie intérieure, Zhalong près de Qiqihar dans la province du Heilongjiang, la partie centrale de la plaine des Trois Rivières ainsi que Baicheng dans la province du Jilin sont aujourd'hui les endroits privilégiés des grues à crête rouge pour leur reproduction. En 1987, le gouvernement chinois a fait de la réserve naturelle de Zhalong une réserve nationale et l'a inscrite sur la liste des marécages internationaux. Avec une surface de 2 100 km2, la réserve naturelle abrite 248 espèces d'oiseaux et 20 autres espèces d'animaux.

Les grues à crête rouge vivent en communauté et parfois un rassemblement peut compter plus de 100 oiseaux.
Lissant son plumage.

Ces dernières années, la réserve naturelle de Zhalong n'a pas ménagé ses efforts pour protéger les grues et réaliser des études qui ont été louées par les spécialistes du monde entier. Grâce à l'incubation artificielle, les scientifiques et les chercheurs ont élevé plus de 100 grues à crête rouge. Ils ont par ailleurs mis au point les meilleurs équipements pour relâcher les échassiers dans la nature et les aider à survivre pendant les rudes hivers.

Une grue mâle déployant ses ailes pour faire la cour.
Grue à crête rouge déployant ses larges ailes.