2004.06

Les étrangers en Chine

Un œnologue en Chine

Texte de Rong Ping
Photographies de Liu Zhankun



Sean C. O'Shea, œnologue irlandais, est venu à Beijing pour la première fois il y a dix ans. Il a ouvert depuis dans le centre Beijing–Guangzhou un restaurant de cuisine occidentale appelé Zuma et qui possède un bar à vin.
Agé de 40 ans, O'Shea est diplômé du Collège de management hôtelier du groupe Hilton et a obtenu un prix lors d'un concours organisé par l'Institut de management hôtelier de Grande–Bretagne. A 24 ans, il a complété sa formation aux Etats–Unis où il a également travaillé dans un restaurant de luxe. Serveur à ses débuts, il a été promu après six années d'efforts au poste de contremaître puis de cellier, un poste à haute responsabilité car de nombreux clients étaient des célébrités, capables de dépenser une fortune pour un grand cru.

Le directeur n'hésite pas à servir lui–même les clients s'il n'y a pas assez de personnel.
O'Shea et sa femme.
Sean C. O'Shea au travail.

«Vous devez montrer aux clients que vous connaissez personnellement le vin que vous leur conseillez» lui a un jour expliqué son manager. Aussi, O'Shea a dû beaucoup travailler pour accumuler des connaissances en œnologie mais ses efforts ont été récompensés quatre ans plus tard par l'obtention du plus haut certificat de spécialiste en vin rouge. Il considère cependant que ce dernier recèle de nombreux mystères. Outre les cépages et les appellations célèbres, faut–il encore savoir comment marier les vins avec les plats.
C'est en 1993, à 33 ans, que O'Shea est arrivé à Beijing où il a commencé à commercialiser du vin deux ans plus tard. Avec l'ouverture de la Chine et les changements d'habitudes de consommation, le vin a peu à peu gagné les faveurs des Chinois. A la fin de la crise financière asiatique en 1997, de nombreux producteurs de vin ont commencé à cibler ce nouveau marché. Mais la quantité de vin de basse qualité importé en Chine et le nombre des contrefa?ons n'ont pas rendu la tache aisée. Il a également fallut éduquer les consommateurs chinois qui, par manque de connaissances, n'hésitaient pas à mélanger le vin à des boissons gazeuses, de la glace ou du citron.

O'Shea et son équipe prépare avec beaucoup de soins la salle de restaurant avant l'arrivée des clients.
Pour O'Shea, son fils est "le Dieu" de la famille.
Le fils d'O'Shea bénéficie d'une éducation bilingue et apprend à la fois les cultures occidentale et orientale.
Le marché chinois est très attractif car il offre un gros potentiel et permet de réaliser de gros chiffres d'affaires en terme de ventes, mais pour O'Shea, commercialiser le vin n'est pas le meilleur moyen d'en répandre la culture. Aussi, a–t–il décidé d'abandonner le commerce au profit de sa passion de l'œnologie en ouvrant le restaurant Zuma, qu'il bichonne comme son propre enfant.