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Le
passage de plusieurs charrettes d'ânes soulève
un nuage de poussière qui voile les ruines de l'ancienne
ville de Gaochang.
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Construite
avant JésusChrist, l'ancienne ville de Gaochang
située près des montagnes de Feu, à 46
km à l'est de Turfan, est un entremêlas de petites
allées et de ruelles. Les murs de la vieille cité
sont encore bien préservés et il reste encore
des douves. Gaochang a été une ville importante
sur la Route de la Soie pendant près de 1 000 ans mais
a été incendiée lors d'une guerre au
cours du XIVe siècle.
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Le bassin de
Turfan qui se trouve à 182 km à l'ouest d'Urumqi (capitale
de la Région autonome ou?goure du Xinjiang) est l'endroit
le plus bas du monde après la Mer morte de Jordanie, localisée
à 392 m en dessous du niveau de la mer. Le lac Aydingkol,
dont la surface de l'eau se trouve à 155 m en dessous du
niveau de la mer, est le point le plus bas de Chine. Le basin de
Turfan est également connu comme l'endroit le plus chaud
et le plus sec de Chine.
La température s'y élève à 35 ˇăC,
au moins 100 jours par an, et la température record a été
enregistrée à 49.6 ˇăC (la température
maximale enregistrée sur la terre s'est élevée
à 83.3 ˇăC le 13 juillet 1975). Depuis de nombreuses
années, la moyenne annuelle des précipitations n'est
que de 16 mm, ce qui explique le surnom de pôle sec qui est
également donné en Chine au bassin de Turfan.
A travers le bassin se trouve un réseau de 1 200 karez (système
d'irrigation) totalisant 5 000 km de longueur qui alimente les champs
de l'oasis du bassin. Le réseau de karez est l'un des trois
plus grands ouvrages de l'ancienne Chine avec la Grande Muraille
et le Grand Canal BeijingHangzhou.
Turfan est souvent comparé à un oiseau à deux
têtes, dont l'une, enfoncée dans le sol, révèle
l'histoire de la ville, et l'autre, audessus du sol, évolue
avec les progrès du bassin. Il existe une histoire sur cet
oiseau dans les soutras bouddhistes. Des broderies à l'effigie
de l'animal ont été découvertes dans les anciens
tombeaux Astana de Tourfan en 1975.
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Ferme
abritée par la verdure.
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Femmes
sur le chemin de la mosquée.
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Une
création de la nature et de l'homme
Outre la chaleur de cette «terre de feu», la nature
a doté le bassin de Turfan de montagnes de Feu qui
semblent s'embraser lorsque le soleil est au zénith.
Peu élevées, elles sont couverte de plis dont
la forme évoque des «langues de flammes»
de couleur ocre. La chaleur du soleil y est telle qu'il est
possible de cuire un uf sur la roche en 15 minutes.
Une courte promenade sur le sable brûlant déforme
par ailleurs les semelles des chaussures des randonneurs.
Peu surprenant alors, qu'une histoire ancienne raconte que
les officiels locaux de Turfan s'assoient toujours nus dans
une baignoire d'eau fraîche pour délibérer
sur les affaires en cours.
En été, les portes et les fenêtres des
maisons restent closes toute la journée tandis que
les familles s'abritent dans les celliers pour échapper
à la chaleur. Lorsque la température descend
un peu, les gens montent sur le toit des maisons pour dormir
à la belle étoile, profitant du vent frais qui
souffle de la montagne enneigée Bogda.
En dépit de cela, Turfan est un verger qui produit
les raisins les plus parfumés du monde. Les voyageurs
qui se rendent au Xinjiang ne manquent jamais de visiter la
ville, où ils peuvent s'enivrer de vin servi sous des
pergolas tout en appréciant les danses ou?goures.
Dans les endroits un peu plus élevés, on ne
trouve pas de maison d'habitation si ce n'est les ruines des
anciennes villes de Jiaohe et de Gaochang. De petites bâtisses
en forme de nid d'abeilles construites en hauteur avec des
mottes de terre servent au séchage des raisins. Le
vent chaud et sec qui entre par des trous percés dans
le mur transforme les raisins fraîchement cueillis en
de délicieux fruit secs.
Les habitants de Turfan ont choisi de vivre près de
l'eau et des montagnes ou dans des vallées telles que
la ravine des Raisins, la ravine du Bois ou celle de Tuyu.
Là, se trouvent de nombreuses habitations typiques
qui possèdent chacune une pergola devant la maison
et une vigne à l'arrière. Outre leur grain juteux,
les vignes apportent un peu de fraîcheur et protègent
les habitants du soleil ardent. L'histoire de la culture de
la vigne à Turfan remonte à plus de 3 000 ans.
Les reliques découvertes à Turfan révèlent
le passé brillant de la ville. Les tombeaux millénaires
et les momies bien conservées, le papier jin (premier
papier produit en Chine en 348), les premières annotations
tirées des Annales et du Soutra Saddharmapundarika,
uvres réalisées entre 695 et 699, nous
en disent plus long encore.
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La
danse et les chants constituent le quotidien des femmes
ou?goures.
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Une source de vie souterraine
Le réseau souterrain de karez est la source de vie
de Tourfan. Aujourd'hui, les experts débattent encore
pour savoir s'il vient de l'ancienne Perse, des Plaines centrales
de Chine ou s'il a simplement été réalisé
par les peuples locaux. Ce qui importe en réalité
est que Turfan a été radicalement transformé
par l'installation de ce système d'irrigation.
Un karez est un canal souterrain qui conduit les neiges fondues
des montagnes Tianshan vers les vignes. A travers le désert
de Gobi, se trouvent ainsi de nombreux monticules de terre
espacés les uns des autres par un bout de terre et
qui s'étendent jusqu'aux montagnes lointaines.
Selon un vieux Ou?gour de 75 ans, rencontré au hasard
du périple, la mise en place des karez est un travail
manuel particulièrement difficile. Les paysans doivent
creuser des puits à un intervalle de 20 ou 30 m et
les relier un par un canal souterrain jusqu'à ce qu'ils
puissent recevoir de l'eau. Aucune technologie moderne ne
peut pourtant effectuer ce travail aussi bien que l'homme
assure le vieillard qui creuse des karez depuis 65 ans et
poursuit ses explications détaillées sur la
manière de réaliser ces canaux. «Il faut
allumer une lampe avant de creuser, mais l'espace est très
réduit et le manque de largeur ne permet qu'à
un seul homme d'y travailler. La terre est remontée
au sol à l'aide d'un treuil et entassée autour
du puits».
La plus grosse difficulté est de garder le sens de
l'orientation à douze mètres de la surface de
la terre. Si le karez n'est pas construit dans la bonne direction,
les deux puits verticaux ne peuvent y être reliés.
L'ouvrier doit garder les yeux fixés sur la lampe à
huile qui indique la direction où le canal doit aller.
Le manque d'oxygène est particulièrement difficile
à supporter et certains ouvriers sont atteints de maladies
oculaires.
Selon le vieil homme, maintenir un karez en bon état
est tout aussi difficile que d'en construire un car la terre,
souple et branlante après l'hiver, a tendance à
s'effondrer. Les karez sont drainés à chaque
printemps, faute de quoi le réseau serait bouché
et les maisons souffriraient les unes après les autres
de sécheresse.
Le canal souterrain est un canal d'irrigation faisant couler
l'eau encore glacée de la montagne Tianshan vers la
maison du vieil homme. L'eau s'écoule lentement entre
les peupliers, sous les racines enchevêtrées
et les feuilles. La viande, les fruits et les légumes
sont conservés près de l'eau tandis que la maîtresse
de la maison vient de temps à autre remplir son seau.
L'harmonie et la paix règnent partout ici. Le canal,
de moins d'un demimètre de largeur, fournit de
l'eau à plus de 40 vignobles, comme celui du vieillard.
Ce dernier cultive plus de 15 sortes de raisin sur un petit
terrain de 0,33 hectares qui représente le gagnepain
de la famille.
L'eau permet à la région la plus sèche
et la plus chaude de Chine d'avoir un peu de verdure et de
cultiver les raisins les plus parfumés qui soient.
Elle permet également au habitants de supporter les
vents chauds et secs.
Vu du ciel, un réseau de karez semble traverser le
désert comme une colonne de fourmis. On estime que
la longueur totale du réseau de karez de Turfan excède
la longueur du Changjiang (Yangtsé), plus long fleuve
de Chine, et celle de la Grande Muraille.
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Séchage
des raisins.
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Le
réseau karez qui conduit l'eau des sommets enneigés
vers le désert est vital pour le basin de Tourfan.
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Etal
de viande.
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