2005.01

Série sur la médecine traditionnelle chinoise (2)

Les théories fondamentales de la médecine traditionnelle chinoise

Texte de Meng Yonghong
Photographies par Imaginechina



Vieux docteur de médecine traditionnelle chinoise palpant le pouls d'un patient.

Partie importante de la culture chinoise, la médecine traditionnelle chinoise (MTC) possède un système théorique unique. En raison de sa complexité, certains émettent des doutes et soulèvent des questions ambigu?s par rapport à son contexte scientifique. Contrairement à la médecine occidentale à laquelle les gens sont plutôt familiers, la médecine traditionnelle chinoise utilise rarement les données objectives ou les graphiques pour soutenir son argumentation. Cependant, elle a prouvé son efficacité depuis des milliers années de pratique.
La grande différence entre la médecine occidentale et la médecine traditionnelle chinoise réside essentiellement dans des approches culturelles différentes et leurs méthodes de mise en pratique. Selon la médecine occidentale, le corps humain est une boîte noire qui doit être ouverte pour pouvoir étudier le corps humain et ses maladies. En d'autres termes, les organes, les tissus, les cellules et autres micros–phénomènes sont sujets à des examens très minutieux. La médecine traditionnelle chinoise va à l'encontre de ces pratiques. En raison des limites des conditions d'études dans la Chine antique, les médecins ne pouvaient se permettre d'étudier les corps dans leur globalité, mais formaient leurs jugements sur la différenciation des symptômes puis diagnostiquaient et traitaient les maladies à partir d'une analyse générale.

Toute science est influencée par une certaine philosophie et la médecine traditionnelle n'échappe pas à la règle. Elle a été profondément marquée par l'ancien matérialisme et la dialectique chinoise : le yin–yang et la théorie des cinq éléments. Les organes du corps sont en interrelation, tout comme les autres phénomènes naturels, et l'on peut avoir une meilleure compréhension en recherchant les corrélations et correspondances. Le yang, force de la lumière, représente l'énergie et les facteurs positifs tandis que le Yin, force de l'obscurité, représente le repos, la passivité et tous les facteurs négatifs. Lorsque ce concept est appliqué à la médecine traditionnelle, le yang représente les substances qui peuvent améliorer les fonctions corporelles, tandis que le yin représente les substances nutritives qui alimentent le corps ou qui joue un rôle inhibitif.
Les cinq éléments désignent l'eau, le feu, le bois, le métal et la terre, mais ne réfèrent pas simplement à ces cinq substances concrètes. D'après la médecine traditionnelle, le foie correspond au bois, le cœur au feu, le poumon au métal, le rein à l'eau et la rate à la terre. Ces cinq éléments de l'univers s'engendrent et se dominent, servant à expliquer les relations des viscères de l'être humain et les influences mutuelles entre eux.

Le thé aux chrysanthèmes et à la menthe fraîche ne soigne pas seulement les inflammations mais fait également descendre la pression sanguine
L'acupuncture stimule les points d'acupuncture grâce à l'insertion d'aiguilles d'acupuncture, d'une seconde à une demi–heure.
Illustration des points d'acupuncture.

Grâce à l'accumulation des pratiques médicales, les peuples anciens ont acquis une riche expérience. Les quelques connaissances sur la dissection ont permis de créer la théorie jingluo (méridien) sur les canaux principaux et collatéraux qui forment un système de conduits permettant de distribuer le qi, l'énergie vitale, à travers le corps humain. Les maladies apparaissent lorsque le flux d'énergie vitale est interrompu. Afin de les soigner, l'intégrité des canaux et le flux d'énergie doivent être restaurés. L'utilisation sélective des points d'acupuncture, le massage des canaux abîmés et la consommation d'herbe médicinale sont les moyens utilisés pour parvenir à la guérison. La médecine traditionnelle a ainsi formé une façon unique de traiter les maladies à travers le diagnostic et le traitement en se basant sur une analyse globale de la maladie et de la condition du patient.
Les quatre méthodes basiques du diagnostic en médecine traditionnelle s'appuient sur l'observation, la sensation des odeurs, le questionnaire et la palpation des pouls. Le docteur forme son jugement grâce à une étude croisée minutieuse des informations collectées au cours des quatre procédures. A chaque symptôme, son traitement. La médecine traditionnelle chinoise met malgré tout l'accent sur «le traitement des origines de la maladie». Le symptôme est seulement l'aspect extérieur de la maladie. Pour sauver un arbre qui flétrit, le meilleur moyen est d'arroser la racine et non pas de nourrir les feuilles. Seules des racines en bonne santé permettent à l'arbre de reprendre vie. Il est inutile de soigner les feuilles si les racines sont en bonne santé.
Grâce à ses propres caractéristiques, la médecine traditionnelle est un moyen très sain de traiter les maladies. Durant le SRAS qui a sévit en Chine au premier semestre 2003, presque 60% des patients atteints du syndrome en Chine ont reçu un traitement combinant médecine occidentale et chinoise. L'Organisation Mondiale de la Santé a fait des commentaires très positifs sur ce dernier, car il permettait de réduire les difficultés respiratoires et les inflammations des patients tout en traitant les effets indésirables causés par l'utilisation des hormones pour traiter le virus. Les recherches ont ainsi prouvé que les patients atteints de SRAS, à âge et conditions physiques identiques, avaient plus de chance d'être guéris avec la combinaison des deux types de médecine qu'avec le seul traitement de la médecine occidentale. Parmi les docteurs et les infirmières qui soignaient les patients atteints de SRAS, ceux qui avaient pris des herbes médicinales chinoises à des fins préventives n'ont jamais été infectés par le virus pendant toute la période de propagation.

Comme il fait généralement très sec et très froid au mois de février en Chine, China Pictorial recommande ici aux lecteurs deux types de thés bénéfiques pour la santé.

1.
Pour ceux souffrant de chaleurs internes excessives (avec des symptômes comme la constipation, la conjonctivite et les inflammations des cavités nasales et orales) : mettez 3 g de chrysanthèmes, 3 g de fleurs de sophora et 3 g de thé vert dans une tasse où vous verserez de l'eau chaude. Laissez infuser et servez.
2.
Pour ceux qui ont besoin de tempérer leur caractère et d'être plus serein : mettez une petite quantité de vin jaune de Shaoxing, de roses, des fruits de lycium, des jujubes, de la pulpe de longane séchée ainsi que du sucre cristallisé dans une tasse et ajoutez de l'eau bouillie. Laissez infuser 15 minutes avant de servir. 1 once ¡Ö 28,35g