2005.03

Les étrangers en Chine

Je suis un éboueur étranger

Texte et photographies de Zhou Chao



Hennie s'occupe des déchets comme un passage vers la fortune et le rêve. Il se rend dans le centre de traitement des déchets deux fois par jour pour vérifier que les tuyaux de méthane sont remplis suivant les normes et qu'ils sont recouverts proprement.
Hennie, heureux de travailler au sein d'une équipe soudée.

Après sa tasse de café matinale, Hennie Van de Ven enfile son uniforme de travail et part pour le travail. «Je travaille en Chine depuis plus de deux ans. Jusqu'à présent tout va bien. Mes collègues chinois m'appellent l'éboueur yang (étranger). Ce surnom n'est pas mal».
Agé de 37 ans, Hennie, est diplômé d'ingénierie environnementale. Fin 2001, encouragé par son gouvernement, ce spécialiste hollandais est arrivé dans la ville de Wuhan, dans la province du Hubei, pour offrir son aide technique à la station électrique de traitement des déchets.
Hennie nous informe que quatre usines de traitement des déchets vont être développées. Jusqu'à présent, une usine est totalement opérationnelle et traite 20% (950 tonnes) de déchets des foyers urbains par jour.
Le méthane, co–produit gazeux issu de la fermentation des déchets, est dirigé par un gazoduc jusqu'à des machines qui le convertissent en électricité. Le courant ainsi créé est par la suite transmis en ville par le réseau électrique urbain.

Après le travail, Hennie rencontre souvent ses amis pour dîner. Son plat chinois préféré est un plat à base d'œuf et de tomate.
Hennie commence sa journée par une tasse de café.

Avant sa mutation en Chine, Hennie a travaillé au Canada, au Royaume–Uni et dans d'autres pays étrangers. Il aime voyager car «chaque lieu lui donne des sensations différentes». Durant ces deux années de travail à Wuhan, Hennie a bien travaillé avec ses collègues chinois mais, comme dans toute profession, des tensions ont parfois lieu. « Ils veulent utiliser la force manuelle pour creuser le puits générateur de méthane alors que je pense qu'un moyen mécanique est plus adapté» donne–t–il en exemple tout en ajoutant : «Les discussions et la communication sont primordiales».
Il semble que son séjour prolongé en Chine ait rendu Hennie à moitié chinois. Il adore la culture et la nourriture chinoise, en particulier les nouilles épicées et sèches, spécialité de Wuhan. Durant la conversation, le dialecte de Wuhan lui vient de temps à autre aux lèvres, tandis qu'il dit avec amusement, que chez lui, à Wuhan, «il y a trois chiens, un chat, un Hollandais (lui–même) et une beauté australienne (son amie)». Il raconte avec plaisir être rentré aux Pays–Bas l'an passé fêter le réveillon de No?l avec sa mère avant de revenir rapidement à Wuhan pour passer un No?l romantique avec son amie.
Malgré la fatigue engendrée, Hennie estime que ces allers–retours entre les deux pays en valent la peine. Il offre à la Chine le meilleur en matière de concept et de technologie de protection de l'environnement pour que les déchets des zones urbaines ne soient plus un poids mais une ressource.

Hennie passe un ou deux jour par mois à former des ouvriers à la protection de l'environnement et aux techniques de travail.
Hennie au travail avec ses collègues chinois.

Informations supplémentaires :
Dans les villes modernes actuelles, le traitement final des déchets est devenu un enjeu de taille. Dans la plupart des cas, les matériaux sont simplement mis à l'écart dans des centres d'enfouissement des déchets, ce qui peut abîmer des terrains de qualité, aboutir à des fuites de déchets liquides et conduire à des pollutions de l'air quand l'émission de gaz dangereux n'est pas contrôlée.
En 2001, la municipalité de Wuhan, aidée par des prêts des Pays–Bas, a lancé la construction de son usine de traitement des déchets de Erfeishan. En 2003, l'usine a commencé à traiter des déchets des zones de Wuchang, Hongshan, Donghu et ainsi que ceux provenant d'autres zones de hautes et nouvelles technologies. Le méthane des centres d'enfouissement génère dorénavant de l'électricité d'une puissance de 1800 kW. Il existe actuellement deux autres usines de traitement des déchets en Chine : l'usine de Tianziling à Hangzhou et l'usine de Xingfeng à Guangzhou.
Il est prévu que d'ici 2010, 85% des déchets des ménages urbains chinois seront traités par des méthodes respectueuses de l'environnement.