2005.04

Société

Les Jeux Olympiques de Beijing 2008



Accompagnant des visiteurs étrangers. L'ambition de Liu est d'utiliser les langues qu'il a apprises pour servir les gens qui viendront des quatre coins du monde en 2008.
Comme un bon guide, Liu, est toujours attentif aux gens qui le questionnent.

Après avoir perdu deux campagnes, Beijing a finalement gagné le titre de ville d'accueil des Jeux Olympiques 2008 le 13 juillet 2001. Depuis que le compte à rebours est officiellement lancé devant le musée national situé à l'Est de la place Tian'anmen, de plus en plus de citoyens s'investissent eux aussi dans les préparatifs. 2005 marque la première année critique des 7 années de préparations de Beijing. L'étude de l'environnement municipal et l'édification culturelle sont aujourd'hui sur la table, tandis que le programme olympique, le slogan et le logo ont été réalisés et que le club de partenariat coopératif olympique a été établi. Nombreux sont par ailleurs ceux qui s'enthousiasment pour l'apprentissage de l'anglais et des cultures étrangères. Tous ces efforts menés démontrent l'enthousiasme du gouvernement municipal, des organisations, des officiels, des athlètes et du citoyen. Les préparations olympiques font aujourd'hui l'objet d'une véritable campagne publique. Liu Liwen, policier civil de Beijing et premier policier bilingue à recevoir le Certificat avancé d'anglais oral, compte parmi les fervents supporters des Jeux Olympiques de Beijing. Il a été sélectionné comme relayeur de la torche olympique en Chine et a l'ambition de maîtriser de nombreuses langues étrangères pour servir les visiteurs venus des quatre coins du monde en 2008.

Liu adore communiquer avec les étrangers. Pourquoi pas ? Converser avec eux est le meilleur moyen d'améliorer ses compétences linguistiques et de leur offrir ses services.

Une mauvaise expérience
Le policier Liu Liwen se trouve souvent dans le pavillon Wanshan du parc Jingshan, à discuter avec les étrangers pour les guider ou leur introduire l'histoire du parc. Agé de 36 ans, il travaille au poste du parc Beihai du Commissariat de l'arrondissement Xicheng dépendant du Bureau de la sécurité publique de Beijing.
Il a commencé à apprendre l'anglais après une mauvaise expérience lors de la Conférence internationale des femmes à Beijing en 1995. Policier ordinaire, responsable de la logistique, Liu avait été envoyé par le Bureau de la sécurité publique municipal pour suivre des cours d'anglais en 1995 en vue du travail de réception de la Conférence internationale des femmes. Lors de l'événement, Liu avait pour tâche de se tenir au nord du Grand Palais du Peuple situé sur l'avenue Chang'an. Un jour, alors que certains participants étrangers voulaient entrer dans le palais pour assister à la conférence, Liu a mal compris leur question et leur expliqua qu'il était impossible de pénétrer dans le monument car un meeting y avait lieu. Les étrangers comprirent, sourirent mais voulurent savoir pourquoi l'accès leur était interdit. Malheureusement, Liu ne pouvait s'exprimer davantage et se trouvait très gêné.
Cette expérience fut pour Lui une terrible leçon car il se rendit compte qu'à 28 ans, il avait oublié tout l'anglais qu'il avait appris à l'école. Recommencer à apprendre fut pour lui une décision difficile puisqu'il fallait recommencer depuis le début mais il était décidé à ne pas lâcher prise.
Depuis ce jour il a commencé à écouter quotidiennement les actualités en anglais mais ce travail n'était toujours pas suffisant pour communiquer avec d'autres. Un jour, quelqu'un lui parla d'une méthode simple et efficace pour apprendre l'anglais : pratiquer l'anglais oral dans les ateliers de langues organisés dans les collèges le week–end.

L'atelier d'anglais
La première fois qu'il s'est rendu à l'atelier d'anglais, Liu était revêtu de son uniforme ce qui surprit beaucoup les autres participants. Certains jeunes collégiens vinrent vers lui et commencèrent à discuter. Plutôt nerveux, Liu s'est aperçu qu'après quelques phrases, il avait déjà épuisé tout son vocabulaire. Il décida donc de recommencer au début et se força à parler. Au lieu de se concentrer sur le lexique et la syntaxe comme le faisaient les autres étudiants, Liu s'est seulement axé sur son oral. Après un an, il était capable de communiquer avec facilité avec les autres apprenants.
L'apprentissage auprès des autres
Après avoir appris l'anglais, Liu a rencontré de nombreux étrangers avec qui il est devenu ami. Un d'entre eux l'a particulièrement ému. Un jour qu'il était de service, un étranger en imperméable jaune s'est approché de lui pour lui demander où il était possible de se restaurer près du Musée du Palais impérial. Liu conseilla à l'homme de se rendre à Wangfujing où le choix est varié, la nourriture plutôt bonne et les prix convenables. Après quoi, il appela un taxi. L'étranger était particulièrement étonné. Cela faisait deux semaines qu'il était en Chine et Liu était le premier policier qu'il rencontrait à Beijing à savoir parler anglais. En disant cela, il retira soudain son manteau sous lequel il portait un uniforme bleu marine quasi identique à celui de Liu. Il déchira le badge fixé sur sa manche et le donna à Liu en lui disant : «Nous sommes du même métier, c'est le meilleur présent que je puisse t'offrir». Liu fut particulièrement touché.
Liu a ainsi réalisé qu'apprendre l'anglais lui donnait l'opportunité d'avoir des échanges réellement humains avec les autres. Pour lui, ce badge était la meilleure reconnaissance que l'on pouvait lui faire, car un policier ne s' en sépare jamais.

«Donne–moi ta main…» Liu est un policier qui a le sens du devoir.

Devenir polyglotte
En 2001, lorsque Beijing a posé sa candidature pour les Jeux Olympiques de 2008, l'apprentissage des langues étrangères devint un besoin urgent. C'est dans ce contexte que Liu a été assigné à la station de police du parc Beihai pour servir les visiteurs étrangers. Il a fait de son mieux mais s'est rapidement aperçu que ses compétences linguistiques étaient insuffisantes.
Un jour, un étranger s'est présenté à lui. Il était français, parlait un peu chinois mais ne connaissait pas l'anglais. Malheureusement, Liu ne comprenait pas le français et il était difficile pour eux de communiquer ensemble. Il s'est ainsi rendu compte que la maîtrise de l'anglais n'était pas suffisante pour devenir un policier qualifié pour servir les étrangers. C'est ainsi qu'il commença à apprendre d'autres langues, comme l'espagnol et le français.
Sur le trajet quotidien de Liu se trouve un restaurant dans lequel de nombreux étrangers viennent prendre leur repas. La majorité d'entre eux étant français, c'est là que Liu est venu régulièrement apprendre en discutant avec eux. Il est ainsi devenu capable de saluer quelqu'un en français et de chanter des bribes de la Marseillaise. Liu possède aujourd'hui des notions dans douze à treize langues étrangères ce qui lui permet de parler aux touristes du monde entier. Des visiteurs polonais pourront ainsi être contents et surpris de rencontrer un policier parlant quelques mots dans leur langue maternelle. Liu rencontre chaque jour davantage d'étrangers et espère toujours améliorer ses connaissances pour pouvoir fournir un service de meilleure qualité aux touristes étrangers.