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Dans une région
très peu habitée, située à l'ouest de
la province du Sichuan, les artisans et gardiens de la maison des
Sutras de Dege pratiquent et protègent leurs reliques bouddhistes
imprimées à partir de planche de bois sculptées
depuis plus de 200 ans.
Le district de Dege, dans les montagnes du département autonome
tibétain de Garze, abrite une fabrique d'impression de sutras
de plus de 3 000 m2. Du rezdechaussée au grenier,
270 000 planches de bois ayant servi à la réalisation
de 208 livres sont ici stockées. 200 autres planches sont
conservées pour l'impression de Tanka.
Outre les sutras bouddhistes et les arts classiques, les planches
servent à la fabrication de dictionnaires, de biographies,
d'ouvrages de références divers sur la médecine
tibétaine, ainsi que des tomes sur l'astronomie, la littérature,
la musique, l'architecture et les beauxarts. Tous ces documents
historiques jouent un rôle important dans la préservation
de la culture, de l'histoire et de la religion du Tibet.
Considérée comme l'une des trois plus grandes collections
tibétaines, la collection de la maison des Sutras de Dege
contient 830 ouvrages classiques encore publiés aujourd'hui
à partir des planches de bois. Ici, se trouve également
les très rares planches contenant les textes sur Les origines
du bouddhisme indien ainsi que Les 8 000 vers bouddhistes, écritures
sacrées très importantes. L'art de l'impression à
partir de planches de bois sculptées n'est presque plus pratiqué
en Chine, mais dans la maison d'impression des sutras de Dege, les
techniques xylographiques perdurent. Les caractères et les
dessins sont précautionneusement gravés dans le bois
qui, recouvert d'encre, est appliqué sur des feuilles de
papier fabriqué à partir de fibres de stellera chamaejasme,
une plante locale entrant parfois également dans la composition
des remèdes. Les pages ainsi imprimées sont séchés
à l'ombre avant d'être minutieusement assemblées.
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Un
travail effectué ici depuis plus de 200 ans.
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Une
imprimerie en effervescence.
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Une seule
méthode permettait autrefois de garantir la qualité
des impressions. Chaque trait gravé de la planche de
bois était rempli de poudre d'or. Plus la gravure était
profonde, plus il fallait utiliser de poudre et plus l'artisan
était payé. La profondeur des gravures était
cependant limitée pour maintenir la qualité
et la longévité de la planche.
La plupart des graveurs d'exception venaient du district de
Jomda du Tibet, qui se trouvait autrefois sous la juridiction
de Dege, où cet art s'est transmis de génération
en génération. Les artisans actuels travaillent
parfois même le bois avec des outils fabriqués
par leurs a?eux. La majorité des vieilles planches
de bois est toujours utilisée pour l'impression des
sutras bouddhistes mais elles sont limitées dans l'usage
à dix volumes de chaque ouvrage par an afin de les
préserver. Ces dernières années, l'imprimerie
a ainsi commencé à refaire ou à réparer
des planches détériorées au fil du temps
comme le très rare canon bouddhiste Tripitaka
Kanjur
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L'imprimerie
de sutras de Dege cachée au milieu des montagnes
à 5 000 m d'altitude dans l'ouest du Sichuan.
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Des
imprimeurs examinant la qualité des planches.
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C'est
après avoir traversé la montagne rocheuse Chola,
à 5 000 m d'altitude, que l'on descend dans le district
de Dege, le long de la rivière Jinsha au Sichuan. Considéré
comme le centre de la culture tibétaine Khampa, Dege
possède une géographie très en relief,
faite de profonds canyons, de rivières impétueuses,
de hauts arbres et de pâturages verts. C'est au milieu
de ce paysage que l'imprimerie a été fondée
il y a plus de deux siècles par Chuji Donba Tsering,
42e chef de tribu de Dege et 6e lama couronné. On raconte
que sa volonté de protéger les écritures
et l'art de son peuple lui est venu un jour alors qu'il écoutait
les lamas chanter les textes sacrés. Il concrétisa
sa vision en réalisant, en 1729, la construction du
palais de Degeba, prédécesseur de l'imprimerie
des sutras bouddhistes de Dege. C'est là que furent
notamment protégées les fameuses planches d'impression
du canon sacré Kanjur.
Après avoir pris le poste de chef de tribu, le fils
de Chuji Donba Tsering a continué de collectionner
les planches gravées d'ouvrages de disciplines variées.
Les chefs de tribu suivants ont aussi grandement contribué
à l'agrandissement de l'imprimerie de Dege.
Les ouvrages actuellement imprimés, préservés
et exposés sont des uvres retraçant l'histoire
des principales sectes du bouddhisme tibétain. L'inventaire
de la collection compte des centaines de sutras honorant les
cinq sectes de la religion. La majorité d'entre eux
sont extrêmement rares, en particulier la dernière
copie des Origines du bouddhisme tibétain, dont l'autre
célèbre copie a été perdue en
Inde. On dénombre également quelques livres
précieux publiés en version bilingue tibétain
moderne et sanskrit. En raison de sa riche collection de sutras
bouddhistes et de blocs d'impression, son architecture hors
pair, sa variété de peintures murales et de
sculptures ainsi que sa longue histoire, l'imprimerie de sutras
de Dege va certainement bientôt gagner le titre de patrimoine
mondial de l'humanité.
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