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Portrait
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Un Bouddha vivant
porte sur les épaules une mission historique
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Il y a
dix ans, le 11e Panchen Lama, Bainqen Erdini Qoigyijabu, âgé
de 5 ans, était officiellement reconnu après une cérémonie
connue sous le nom de «méditation assise sur le lit».
Dix ans plus tard, il a autorisé la Télévision
centrale de Chine ainsi qu'un photographe de l'Agence de presse
Xinhua à jeter un regard sur sa vie et ses études
lors d'un interview exclusif. Lors de ce dernier, le Panchen Lama
a déclaré : «En tant que Bouddha vivant, je
sens que je suis le porteur d'une grande mission historique».
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Le
monastère Tashilumpo, appelé «temple du
bonheur et de la longévité» est l'un des
six temples principaux de la secte jaune du bouddhisme tibétain.
La cour du monastère représente l'endroit où
les Panchen Lamas donnent leurs sermons.
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CCTV : Quand
êtesvous rentré en contact avec le Bouddhisme
?
Panchen : Aussi loin que je me souvienne, j'ai été
influencé par le bouddhisme dès ma naissance et probablement
même alors que j'étais encore dans le ventre de ma
mère. Plus tard, j'ai entendu mes parents chanter L'hymne
au grand maître Padmasambhava ainsi que les écritures
bouddhistes traduites par d'éminents moines tibétains.
Je n'entendais pas seulement mais mémorisais à la
fois les contenus des écritures de certains de ces moines
tibétains érudits comme celles du grand maître
Tsongkhapa.
CCTV : Cela vous tient donc à cur de chanter
les écritures bouddhistes.
Panchen : Oui, en tant que fervents religieux, nous sommes
heureux de pouvoir entendre les sutras bouddhistes car la récitation
des mani génère chez les gens une sorte d'affection.
Une telle bienveillance est la fondation de la bodhi (éveil).
CCTV : Vous rappelezvous ce jour où l'équipe
à la recherche de la réincarnation du 10e Panchen
Lama est venue chez vous ?
Panchen : Je m'en souviens parfaitement. Ce jour là,
l'éminent moine Benba s'est déplacé du monastère
Tashilumpo pour venir chez moi.
CCTV : Lorsque vous avez appris que vous étiez la
réincarnation du Bouddha vivant, après le tirage au
sort fait à partir d'un vase en or, et que vous étiez
la réincarnation du grand maître Panchen Lama, qu'avez
vous pensé de tout cela ?
Panchen : J'ai pensé que je portais dorénavant
le poids d'une grande mission historique sur les épaules.
Ce fut ma première pensée.
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Le
16 août 2004, le 11e Panchen Lama a rendu hommage
à la statue de Sakyamuni dans le monastère
Tashilumpo de Xigaze, de retour d'un service bouddhiste
à Lhassa, où il a reçu un accueil chaleureux.
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«Je
suis un Bouddha vivant alors je dois apprendre advantage sur le
bouddhisme.»
CCTV : Maintenant vous avez radicalement changé
de style de vie en vivant dans une lamaserie. Comment vous êtesvous
adapté en si peu de temps ?
Panchen : Avec le changement de statut, de vêtements,
de nourriture et de boissons, ce sont de nombreux autres aspects
de ma vie qui ont changé. Tout le monde a besoin d'une
période d'adaptation. Tandis que l'on avance dans l'âge,
on devient plus sensible et plus habitué à un nouveau
style de vie.
CCTV : Nous vous avons observé étudier et
psalmodier les écritures
La manière dont vous
vous grattez le crâne lorsque vous réfléchissez
et riez en même temps. Cela signifietil quelque
chose ?
Panchen : Oui, débattre sur des sujets tels que
les écritures bouddhistes est une chose très importante.
Après avoir participé à une conférence
donnée par un maître de sutras, il est important
de réfléchir à ce qui a été
entendu. Durant le débat, il est possible d'échanger
son opinion avec les autres. Plus on s'investit dans des débats,
plus on peut apprendre de choses. Plus on a de connaissances des
sutras et plus on est fasciné par eux.
CCTV : Votre statut bouddhiste est aujourd'hui supérieur
à celui de vos quatre maîtres de sutras. Leur rendezvous
visite régulièrement ? Les considérezvous
comme vos aînés et vous sentezvous dépendant
d'eux ?
Panchen : Oui. Le titre de Bouddha vivant n'est pas plus
qu'un simple titre. La vraie compréhension du bouddhisme
ne repose pas sur le simple fait d'être un Bouddha vivant
ou non et je dois étudier les ouvrages bouddhistes comme
les autres. Mes maîtres m'enseignent la voie du bouddhisme
et je leur dois toute ma gratitude. Aussi j'éprouve un
grand respect pour mes aînés.
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Le
matin du 23 avril 2004, avant ses visites, le 11e Panchen
Lama étudie les écritures bouddhistes, moment
le plus important de la vie quotidienne.
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Le
24 septembre 2004 : le 11e Panchen Lama participe à
un débat religieux avec des lamas dans le monastère
Tashilumpo.
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«Je
prie pour les créatures vivant dans la misère»
CCTV : Vous avez présidé pour la première
fois une assemblée de bouddhistes au Tibet en 1999. On
raconte que plus de 10 000 personnes étaient alignées
dans une queue de 2 km de long pour vous implorer de bien vouloir
les toucher sur la tête et leur accorder votre bénédiction.
Quels étaient vos sentiments à ce moment ?
Panchen : Certains croyants très pieux viennent
pour une cérémonie d'initiation (dont le pouvoir
revient à un professeur religieux et qui permet de poursuivre
les études) comme expression de leur vraie foi. Pour satisfaire
leur demande, je leur fais des cérémonies d'initiation,
leur enseigne le dharma, et prie pour eux afin qu'ils soient protégés
de la maladie et des catastrophes.
CCTV : L'humanité a dû faire face à
de terribles désastres comme l'épidémie de
SRAS en 2003 ou le Tsunami dans l'Océan indien en décembre
2004. Qu'avezvous fait lorsque vous avez appris que ces
catastrophes avaient eu lieu ?
Panchen : Je prie toujours pour les créatures vivant
dans la misère. Lorsque cela a eu lieu j'ai prié
pour les victimes et ai donné de l'argent pour leur venir
en aide.
CCTV : A l'exception de vos services bouddhistes au Tibet,
vous rendezvous souvent dans des familles tibétaines
ordinaires ?
Panchen : Oui. Quand je le fais, je leur demande de prier,
d'aider les autres et d'avoir une vie heureuse.
CCTV : A vos yeux, votre père estil simplement
celui qui vous a engendré ou l'un de vos fidèles
?
Panchen : Bien sûr, je le considère comme
mon père car c'est lui qui m'a donné la vie. Je
ne peux oublier la bienveillance de mes parents sinon cela serait
agir non conformément à la nature humaine.
«La
télévision est le moyen principal que je possède
pour m'informer des événements nationaux et internationaux
majeurs».
CCTV : Regarder la télévision tous les soirs
estil important pour vous ? Apprenezvous beaucoup
sur le monde extérieur par la télévision
?
Panchen : Je peux avoir les informations nationales et
internationales principales. C'est le principal moyen d'information
que je possède pour savoir ce qui se passe dans le monde.
A l'exception du journal télévisé, j'aime
aussi regarder les séries télévisées
historiques.
CCTV : Suivezvous les affaires diplomatiques avec
intérêt?
Panchen : Oui.
CCTV : Quelle série télévisée
avezvous récemment regardé ?
Panchen : Le jeune empereur Kangxi.
CCTV : Trouvezvous des ressemblances ou des différences
entre vous et le jeune empereur ?
Panchen : Il y a des différences sur de nombreux
aspects. La Chine dans laquelle je vis est bien différente
de l'époque féodale dans laquelle vivait l'empereur
Kangxi. C'était un empereur tandis que je suis un moine
bouddhiste reconnu comme le Bouddha vivant. Je ne règne
pas. Je prie simplement pour le bonheur et l'égalité
entre les êtres vivant.
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Le
23 septembre 2004 à 8h30 : après le petit
déjeuner, le 11e Panchen Lama (premier à droite),
accompagné de son professeur de sutras (premier à
gauche, devant), son père (second à droite)
et ses attendants, se promène dans la cour de son
palace récemment construit à Xigaze.
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Le
23 septembre 2004 à 14h30 : le 11e Panchen Lama travaille
sur son ordinateur à la maison. Après le déjeuner,
il a du temps libre jusqu'à 16 heures. Il profite
généralement de ce moment pour améliorer
ses compétences informatiques, lire des écritures
bouddhistes tibétaines, des livres de sciences, des
revues ou des journaux.
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Le
19 octobre 2002 : le 11e Panchen Lama goûte un peu
de noix de coco sur le site du Bout du monde et du Coin
de l'océan à Sanya, dans la province du Hainan.
Le 11e Panchen Lama, accompagné du Lama Tsering,
directeur du Comité administratif démocratique
de Tashilumpo et son maître de sutras, ont visité
les provinces de Hainan et du Guangdong du 13 au 31 octobre
2002.
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«Je
dois poursuivre la glorieuse tradition des précédents
Panchen Lamas qui aimaient le pays et le bouddhisme»
CCTV : Nous avons noté que vous étudiez toute
la journée et il semble que vous êtes très
occupé
Panchen : Cela est vrai. Je dois mener à bien ma
mission historique et je dois pour cela beaucoup étudier.
CCTV : Quand ces études s'achèverontelles
?
Panchen : Il n'y a pas de fin.
CCTV : Pensezvous que vous êtes un enfant ou
un adulte ?
Panchen : Je ne suis ni l'un, ni l'autre. Je suis un jeune
homme.
CCTV : En tant que Panchen Lama, comment vous différenciezvous
des 10e, 9e et de tous les autres précédents Panchen
Lamas ?
Panchen : Il n'y a en réalité pas de grandes
différences. Le point le plus fondamental est que je dois
poursuivre la glorieuse tradition des précédents
Panchen Lamas qui aimaient le pays et le bouddhisme. La plus grande
différence est l'époque dans laquelle je travaille.
Je vais travailler dur pour la nation et son peuple. Je veux lutter
pour la réunification de la patrie, la solidarité
des différentes nationalités et le bonheur des gens.
Là est la mission que je dois remplir.
(Sur la base d'un reportage de CCTV)
Information
:
Dans le bouddhisme tibétain, Panchen signifie «grand
érudit». Le Panchen est considéré comme
la réincarnation du bouddha Amitabha et un symbole spirituel
suprême.
La réincarnation du bouddha vivant :
Le système de réincarnation du bouddha vivant est
une pratique unique au bouddhisme tibétain. Il y a 16 ans,
le 28 janvier 1989, le 10e Panchen Lama est décédé
au Tibet. La quête pour la réincarnation du 10e Panchen
Lama a immédiatement commencé en accord avec les
traditions religieuses tibétaines et avec le soutien du
gouvernement central. Le 29 novembre 1995, le jeune Gyaencaen
Norbu (le 11e Panchen Lama), âgé de 5 ans, a été
sélectionné comme la réincarnation du 10e
Panchen Lama après avoir fait un tirage au sort à
partir d'un vase d'or devant la statue de Sakyamuni dans le monastère
Jokhang à Lhassa, Le 8 décembre 1995, le son des
trompettes résonnait dans le monastère Tashilumpo
de Xigaze. Reconnu par le gouvernement central, le 11e Panchen
Lama a officiellement succédé au trône du
bouddhisme tibétain grâce à une cérémonie
intitulée «méditation assise sur le lit».
«A l'âge de cinq ou six ans», raconte son père,
«Gyaencaen Norbu parlait et se comportait différemment
des autres enfants. Déjà même à deux
ans, il montrait un intérêt particulier pour tout
ce qui concernait la religion».
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