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II y a
encore quelques années, dans le sudest de la province
du Yunnan, les jeunes gens qui cherchaient à rencontrer l'âme
sur devait prendre part à un événement
folklorique connu sous le nom de «Fleurs des montagnes».
Aujourd'hui, l'ancienne fête fait encore partie de la coutume
locale, mais ce n'est plus la seule occasion qui se présente
aux Miao pour tomber amoureux. Avec le développement de la
société chinoise, le festival traditionnel de «Fleurs
des montagnes» est devenu une sorte de célébration
du jour de l'An à laquelle tous les Miao prennent part.
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Jeunes
femmes Miao marchant le long d'un chemin serpentant à
travers les champs en terrasse pour se rendre au Festival
des fleurs de montagne.
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Mise
en place d'un mât.
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Gu Haiyan, âgée
de 19 ans, cherche dans sa garderobe pour en sortir sa jupe
plissée qui est rangée là depuis l'année
dernière. Elle va en effet porter la tenue traditionnelle
pour célébrer le second jour de l'Année chinoise,
le jour de la fête annuelle de «Fleurs des montagnes».
C'est seulement à cette occasion que Gu change son bluejean
et son Tshirt pour la robe traditionnelle. Elle pourra ainsi
composer «le parterre de fleurs» aux côtés
de ses amies et attendre avec impatience l'arrivée des jeunes
hommes venus des villages voisins.
La fête commence par une cérémonie destinée
à prier pour les descendants. Les ancêtres des Miao
considéraient que la grossesse d'une femme ne résultait
pas de l'union physique entre un homme et une femme, mais était
un cadeau des dieux. Ils choisissaient alors un tronc droit de sapin,
le taillait en forme de pointe et l'érigeait dans le sol
pour représenter le symbole mâle. Des rubans colorés
accrochés en haut du mât symbolisent l'union de l'homme
et la femme. Avec le temps, le sens original de cette cérémonie
s'est peu à peu terni et l'événement est devenu
une simple fête de communauté. Les jeunes gens de l'ethnie
Miao se ruent vers le parterre de fleurs. Ils dansent le lusheng
et chantent leur amour sous forme questionsréponses.
Gu Haiyan et ses amies vont prendre part au «parterre de fleurs»
de la ville de Yangjiezi, à 12 km de là. D'après
la jeune fille, la cérémonie y est plus traditionnelle
et sera marquée par la présence de jeunes hommes venus
des villes environnantes et avec qui elles pourront engager la conversation.
Situé à la frontière entre les districts de
Mengzi et Wenshan, et bien loin des chefslieux des deux districts,
ce «parterre de fleurs» est moins influencé par
la société moderne et le commerce.
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Gu
Haiyang et ses amies.
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Héros
et héro?nes du Festival des fleurs de montagne.
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Chaque année,
pour le festival, les gens de Yangjiezi préparent un endroit
dans la colline qui se trouve non loin. Des étals sont dressés
au centre tandis que la forêt de pins entourant l'espace à
découvert fournit l'endroit idéal où les jeunes
hommes et les jeunes femmes se promèneront en discutant pour
mieux se connaître.
Ils arrivent en général avant la fête pour se
rencontrer et parler en groupe. Lorsque deux jeunes gens se trouvent
des affinités, ils s'éloignent vers les bois pour
parler plus tranquillement. Dans le district de Mengzi, Yangjiezi
est le seul village qui maintienne encore la tradition. L'endroit
est donc très populaire lors du premier mois du calendrier
lunaire chinois, lorsque les fleurs couvrent la colline.
Selon la tradition, les jeunes femmes Miao ont toujours choisi leur
époux sans intermédiaire. «Il n'y a pas d'entremetteuse»
explique Fang Hengxian de la dynastie Qing dans son livre intitulé
Annales des coutumes Miao où il met en avant une peinture
colorée de l'amour et du mariage au sein du groupe ethnique.
Beaucoup de choses ont changé et les jeunes filles comme
Gu ont appris beaucoup de l'éducation moderne. Elles ont
cependant tendance à respecter la tradition du mariage et
continuent à revêtir leur jupe plissée pour
aller chercher l'homme de leur vie sur le «parterre de fleurs»,
au milieu des pins.
Avec l'ouverture de l'autoroute et le développement du commerce
dans les zones montagneuses, il n'est plus nécessaire aux
Miao vivant à Mengzi d'attendre le festival pour rencontrer
des gens. Cela a eu beaucoup d'impact dans l'évolution du
festival. Aujourd'hui, l'ethnie Miao a des contacts réguliers
avec le monde extérieur. Les anciennes traditions Miao d'amour
et de mariage ont également changé : le statut social
des familles des deux mariés est davantage pris en considération
de nos jours.
Lors du festival des «Fleurs de montagne» de Yangjiezi,
on peut voir de quelle manière les Miao perçoivent
la vie moderne. Bien que la fertilité et l'amour ne soient
plus les thèmes principaux de l'événement,
les gens sont toujours contents de venir respirer l'atmosphère
festive ou de participer aux combats de taureaux. Il y a encore
quelques années, les jeunes femmes chantaient des chansons
aux jeunes hommes qui se tenaient de l'autre côté de
la montagne. Mais aujourd'hui, il s'agit seulement d'un jour de
commémoration.
Durant le premier mois du calendrier lunaire, lorsqu'il fait encore
froid dans le nord et que les fleurs de pêcher sont déjà
en fleurs dans la montagne Ailao, les Miao célèbrent
leur jour des amoureux. Le taux de divorce très faible au
sein de la communauté Miao peutil être attribué
à cette SaintValentin chinoise ?
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Femmes
choisissant des objets artisanaux Miao.
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Le groupe
ethnique Miao
Les Miao dont l'origine remonterait selon la légende à
la tribu Chiyou Jiuli, représentent l'un des plus vieux groupes
ethniques de Chine. La tribu en défaite a quitté la
vallée du fleuve Jaune pour se rendre dans celle du Changjiang
(Yangtsé) où elle a établi le royaume Sanmiao.
Les Miao qui avaient été soumis à de longues
années de guerre et de conflits cherchèrent un endroit
tranquille où vivre et entamèrent trois grandes vagues
de migration, atteignant finalement les montagnes du sudouest
de la Chine, adjacentes au Laos et au Myanmar.
Lorsque les Miao arrivèrent au Yunnan, ils y trouvèrent
d'autres ethnies qui y étaient déjà installées.
Ils pénétrèrent alors dans les montagnes afin
d'éviter de nouveaux conflits. C'est dans la montagne Dawei,
à l'arrière de la montagne Ailao, qu'ils trouvèrent
l'endroit idéal où s'installer. Ils construisirent
des maisons et commencèrent à cultiver les terres
alentours dont la qualité était idéale pour
la culture sur brûlis. Certaines zones forestières
furent brûlées, puis les cendres et les herbes carbonisées
utilisés pour fertiliser le sol et cultiver des céréales.
Ils se déplaçaient après chaque récolte,
tandis qu'une nouvelle forêt poussait sur les anciennes terres.
Quelques décennies plus tard, la terre était à
nouveau prête pour recommencer ce type de culture.
Les Miao se sont progressivement sédentarisés dans
les montagnes pour commencer la production agricole. Les Hani, les
Lisu, les Miao, les Yi et autres groupes ethniques peuplant la province
du Yunnan vivent tous sur des terres en terrasse. Ces dernières
années, les gouvernements locaux ont mis en place une réglementation
pour entourer les collines afin de favoriser la reforestation naturelle
et abandonner la culture au profit de la forêt. Maintenant,
les Miao cultivent la cardamome, la banane bajiao et les passiflores,
tirant avantage de l'environnement. De ce fait, les revenus des
Miao ont pu augmenter.
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Paniers
de bambous traditionnels utilisés lors de la fête.
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Le festival
des «Fleurs de montagne»
La fête commence généralement le second jour
du premier mois lunaire du calendrier et se poursuit pendant une
semaine. Le matin du premier jour, les Miao se rassemblent sur le
parterre de fleurs, vêtus de leurs plus beaux atours. L'hôte
de la fête porte d'abord un toast, souhaitant à chacun
bonheur et bonne santé, puis annonce le début des
festivités annuelles. L'escalade du mât est l'une des
premières activités du festival. Pour l'éventuel
vainqueur, une gourde pleine de bon vin est accroché contre
le mât. Ceux qui réussissent l'exploit peuvent alors
boire le vin de la récompense.
Les danses sont très appréciées des jeunes
gens qui y trouvent également un moyen de se rencontrer.
Assis près du mât, ils attendant le son de la mélodie
lusheng pour aller danser. La danse Dengjiao, à laquelle
les jeunes hommes prennent volontairement part, est typique aux
villages Miao. Les deux danseurs se donnent des coups de talon aux
fesses. Celui qui fait tomber son adversaire est le vainqueur.
Lors du festival, les commerçants installent des étals
d'encas dont le plus populaire est la pâte de haricot
rôtie. Les combats de taureaux représentent l'événement
principal des trois derniers jours des festivités. Les Miao
se rendent au festival avec leur animal pour l'inscrire à
la compétition. Tous les taureaux ne sont pas qualifiés
pour participer à celleci et seuls les mieux classés
sont retenus. Le jour de la compétition, les bêtes
sont décorées par leur maître. Les retentissements
de gongs, les roulements de tambours et la musique des lusheng saluent
l'approche des taureaux qui arrivent accompagnés de leur
maître et de sa famille. Selon la tradition, un taureau qui
se bat jusqu'à la mort est considéré comme
un héros et ne pourra être mangé. Son propriétaire
organisera en revanche une grande cérémonie funéraire
en l'honneur de l'animal et érigera sur sa tombe une tablette
retraçant ses exploits.
District
de Mengzi
Le 26 juin 1887, la cour de la dynastie Qing et la France ont signé
un accord par lequel, Mengzi, petite ville frontière, devenait
un lieu de commerce. A l'est de Mengzi, se trouvent les villages
de Zhicun, Mingjiu, Laozha et Yangjiezi
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