2001-11

Peuple chinois

Couleurs du Terroir (7)

Au pays de Qu Yuan



    En Chine, traditionnellement, le cinquième jour du cinquième mois lunaire, on mange des zongzi, gâteaux de riz glutineux fourrés en forme de pyramide, enveloppés dans des feuilles de roseau. Le même jour, des courses de bateaux-dragons ont lieu dans le Sud de la Chine, en mémoire de Qu Yuan (340 – 278 av. J.-C.), penseur, homme d’Etat et poète exceptionnel de la période des Royaumes combattants (475 – 221 av. J.-C.)
    Depuis des millénaires, l’histoire du patriote Qu Yuan, se jetant volontairement dans une rivière, est restée très populaire : de nombreux opéras, livres ou pièces de théâtre racontent sa vie mais, étrangement, le district de Zigui qui le vît naître est resté méconnu.

     Zigui est situé sur la rive nord des fameuses Trois Gorges du fleuve Changjiang (Yangtse) dans la province du Hubei. Le fleuve est ici légèrement plus large que dans le Sichuan et les rues, longues et étroites, ont gardé leur aspect d’autrefois. La production d’oranges est un des piliers économiques de Zigui et, en automne, les fruits mêrs donnent une teinte dorée aux collines ainsi que l’a célébré Qu Yuan lui-même dans son Ode aux Oranges.
    Zigui fourmille d’histoires sur Qu Yuan mais aussi sur Wang Zhaojun, une femme des temps jadis née aux environs de la ville. Sous la dynastie des Han (206 av. J.-C. – 220), dans le Nord de la Chine, Chan Yu, à la tête de ses rudes et intrépides Huns, recherchait une alliance avec l’empereur des Han à travers un mariage, afin d’assurer la paix. De son propre gré, Wang Zhaojun accepta d’épouser Chan Yu et de le suivre sur ses terres lointaines. Dès lors, on n’a cessé de raconter l’histoire de Zhaojun allant au nord de la Grande Muraille en gage de relations harmonieuses et d’amitié entre les Han et les minorités ethniques de ces contrées.