2001-2

 Le peuple chinois

Voyage à travers trois océans

Par Long Yunhe

Dans l’océan Indien. Escale en Tanzanie. A Dar-es-Salaam, la flotte chinoise a reçu un accueil très chaleureux de la part du peuple tanzanien mais aussi des Chinois habitant ce pays. Marins chinois et tanzaniens sur le pont du Shenzhen.
    En 28 ans, de 1405 à 1433, le grand navigateur de la dynastie des Ming (1368-1644) Zheng He, à la tête d’une flotte de 200 navires, a traversé à sept reprises l’ouest de l’océan Pacifique et l’océan Indien pour visiter une trentaine de pays d’Asie du Sud-Est, du Sud et de l’Ouest et d’Afrique de l’Est.
    L’automne dernier, une flotte de la marine de guerre chinoise, avec à son bord quelque 480 officiers et marins a suivi pendant 60 jours les traces de Zheng He. Elle a traversé l’ouest de l’océan Pacifique pour arriver tout d’abord en Malaysia, puis le détroit de Malacca pour atteindre l’océan Indien, avant de franchir l’équateur et visiter Dar-es-Salaam, la capitale de la Tanzanie. Elle a ensuite passé le canal de Mozambique, doublé le cap de Bonne-Espérance, ce qui lui a permis d’entrer dans l’océan Atlantique, avant de faire escale à l’extrémité sud du continent africain, dans la ville du Cap, en République d’Afrique du Sud, terme d’un voyage de quelque 16 000 milles nautiques aller-retour.


La commandant de la marine tanzanienne visite le navire chinois.
    Les officiers et les marins ont trouvé dans plusieurs pays des traces laissées par Zheng He. Ils ont ainsi pu admirer une carte nautique de Zheng He et des porcelaines des Ming exposées au Musée national de Tanzanie. Les exploits passés de Zheng He constituent un fort encouragement pour les marins chinois d’aujourd’hui.
    La plupart des Tanzaniens ne savent pas que le 1er août marque l’anniversaire de la fondation de l’Armée populaire de la Libération de Chine, mais à son arrivée aux environs de cette date, la flotte chinoise a été accueillie dans une atmosphère de fête. Des personnes venant de toutes les régions du pays se
sont pressées pour pouvoir monter à bord de ces navires modernes. Parmi les visiteurs, et bien que ce soit la période des vacances scolaires, on a vu des écoliers prenant des notes tout en écoutant la traduction de l’interprète.
   Au soir du 29 juillet, l’Armée nationale de Tanzanie a organisé une soirée pour célébrer la fondation de l’APLC. Tout d’abord, un général de l’armée tanzanienne a exprimé ses félicitations à ses collègues chinois, avant de céder la place à des artistes de ce pays qui ont présenté des danses folkloriques. Ensuite, un

Un match de football amical entre marins chinois et tanzaniens.


Les marins chinois visitent le Musée national de Tanzanie où sont exposés des objets apportés par Zheng He, célèbre navigateur chinois du XVe siècle.
orchestre militaire a joué des musiques chinoises et tanzaniennes. Une chanteuse de l’armée de Tanzanie a chanté en chinois quelques chansons chinoises, déclenchant des applaudissements très nourris de la part des Chinois. Ce fut une fête inoubliable pour les marins chinois.
   Le trajet entre le canal de Mozambique et le Cap de Bonne-Espérance a été le plus difficile et le plus dangereux de tout le voyage. Dans l’histoire, nombreux sont les navires qui ont disparus là-bas, engloutis par les flots.
    Le rapport météorologique annonçait une tempête très violente pouvant soulever des vagues de plus de 10 mètre à cause des basses pressions atmosphériques règnant dans cette zone. Le commandant Huang Jiang, s’appuyant sur sa
riche expérience de la mer, a décidé de lever l’ancre plus tôt que prévu afin de pouvoir traverser cette zone avant la tombée de la pression atmosphérique. Le 5 août, la tempête est arrivée, des vagues d’une hauteur de 6 ou 7 mètres s’abattaient les unes après les autres sur le navire Shenzhen qui accusait une gîte de plus de 30° . Des vagues ont même atteint le poste de commandement qui se trouve pourtant à 20 mètres au-dessus du pont. A côté, le Nancang qui est beaucoup plus petit que le Shenzhen était dans une situation bencore plus critique. Le commandant Huang Jiang observait avec nervosité le navire se débattre contre les éléments déchaînés : « Je n’ose pas imaginer ce qui aurait pu arriver dans une telle tempête si le Nancang n’avait pas été un navire aussi récent. », résume-t-il.
    Le 7 août , la flotte chinoise est arrivée avec deux jours d’avance sur son calendrier au Cap et a jeté l’ancre au port Simons, dans la baie False.     Il s’agissait de la première visite d’une flotte de l’APLC en Afrique du Sud. De nombreux Chinois habitant ce pays sont venus accueillir leurs compatriotes et admirer ces navires qui avaient traversé trois océans et le cap de Bonne-Espérance. Un troupe artistique composée de ressortissants chinois venant de Johannesburg a donné le 11 août une représentation sur le navire Shenzhen.
    Après une visite minutieuse du navire Shenzhen, le commandant de la marine sud-africaine a déclaré que ce navire était « imposant, d’une conception moderne et d’une grande capacité de feu ». « Tant les officiers et que les marins de ce navire sont extrêmement qualifiés; à travers ce navire, on peut constater que la Chine a atteint un haut niveau de modernité » a-t-il ajouté. Il a terminé en félicitant les équipages de la flotte chinoise pour la manière dont ils avaient affronté les tempêtes.
Des officiers de la marine sud-africaine visitent un navire chinois.
Arrivée au cap de Bonne-Espérance.
Marins chinois avec une famille sud-africaine.