2001-2

Les étrangers en Chine

Des médecins étrangers piqués d’acupuncture

Par Cheng Tieliang


Futurs acupuncteurs en formation.

    Un docteur pique une aiguille dans la main du patient et puis la tord et la tourne, et bientôt ce patient n’a plus mal aux dents; pour guérir un problème aux vertèbres cervicales, le docteur pousse, presse, frotte, pince le corps du patient sans utiliser aucun médicament. Ces méthodes de traitement suscitent aujourd’hui l’intérêt de beaucoup d’étrangers qui naguère pourtant doutaient de l’efficacité de la médecine traditionnelle chinoise et ne juraient que par les médicaments et la chirurgie.
    En 1975, l’Organisation mondiale de la Santé et l’Académie de médecine traditionnelle chinoise ont fondé ensemble un centre de coopération en médecine traditionnelle: le Centre international de formation à l’acupuncture et aux moxas de Beijing, qui a déjà formé plus de 5000 médecins venant de 104 pays et territoires. Après 8 ans d’études de médecine occidentale dans son pays, un médecin russe a reçu en 1998 une formation de deux mois dans ce centre. A la fin de l’année dernière il est revenu en Chine pour approfondir ses 
connaissances en médecine traditionnelle chinoise. Entre temps, il est devenu célèbre en Russie pour avoir soulagé une femme de son lumbago. Au départ, il avait tenté de la soigner avec la médecine de type occidental, mais la douleur revenait chaque fois au bout de quelques jours. Il a donc décidé de recourir aux méthodes d’acupuncture apprises en Chine : il a collé à l’aide d’adhésifs 5 graines de haricot mungo sur un pavillon auriculaire de cette malade et, trois jours plus tard, la patiente était rétablie et le mal définitivement chassé. Ce médecin affirme que de plus en plus de ses compatriotes commencent à croire aux vertus de la médecine traditionnelle chinoise et qu’il a ainsi pu ouvrir un département de médecine traditionnelle chinoise dans son hôpital.
    Un docteur allemand traite ses clients par acupuncture depuis 1986. Il estime que cette méthode de traitement est très efficace contre les migraines, les maladies nerveuses, l’arthrite, l’insomnie, les maux d’estomac, la cardiopathie et les maladies gynécologiques. Il a ainsi débarrassé une femme de son arthrite au poignet grâce à l’acupuncture : après une vingtaine de séances, le mal avait disparu tout comme ses maux de tête et de ventre. Tous les ans, ce docteur soigne plus de 2 000 personnes grâce à l’acupuncture.
    Il n’est pas facile d’enseigner à des étrangers la théorie et la pratique de l’acupuncture, car ce sont pas moins de 361 points d’acupunctures qu’il faut mémoriser. Au cours de leurs deux premières semaines de cours, les débutants apprennent comment piquer et tourner les aiguilles ainsi que des théories concernant la médecine traditionnelle chinoise. Ils ont ensuite deux mois et demi pour étudier quelque 180 points d’acupuncture. Après cela, ils peuvent passer dans une classe supérieure pour étudier les autres points d’acupuncture et des théories plus avancées. Et ceux qui ne réussissent pas à l’examen doivent tout reprendre à zéro.


Achat d’un jeu d’aiguilles d’acupuncture, nécessaire si l’on veut pouvoir mettre en pratique ses connaissances en acupuncture après son retour dans son pays.


Une enseignante rappelle quelques points importants avant le passage à la pratique.

Trois gestes de massage.
Pose d’aiguilles d’acupuncture sur le visage. Un cours de théorie de médecine traditionnelle chinoise.
Qu’est que le « jing » ? Qu’est ce que le « luo » ? L’étude des points d’acupuncture demande beaucoup d’attention.