2001-3

    Art et culture

Les peintres-paysans d’Ansai



Photographies : Lu Zhongmin


    En Chine, on surnomme souvent la province du Shaanxi, la Plaine aux 800 Li (400 km) des Qin. En effet, durant la période des Printemps et Automnes et à l’époque des Royaumes combattants (770-221 avant Jésus-Christ), cette région était dominé par l’Etat des Qin. Xi’An, qui est l’actuel chef-lieu de cette province, a été fondée il y a près de 2 000 ans et fut la capitale de quelque 11 dynasties au cours de l’histoire.
    Aujourd’hui, la province du Shaanxi joue un rôle important dans le développement de l’Ouest de la Chine. Mais tout là-bas est imprégné d’un puissant parfum culturel, sans doute parce que cette province fut longtemps le centre politique, économique et culturel de la Chine.
    Le district d’Ansai se trouve sur le plateau de Lœss, dans le nord du Shaanxi, à une quarantaine de kilomètres de Yan’an, le berceau de la révolution chinoise. Ansai évoque invariablement des images de coucher de soleil, de sols de lœss ou encore de ses hommes, un fichu blanc noué autour du front et un tambour accroché à la taille.
    La plupart des habitants d’Ansai sont des paysans, mais d’un genre particulier. Après leur travail, ils abandonnent leurs outils pour se saisir de leurs pinceaux et peindre des scènes de leur vie quotidienne : le travail dans les champs, les visites chez des amis, les mariages, etc. Leurs peintures sont simples et sans fioritures, très traditionnelles aussi. Pourtant, même si les thèmes modernes sont totalement étrangers aux peintures de ces habitants du bout du monde, leur mode de pensée artistique est, lui, étrangement en phase avec les tendances du moment.