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Le peuple chinois
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A
la découverte du pays des Dong au Guizhou
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Texte : Zou Yi
Photos : Wang Jingtang et Zou Yi
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Une jeunes fille Dong en costume traditionnel. |
Au
Sud-Est de la province du Guizhou, dans le département autonome
des Miao et Dong, sur les cours moyen et supérieur de la rivière
Duliu , se trouve le district de Rongjiang, que l’on nommait autrefois
Guzhou. Les magnifiques paysages de l’endroit, l’influence unique
et très marquée de minorités ethniques, particulièrement
les Dong, Miao, Shui, Yao dont la culture traditionnelle est la mieux
préservée, en font le bassin des sources ancestrales
de la culture des Dong et des Miao.
L’automne dernier, je suis allé en
reportage dans le district de Rongjiang. Sur place, le guide nous
a indiqué que le village de Chejiang, au nord de la vieille
ville de Rongjiang, là où les vieux figuiers banians
forment une forêt immense, est le plus important bassin de population
Dong au niveau national,
Le lendemain à l’aube, la voiture se
mit en route sous une pluie fine. Depuis le véhicule, on pouvait
facilement suivre des yeux le cours de la rivière. Sur la berge,
un alignement exceptionnel de banians plus que |
centenaires faisait écran
à la lumière du soleil. Les eaux de la rivière
reflétaient l’image des montagnes lointaines. Au milieu, depuis
de petits bateaux, des pêcheurs lançaient leurs filets.
Enfin la voiture s’arrêta près du village. Un concert
de pipeaux de roseaux salua notre arrivée.
L’entrée du village se trouvait au
bord de la rivière, au pied d’un immense banian. Elle était
barrée par deux perches en bambous posées horizontalement,
avec derrière, de jeunes filles Dong en costumes traditionnels.
Accrochés à ces perches, pendaient des semelles intérieures
de chaussures soigneusement brodées et des « œufs porte-bonheur
» teints en rouge. Les jeunes filles Dong tenaient à
la main des cornes de bœuf remplies à raz bord d’alcool de
riz. Ensuite, bien rangées derrière les perches de bambous,
elles ont chanté de leur voix mélodieuse et magnifique
des chansons signifiant « la Route barrée ». |

A l’arrivée au village Dong, on verse aux visiteurs un verre d’alcool
de la « Route barrée » et on lui chante la chanson du même nom en
signe de bienvenue. |

Le meilleur alcool est offert aux invités. |

De jeunes filles brodent des semelles de chaussure. |
Si les
Dong ont leur propre dialecte, en revanche, ils n’ont pas d’écriture.
Bien que nous ne comprenions pas les paroles, la beauté de
ces chants nous touchait. Au centre, un jeune homme semblait diriger
les chœurs : avec une farouche énergie, il lançait en
criant un nouveau vers, que les jeunes filles reprenaient aussitôt
plus fort tout en nous tendant les cornes de bœufs remplies de vin.
Le vin bu, les jeunes filles ont accroché autour de notre cou
les semelles décorées et les œufs colorés. Nous
pûmes alors passer sous les bambous pour entrer dans le village.
A l’intérieur du village, pas besoin
de demander notre route : il suffisait de suivre la musique et les
chants. Au centre , sous un immense banian, d’adorables bambins ont
exécuté pour nous une danse traditionnelle pour enfants
des Dong ; ensuite les filles du village ont pris place en cercle
et ont commencé à chanter et à danser au son
des pipeaux de roseau, entraînant par la main des voyageurs
à venir les rejoindre dans leur danse joyeuse.
Le peuple Dong accorde une grande importance
à la danse et au chant. A peine un enfant commence-t-il à
savoir parler que ses parents lui apprennent à chanter. Dès
5 ans, âge auquel elles commencent à porter des jupes,
les petites filles entrent dans les classes de chant et suivent les
cours d’un professeur invité par leurs parents, et ce, jusqu’à
ce qu’elles se marient. Les chants des Dong sont très riches
tant sur le fond que sur la forme. Ils peuvent raconter l’histoire
de cette ethnie, ses légendes ou encore des histoires d’amour.
Sur la forme, |
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La luxuriance d’un vieux banian.
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Le chant de l’année d’abondance. |

Une chanson « ye » qui s’exécute en balançant les bras d’avant en
arrière. |
ils se divisent en deux grandes
catégories, le « ye » et le « ga ».
Le « ye » combine danse et chant, généralement
sans accompagnement musical. Le « ga » regroupe les chants
des montagnards, les chansons à boire, la chanson de la rue
barrée, etc., parfois accompagnés au pipa, et qui peuvent
se chanter en solo, en chœur, ou en duo par un jeu de questions-réponses.
A la mi-journée, le spectacle de chant
terminé, les villageois ont dressé une immense table
sous le grand banian. Les jeunes filles Dong ont apporté dans
des paniers en bambou des plats typiques de cette ethnie : riz glutineux,
potiron bouilli, poisson salé et alcool de riz glutineux, nécessaires
à la préparation d’un banquet des cent familles qui,
grâce à la diligence de quelques grand-mères,
fut prêt en un clin d’œil. Les Dong disent que « La nourriture
alimente le corps, les chants alimentent le cœur ». Alors, durant
le banquet, de jeunes filles, chantant des chansons à boire,
vinrent sans relâche porter des verres de vin à nos lèvres.
L’alcool de riz, parfumé et généreux, n’a jamais
été aussi doux que ce jour-là…
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Le banquet des cents familles Dong. |

Sur la scène, des enfants Dong exécutent une danse tout en jouant
de l’orgue à bouche. |

La rivière Rongjiang. C’est ici que se trouve la plus importante communauté
Dong en Chine. |
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