2001-4

Art et culture


Les batiks de Zhoucheng

Texte de Chen Yi


Le travail de couture des pièces de coton en suivant les motifs préalablement dessinés est réservé aux femmes. Retirer les fils est un travail extrêmement méticuleux. Après le rinçage et le séchage, les couleurs apparaissent plus brillantes.

   C’était dans la ville de Zhoucheng, dans la préfecture autonome Bai de Dali, au nord de la province du Yunnan. Je venais de rencontrer une femme de l’ethnie Bai. Elle m’avait aussitôt invité chez elle, voir ses échantillons de batik, sorte de tissu à motifs colorés.
   Je la suivis le long d’une route sinueuse pavée de galets. Il venait de pleuvoir et les galets, encore tout mouillés, luisaient sous le soleil. Nous arrivâmes enfin chez elle. La maison servait à la fois d’atelier et d’habitation pour sa famille. Elle ressemblait aux autres maisons alentour. La ville compte en effet de nombreuses fabriques artisanales de batiks que les fabricants vendent eux-même. Parfois, comme ce jour là, ils invitent leurs clients à assister au processus de fabrication de ces étoffes.
   On commence par couper des pièces de coton, puis on dessine les motifs. Ensuite on coud, on attache et on teint les tissus, on les détache, on retire les fils, on les rince, on les sèche avant de les repasser. Les opérations de couture, d’attache et de teinture des tissus sont les étapes les plus importantes et de nombreuses années d’expérience sont nécessaires avant de pouvoir parfaitement maîtriser ces techniques.
   Pour fabriquer un batik, une pièce de tissu en coton avec des motifs dessinés est cousue et attachée solidement avec un fil avant d’être plongée dans un bain de teinture chaude. Le dégradé de couleur sera obtenu en fonction du serrage des attaches. Le bleu est la couleur la plus souvent employée, mais le fond peut également être vert, brun ou rouge, offrant un fort contraste avec les motifs restés blancs. Les batiks terminés restent légèrement froissés et gardent les traces des trous d’aiguilles qui ont servi à les attacher, leur donnant un parfum d’authenticité supplémentaire.
   La plupart des membres de l’ethnie Bai de la ville de Zhoucheng travaille dans l’industrie des batiks. Les cours intérieures de bien des maisons sont encombrées ici de bassines en fer et de réservoirs en bois et là de piles de batiks. Les articles terminés, eux, sont stockés au 1er étage des maisons, en attendant peut-être de partir pour le Japon, le plus important marché pour les batiks produits ici.

Un travail d’équipe. Chaque personne est responsable d’une partie bien définie du processus de fabrication des batiks. Un batik terminé. Femmes portant des vêtements et des chapeaux en batik qu’elles ont elles même fabriqués.