2001-4

Science et éducation


Journal de bord des écoliers étrangers de Shanghai

Texte de Xia Jingcen
Photos de Tang Chun


   Les écoles internationales foisonnent à Shanghai : depuis que la première a ouvert ses portes dans les années 80, quelque 25 autres ont suivi dont l’école américaine de Shanghai, les écoles japonaise, allemande, française, singapourienne, coréenne ou encore l’école Concorde Internationale, etc. Chaque année, le nombre d’élèves étrangers fréquentant ces établissements augmente de 300 à 500. L’an dernier, quelque 5 000 écoliers originaires d’une trentaine de pays ou régions y poursuivaient leur scolarité, témoins de la transformation de Shanghai en une véritable métropole internationale.

La cour de l’école américaine de Shanghai. Il s’agit de la plus importante école internationale de la ville. Cours d’art plastique. Les élèves apprennent la technique du batik. Récréation.

Les élèves

   Jin Jieying est venu discuter avec moi. Il se présente dans un chinois très courant : « Mon père est commercial pour les jouets Walt Disney. Il y a un peu plus de trois ans, on est venu à Shanghai, ma mère, mon grand frère et moi pour s’y installer. Mon grand frère est actuellement en première à l’école internationale ; il a prévu, après son bac, de continuer ses études dans une université de Beijing. Le niveau de Chinois de mon père n’est pas terrible. C’est mon frère et moi qui en ce moment le lui apprenons. Ma mère est femme au foyer. Elle apprend toute seule le chinois à la télévision. »
   Avec ses mots d’enfant, Jin Jieying me raconte sa vie : « Parmi les trois langues que nous étudions à l’école, c’est le chinois qui m’intéresse le plus. Le chinois aiguise ma curiosité. Je trouve qu’il y a quelque chose de mystérieux. Chaque fois que j’apprends un mot nouveau je suis tout excité ! Pour moi, l’anglais c’est trop commun, pouvoir le parler ça n’a rien de particulier, alors que savoir parler chinois, ça c’est peu banal ! Actuellement, le niveau le plus élevé des examens de chinois pour les étrangers, c’est le grade 11. Moi, je suis en train de préparer le grade 10. »

Les professeurs.

   Lila est responsable de la section de chinois à l’école américaine de Shanghai. Enfant, elle suivi des cours à l’école primaire à Hongkong, puis a continué sa scolarité jusqu’à la fin du secondaire en Amérique du Sud avant d’aller étudier dans une université aux Etats-Unis. Elle a ainsi connu et expérimenté trois système éducatifs différents et sa formation est une synthèse des systèmes éducatifs chinois et occidentaux.
   Son diplôme en poche, Lila a travaillé aux Etats-Unis en tant que professeur dans une école internationale à Berkeley en Californie. Selon elle, le système éducatif chinois offre aux élèves des structures de connaissances de base extrêmement solides ; cependant, au niveau la créativité, le système éducatif américain arrive en tête. Selon Lila, la rigueur du système chinois et l’ouverture du système américain se complètent parfaitement.
   Sunny, un autre professeur de cette école, a aussi son point de vue sur cette question. Selon lui, le système éducatif est intimement lié à la situation du pays. Le système américain a pour objectif principal de permettre à chaque étudiant de se réaliser pleinement, il les encourage chaque jour à se forcer à faire une chose qu’hier encore ils étaient incapables de faire. Le système chinois, lui, met plutôt l’accent sur le développement de l’esprit de groupe. Parallèlement, dans la manière d’étudier, le système chinois fait énormément appel à la mémoire, alors que le système américain s’appuie sur le raisonnement ; le système chinois est basé sur les propos des enseignants, alors que le système américain est centré sur l’élève, donnant à chacun des deux système ses spécificités propres.

Pour célébrer en Chine la plus importante fête traditionnelle chinoise, la fête du Printemps, les élèves ont revêtu des habits traditionnels chinois et peignent des dragons chinois. Durant la Journée internationale des handicapés, des élèves étrangers et des écoliers handicapés chinois ont participé « main dans la main » à des activités. Entraînements de Soft-Ball.

Le directeur.

   Tony est actuellement directeur de l’école américaine de Shanghai, l’école internationale la plus importante de la ville. Avant de venir en Chine, il a travaillé en tant que professeur et principal de différentes écoles internationales dans de nombreux pays. Après avoir passé quelque 35 ans dans l’enseignement, Tony est arrivé à Shanghai, ou plutôt, selon son expression : « je remercie la Chine de m’avoir choisi » !
   Désormais, il a été rejoint par sa femme à Shanghai, qui enseigne à l’école maternelle de l’école américaine et leur fille unique qui avait choisi le chinois en cours optionnel à l’université. Aujourd’hui, elle travaille dans une entreprise de négoce international dont la Chine est le plus important partenaire.
   « L’école américaine de Shanghai est aujourd’hui l’école internationale la plus importante en Chine, elle a été fondée en 1912. En 1950, les cours ont été suspendus, ils ont repris en 1980. A cette époque, il n’y avait que six élèves, tous des enfants de diplomates américains. Après plusieurs années de développement, l’école américaine de Shanghai se décompose en deux parties, l’établissement Est et l’établissement Ouest. L’établissement Ouest couvre 12 hectares. Les installations sur le campus sont du dernier cri. Elles n’ont rien à envier à celles que l’on trouve dans les écoles internationales sur le territoire américain, explique avec une certaine fierté Tony en nous présentant son école. Aujourd’hui, l’école américaine compte quelque 1500 élèves originaires de 52 pays ou territoires. Les plupart sont des enfants d’employés d’entreprises étrangères. L’école couvre toute la scolarité des élèves de la maternelle au lycée en passant par l’école primaire et le collège. La richesse de l’expérience de l’école, la solidité de la pratique de l’enseignement ainsi que le très bon niveau en langues sont le résultat du travail de nos professeurs. L’école compte quelque 200 enseignants venus des Etats-Unis, du Canada, d’Australie, d’Angleterre, d’Amérique du Sud, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Malaysia, ainsi que de Hongkong et de Taiwan. »
   Tony explique aussi que l’entrée de la Chine à l’OMC ouvrirait de nouvelles perspectives de développement aux écoles internationales, et permettrait à ces écoles de se renforcer encore. Dans la concurrence que se livrent les écoles internationales, leur puissance est en effet un atout décisif.

Entraînements de Soft-Ball.
Visite dans un Centre de réconfort et de bien-être aux personnes âgées seules. Les élèves peuvent ainsi entrer en contact et mieux connaître la société chinoise.