|
Egalement photographe
à ses heures, plusieurs des clichés pris par Nyima ont
déjà été publiés.
|
Nyima
Cerin est moine au monastère Jokhang à Lhasa. Diplômé
du séminaire bouddhiste de Beijing, il est un fin connaisseur
des saintes Ecritures. Au monastère, il m’a raconté
une parabole à propos des Tibétains qui accrochent des
banderoles bouddhistes aux arbres. Selon cette parabole, le
fanion ne montrera ses couleurs que sur un arbre au feuillage
luxuriant et une banderole accrochée à un arbre mort ne
pourra resplendir. L’arbre est une allégorie de la culture
tibétaine et la banderole bouddhiste représente ce que
la culture produit de meilleur. Nyima voue sa vie à la protection
de cet arbre.
|
Les lamas en bure rouge sont visibles dans
tous les monastères du Tibet. Peu importe leur óge, leur statut
ou leur degré d’expérience, ils ont en commun la même lueur
qui illumine leur regard et la même paix, la même bonté qui
éclairent leur visage. Depuis l’ouverture de la Chine au monde
extérieur, le monastère Jokhang est devenu un des endroits les
plus animés du Tibet. Y venir en pèlerinage représente le
rêve de toute une vie pour nombre de Tibétains et, chaque jour,
c’est un défilé permanent de touristes et de pèlerins. Nyima
est chargé de recevoir les groupes de visiteurs.
Nyima lors d’une réunion
de la Fédération de la jeunesse chinoise.

Nyima servant de guide à
un groupe de touristes visitant le monastère.

Dans la riche
bibliothèque du monastère.
|
Comme
beaucoup d’autres moines que j’ai pu rencontrer, Nyima
a des manières courtoises et s’exprime d’une voix douce,
for’ant les autres à parler moins vite et moins fort.
Beaucoup sont éblouis par la sagesse de son comportement.
Nyima
parle couramment mandarin et anglais. Il est également photographe
amateur et quelques-uns de ses clichés ont été publiés
dans des magazines comme « Tourisme au Tibet », « Traditions
populaires du Tibet » et le « Quotidien du Tibet ».
Le bouddhisme,
selon Nyima, est une grande école de l’apprentissage et
une part inaliénable de la culture chinoise et il considère
de sa responsabilité de préserver l’essence de l’enseignement
bouddhique. S’il reconnaît que superstitions et préjugés
font également partie des pratiques religieuses, il estime
qu’ils proviennent d’une mauvaise compréhension et interprétation.
Nyima
a 34 ans. En 1985, alors qu’il était un lycéen de 17
ans, il a quitté le foyer parental pour devenir lama au
monastère Jokhang. « La majorité des Tibétains qui
entrent dans les ordres ne le font pas sous la contrainte,
explique-t-il. Les monastères sont des lieux sacrés où
l’on rend hommage et où l’on apprend. Ma famille a été
fière que j’entre dans ce monastère et l’aurait accepté
même si j’avais été admis dans une grande université.
Mon ambition n’est pas de devenir un bouddha ni de sauver
tous les êtres vivants sur Terre mais simplement de devenir
un homme d’esprit noble. »
La vie
des lamas est simple et sans fioriture. Ils se lèvent avant
sept heures du matin, récitent des soutras bouddhiques,
prennent leur petit déjeuner puis se dirigent vers la salle
principale à 7 heures 30 pour préparer le programme de
la journée. Ils se mettent à l’ouvrage à 8 heures,
à l’ouverture du temple. Le déjeuner est servi à 13
heures suivi par une pause jusque 15 heures avant de reprendre
le travail jusqu’à la fermeture du temple à 16 h 30.
Ils peuvent alors étudier, discuter et réciter des prières
jusqu’à 20 h 30 lorsque le dîner est servi. Il ont ensuite
une heure d’études.
|
|
Nyima
a un téléphone portable, il lit des journaux, des livres
et des magazines en tibétain, en chinois et en anglais et
a des amis aux quatre coins du monde. Au monastère Jokhang,
il a trouvé son équilibre spirituel et son objectif est
de continuer à étudier afin de permettre à davantage
de personnes de mieux conna»tre ce monastère, le bouddhisme
et le Tibet.
Nyima
est un personnage important au Tibet. Il est directeur adjoint
du Comité de gestion du monastère Jokhang, membre de la
Fédération de la jeunesse chinoise, député à l’Assemblée
du peuple de la région autonome du Tibet, membre du Comité
permanent de l’Assemblée du peuple de la municipalité
de Lhasa, et vice-président et secrétaire de l’Association
bouddhiste municipale de Lhasa.
|

Nyima Cerin, moine
au monastère Jokhang.
|

Moment de prière.
|
|

Ménage.
|
|